30.01.2007
Intellectuels de gauche?
Et dire que ceratins semblent surpris. Des intellectuels de gauche auraient rejoint Sarkozy! Preuve s'il en est du déclin de la gauche. Qui sont donc ces phares de la gauche qui seraient passés de l'autre côté? Qui sont ces progressistes qui, pris d'un relent de conservatisme dû à leur âge avancé ou aux promesses faramineuses qu'on n'a pas manqué de leur faire, qui on déserté leur camp d'origine? Attention, préparez-vous à être surpris! Roulement de tambour... Glucksmann, Bruckner, Weitzmann et... Max Gallo. Il y a, en effet, de quoi être étonné...
Je dois avouer que j'ignorais qu'ils étaient de gauche. J'ai déjà entendu des interventions de ces "nouveaux philosophes", philosophes d'un genre nouveau, philosophes sans pensée, philosophes qui ne savent philosopher que sur les plateaux de télévision et qui savent mieux que quiconque enfiler les poncifs éculés entre des perles d'égocentrisme et d'auto-promotion. Quant à Max Gallo, on connaît tous son attachement à la gauche... chevènementiste c'est-à-dire une gauche plus préoccupée par le nationalisme et le chauvinisme que par la justice sociale et la lutte contre les inégalités. Le dernier, le journaliste des Inrocks, Weitzmann, j'avoue que je ne le connais pas très bien mais peu importe...
On en a entendu des conneries venant de ces écrivaillons défendant avant tout leur petit intérêt et se servant volontiers des questions d'actualité, des catastrophes et autres crises comme autant de faire valoir. Je trouve étonnant que BHL n'ait pas suivi le mouvement pour se rallier de manière tout à fait opportune au nouvel ami des philosophes. Je préfère de loin cette situation. Je préfère que la situation soit assainie. Que des gens indignes des idées de progrès ne puissent s'en réclamer pour débiter ou des conneries ou des atrocités. Je ne veux pas que, derrière une apparente fidélité aux idées de gauche, se cache une réelle trahison des idées humanistes. Bas les masques. Comment ce ralliement pourrait-il adoucir l'mage de Sarkozy? Bien sûr, Sarkozy espère tirer un profit maximum de ce ralliement à forte teneur médiatique car ce qui rassemble tous ces grands noms de la pensée c'est qu'ils ont leurs entrées dans les médias et qu'ils ont aussi des amis tout aussi influents et c'est de ces réseaux que Sarkozy espère profiter... L'offensive médiatique ne fait que commencer.
18:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Bruckner, Glucksmann, Gallo, Weitzmann, nouveaux philosophes, intellectuels, Sarkozy
29.01.2007
Mes excuses...
Mes excuses à Madame Ségolène Royal pour avoir participé à la campagne de dénigrement lancée par les sarkoziens et la droite. Pardon d'avoir hurlé avec la meute, pour avoir ri bêtement de ce que je considérais comme des gaffes indignes d'une présidentiable. Pardon encore pour avoir été l'instrument des grands medias et de leur lynchage éhonté, grotesque et ostentatoire.
Désolé car je me suis laissé aller à des considérations phallocrates. J'ai été la victime passive de mes pulsions naturelles dictées par mes hormones de mâle. J'ai été idiot. Je l'avoue. Je ne le ferai plus. Je ne me laisserai plus prendre. Je serai plus prudent, plus digne, plus intelligent.
Pardon.
20:05 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, lynchage médiatique, excuses
Rupture de la rupture
La campagne présidentielle (promettaient les deux candidats des deux grands partis) devait être sous le signe de la rupture! De la rupture, on est passé, à droite comme à gauche, à la rupture tranquille et on pense, sérieusement, à revenir à... pas de rupture du tout. Certains, plus avisés ou plus expérimentés que les autres, l'avaient prédit mais le gros de la troupe, la voletaille, les moutonniers les avaient cru sur parole. Et de relever toutes les innovations apportées dans la campagne. « Une nouvelle génération », nous vendait-on. « Un ton tout à fait neuf », renchérissait-on.
Je ne discute même pas le fait que la volonté des candidats de bousculer les habitudes politiques françaises était réelle . Je ne nie pas, non plus, qu'ils aient tenté de dépasser les cadres tracés par leurs partis et par leurs devanciers. Mais force est de constater qu'ils sont vite rentrés dans le rang. Il a fallu signer des alliances, intégrer des propositions venant des différentes mouvances et sensibilités. Composer avec les différents membres des équipes de campagne. Essuyer les tirs ennemis et les balles amies. Le jeu politique normal quoi. Et petit à petit, le discours s'est fait plus mesuré, plus prudent pour ne froisser personne. On a retrouvé, quasiment de manière atavique, les sillons tracés par les devanciers. Sarkozy a fait du Chirac. Ségolène a fait du Ségolène... puis du... on verra, mais gageons qu'elle fera ce que les autres ont fait: tenter de réveiller le clivage gauche-droite, seul rempart contre l'érosion progressive et programmée de la base électorale. Les réflexes conditionnés sont les plus forts, autant chez les dirigeants que chez les dirigés. Impossible de s'en écarter, fût-ce d'un iota. Je m'avance peut-être un peu mais la normalisation est en route.
18:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rupture, partis politiques, UMP, PS, Royal, Sarkozy, clivage
Sont-ils si fou que ça ces Français?
Ce billet est inspiré par la lecture d'un billet posté hier par l'excellentissime Asbel, jeune toulousain, socialiste et, visiblement perplexe à cause de la tournure qu'est en train de prendre cette campagne... http://blog.asbel.gayattitude.com/20070128212939/mais-ils...
C'est vrai qu'il y a de quoi devenir perplexe... et plus. Bayrou-Besancenot: les antipodes se rencontrent. Et que penser de cet article du monde daté d'hier et d'aujourd'hui? http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-86047...
Bayrou qui devient le recours ultime et qui séduit, malgré ses défauts. Des personnes qui n'auraient jamais imaginé, un jour, déposer un bulletin marqué "Bayrou" dans l'urne, l'envisagent sérieusement...
J'aime beaucoup ce monsieur qui affirme, sans rire, à propos de Bayrou: "Evidemment, il a le charisme d'une table basse, mais c'est un européen convaincu." Hahaha. On sent quand même la décision murement réfléchie, la décision douloureuse et non la première impulsion, celle du coeur, celle du coup de foudre. Le choix par défaut. Le choix déprimant que l'on regrette déjà. 2002 mais dès le premier tour. Alors que Bayrou se prend à rêver, les Français déchantent et peinent à voir clair dans une campagne atypique.
"On va tout casser". Mais c'est déjà fait Ségolène. La gauche est cassée, la droite aussi mais dans une moindre mesure. Plus de clivage, ben ça donne ça. Bayrou en recours. La méfiance, légitime, face à un trop plein de charisme (ou tout du moins à un trop plein de signes ostentatoires de charisme...). Le retour vers une voie médiane, prudente, humble, sans promesse fracassante.
Mais ne t'inquiète pas Asbel. Ils vont être obligés d'y revenir aux fondamentaux. Ils ont un dieu: Sondage. Ils y reviennent déjà. A nouveau il y aura un clivage. A nouveau il y aura des propositions politiques. Y verrons-nous plus clair? Rien n'est moins sûr.
08:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Folie, campagne, charisme, Bayrou, Royal, clivage
27.01.2007
Et si Bayrou avait raison?
Question France Profonde, Bayrou pourrait avoir des leçons à donner. Le gentleman farmer, né en Béarn, a choisi d'y déclarer sa candidature, humblement, entouré de sa famille et de ses amis (et accessoirement de quelques partisans et journalistes), dans son petit village si loin de Paris, près de la maison familiale. "Heureux qui comme Ulysse...". La douceur béarnaise contre les fastes des palais parisiens. Au second plan se détachait la ligne bleu des pyrénées. Le décor était planté, le ton était donné. On a beau dire, on a beau faire, one peut enlever de la tête des Français que Bayrou est un être simple et sincère. Cela ne peut que contraster avec le show ultra médiatique, clinquant et dispendieux. Surtout que Sarkozy avait d'entrée de jeu raté son rendez-vous avec la province à cause de la fuite de Libération. La PQR n'a pas eu la primeur de l'annonce inattendue de sa candidature. Bayrou, lui n'a pas besoin de tout ça pour faire peuple. Si je voulais être injuste, méchant et idiot je dirais qu'il le porte sur lui et que personne ne pourra le lui enlever...
La campagne bat son plein et Bayrou bat la campagne. Il joue la proximité à sa façon, sans conceprt. Il fait une campagne de proximité à l'ancienne. Pas besoin de démocratie participatpour aller à la rencontre des gens. Personne ne serait surpris de le voir un jour débarquer à Marly-Gaumont. Il est comme ça François (en tout cas c'est comme ça qu'on se le figure). Au lieu d'aller chercher une légitimité de présidentiable hypothétique à l'étranger, il préfère parcourir la France sans bus au colza. Et s'il avait raison finalement? Et si c'était justement ça qui faisait son succès dans les sondages?
Je vous ai déjà dit que j'avais été interpellé par la femme qui avait pris la parole à Lille, lors d'un des débats participatifs de la candidate P.S, quiavait reproché à Ségolène d'aller s'occuper des affaires étrangères et de ne plus s'occuper des affaires des Françaises et des Français... Elle a raison cette brave dame, elle a beaucoup plus raison que tous les conseillers en communication grassement rémunérés de la candidate. Ségolène a oublié ce qui a fait jusqu'ici sa popularité. Elle a oublié que c'était justement la proximité qui lui avait valu l'attachement des Français. Elle a oublié que c'était le fait de mettre en avant des problèmes concrets et parfois terre à terre (aux dires des journalistes) qui l'avait propulsée contre toute attente en haut des hits parade de la popularité.
