27.01.2007

Et si Bayrou avait raison?

medium_thumbnail_5_.3.jpgQuestion France Profonde, Bayrou pourrait avoir des leçons à donner. Le gentleman farmer, né en Béarn, a choisi d'y déclarer sa candidature, humblement, entouré de sa famille et de ses amis (et accessoirement de quelques partisans et journalistes), dans son petit village si loin de Paris, près de la maison familiale. "Heureux qui comme Ulysse...". La douceur béarnaise contre les fastes des palais parisiens. Au second plan se détachait la ligne bleu des pyrénées. Le décor était planté, le ton était donné. On a beau dire, on a beau faire, one peut enlever de la tête des Français que Bayrou est un être simple et sincère. Cela ne peut que contraster avec le show ultra médiatique, clinquant et dispendieux. Surtout que Sarkozy avait d'entrée de jeu raté son rendez-vous avec la province à cause de la fuite de Libération. La PQR n'a pas eu la primeur de l'annonce inattendue de sa candidature. Bayrou, lui n'a pas besoin de tout ça pour faire peuple. Si je voulais être injuste, méchant et idiot je dirais qu'il le porte sur lui et que personne ne pourra le lui enlever...

La campagne bat son plein et Bayrou bat la campagne. Il joue la proximité à sa façon, sans conceprt. Il fait une campagne de proximité à l'ancienne. Pas besoin de démocratie participatpour aller à la rencontre des gens. Personne ne serait surpris de le voir un jour débarquer à Marly-Gaumont. Il est comme ça François (en tout cas c'est comme ça qu'on se le figure). Au lieu d'aller chercher une légitimité de présidentiable hypothétique à l'étranger, il préfère parcourir la France sans bus au colza. Et s'il avait raison finalement?  Et si c'était justement ça qui faisait son succès dans les sondages?

Je vous ai déjà dit que j'avais été interpellé par la femme qui avait pris la parole à Lille, lors d'un des débats participatifs de la candidate P.S, quiavait reproché à Ségolène d'aller s'occuper des affaires étrangères et de ne plus s'occuper des affaires des Françaises et des Français... Elle a raison cette brave dame, elle a beaucoup plus raison que tous les conseillers en communication grassement rémunérés de la candidate. Ségolène a oublié ce qui a fait jusqu'ici sa popularité. Elle a oublié que c'était justement la proximité qui lui avait valu l'attachement des Français. Elle a oublié que c'était le fait de mettre en avant des problèmes concrets et parfois terre à terre (aux dires des journalistes) qui l'avait propulsée contre toute attente en haut des hits parade de la popularité. 

Dans la course à la proximité, à la popularité tous ne jouent pas avec les mêmes cartes, tous n'ont pas le même potentiel ou capital sympathie. S'afficher avec des ouvriers ne pourra jamais faire de Nicolas Sarkozy un homme proche du peuple. Il sera à jamais le maire de Neuilly malgré son enfance étalée avec complaisance pour tenter de déconstruire son image de bourgeois premier de la classe gendre idéal. Ségolène avait réussi à entrer dans le coeur des Français incontestablement en s'intéressant à ce qui les touchait de près et même ça elle arrive à le gâcher par des déplacements beaucoup trop fréquents et qui la déservent beaucoup plus qu'ils ne la servent. Bayrou, lui, creuse son petit trou, avec une campagne qui tranche par son contenu et par sa forme avec celle de ses petits camarades de la présidentielle. 

Commentaires

C'est clair qu'actuellement Bayrou apparait comme plus proche des vrais gens que Sarkozy (c'est normal) mais aussi que Ségolène Royal (malgré ses débats participatifs. Il ne suffit pas de dire aux gens qu'on les écoutes il faut aussi faire des propositions qui les touchent. La campagne à l'ancienne que fait Bayrou peut tout à fait être efficace dans cette période où pas mal de gens sont à la recherche du bon vieux temps. Baser sa campagne sur internet comme le fait en grande partie Ségolène Royal risque de la couper d'une bonne partie des tranches populaires et ça même le sinistre de l'intérieur président de l'UMP et candidat l'a compris. Il multiplie ces derniers temps les déplacements (souvent à nos frais au passage) en province pour aller serrer des mains dans les usines.
Tenir et Résister

Ecrit par : le cri du peuple | 27.01.2007

J'espère seulement que personne n'est dupe... Parce que si les gens se laissent prendre il sera plus que jamais temps de TENIR ET RESISTER. ;-)

Ecrit par : d3log | 27.01.2007

Je pense qu'il ne fait pas une mauvaise campagne mais malgré son coté rassurant, sa colonne vertébrale politique reste en caoutchouc. Comme ministre, il n'a rien fait !

Ecrit par : Toreador | 27.01.2007

Bien sûr qu'il est en toc mais je parlais juste de manière dont il menait campagne et de l'image qu'il avait réussi à entretenir dans l'esprit des Français... Sinon, tout à fait d'accord avec toi.

Ecrit par : d3log | 27.01.2007

@Toréador
"Comme ministre, il n'a rien fait !"

J'ai justement entendu Rocard dire de sa propre bouche que Bayrou a été l'un des meilleurs ministres de l'éducation nationale parce qu'il ne s'est pas pris au jeu du "réformer à tout prix".

Je reprend une des expressions de Rocard qui dit que "ça leur prend comme un prurit dès qu'ils sont nommés à ce poste". Bayrou n'a pas été de ceux la !

Je ne suis par contre pas aussi sûr que vous que la colonne vertébrale de Bayrou soit moins solide que celle de Ségolène Royal...

Ecrit par : Farid Taha | 29.01.2007

J'ai été impressionné hier, faisant du tourisme dans une sous-préfecture du fond du fond de la cambrousse, d'entendre le patron d'un bar vaguement en perte de vitesse exposer à ses clients que "y en a qu'un qui dit des choses sérieuses c'est Bayrou - y'en a qu'un qui propose un programme applicable c'est Bayrou". Aussi artificielle que soit la méthode prétendant prendre le pouls de la France sur un patron de café dont j'ignore tout des votes précédents, j'y ai perçu un signe que quelque chose décolle pour lui ces dernières semaines.

Ecrit par : Anatole (prénom fictif) | 01.02.2007

Tu confortes ce que je pense... La campagne, malgré ce que disent les conseiller de mauvais conseil, se gagne sur le terrain, sur les marchés, dans les petits patelins perdus, grâce aux patrons de bars, aux charcutiers, aux boulangers... Et non pas sur le net. La cyber-campagne oui, mais pas à la place de l'autre, de l'ancienne, de celle que l'on pensait has been.

Ecrit par : d3log | 01.02.2007

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