Dans la course à la proximité, à la popularité tous ne jouent pas avec les mêmes cartes, tous n'ont pas le même potentiel ou capital sympathie. S'afficher avec des ouvriers ne pourra jamais faire de Nicolas Sarkozy un homme proche du peuple. Il sera à jamais le maire de Neuilly malgré son enfance étalée avec complaisance pour tenter de déconstruire son image de bourgeois premier de la classe gendre idéal. Ségolène avait réussi à entrer dans le coeur des Français incontestablement en s'intéressant à ce qui les touchait de près et même ça elle arrive à le gâcher par des déplacements beaucoup trop fréquents et qui la déservent beaucoup plus qu'ils ne la servent. Bayrou, lui, creuse son petit trou, avec une campagne qui tranche par son contenu et par sa forme avec celle de ses petits camarades de la présidentielle.
15:25 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, France profonde, popularité
La meilleure défense c'est l'attaque
Montrer la paille dans l'oeil de son voisin pour tenter de détourner l'attention de l'énorme poutre fichée profondément dans le sien. Les sarkoziens ont mis longtemps à mettre cette ruse de sioux au point. Maintenant elle est rôdée et pas un jour ne passe sans que l'on pointe avec plus ou moins de bonnheur les manquements réels ou supposés de la candidate Ségolène. Les bourdes, les gaffes, les faux pas et autres lapsus... Attaquer, mettre sous pression et aux socialistes d'essayer de se défendre, d'expliquer, de s'emmêler les pinceaux sans arriver à se dépétrer des filets que leur tendent les sarkozeux. Pour le moment, il faut avouer que ça leur réussit plutôt bien à nos amis sarkozâtres mais va falloir qu'ils pensent à changer de registre; ça va commencer à lasser le chaland.
On n'attaque pas Ségolène directement. On ne l'attaque même pas sur ses idées, sa compétence ou sa personne. Trop violent, trop macho. Les machistes sont à gauche, c'est bien connu. Il n'y a qu'à écouter Sarkozy traiter Hollande de macho parce qu'il ferait campagne à la place de sa compagne. La tactique est plus retorse. Il suffit de faire des constats, soi disant d'évidence. Reprendre des formules. Tronquer des déclarations. Déformer légérement des propos. Les machines médiatiques font le reste. Il faut bien sûr excepter l'épisode sur l'ISF mais vous remarquerez que sur ce coup les socialistes ont su répondre de manière efficace.
Qui se penche sur le détail des propositions du candidat Sarkozy? On le laisse paufiner son image prolo, dans son coin sans lui apporter la contradiction, sans lui présenter les faits bruts et têtus qui montrent que Sarkozy ne saurait être le candidat des masses laborieuses. Sarko-prolo, un avatar de plus dans cette campagne du polymorphe Sarkozy. A la place de l'UMP je lancerais, tout de suite, les produits dérivés avec les figurines du leader minimo(ys). Et comme dans toute bonne collection, celle-ci n'aura pas de fin. Demain le Sarkozy nouveau aura un arrière goût de fraise, mais l'arôme principal, l'arôme propre et dominant c'est un vieux relent rance de vieille droite conservatrice socialement et ultra-libérale économiquement.
12:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, campagne, stratégie, avatars de Sarko
26.01.2007
Licence to kill
Il ne voulait pas d'autre poste que l'intérieur. C'est le rôle qu'il affectionne. Celui qui l'a propulsé. Premier flic de France. Mais c'est pas seulement le tramplin politique qui l'intéressait. C'était de son propre aveu pour se prémunir des attaques. Il savait qu'avec un chiraquien à l'intérieur, il était en danger. Il connaissait le pouvoir de nuisance "des officines". Il a échappé à un soi-disant coup monté, de manière admirable. Loin de l'affaiblir l'affaire clearstream l'a renforcé en précipitant la, déchéance de son rival de droite. De là à penser que le crime ne profite pas à celui qui est sensé l'avoir ourdi, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas.
Il connaissait le pouvoir de l'intérieur et il a du mal à y renoncer. La peur? Ou la volonté d'utiliser le plus longtemps possible les moyens humains techniques et financiers du ministère. Les accusations commencent à faire désordre et à poser un véritable et sérieux problème démocratique. Il y a un conflit d'intérêts. Sarkozy réagit violemment aux accusations. Preuve qu'il sent le danger. Lui, qui avait promis d'être zen... L'affaire est grave, très grave et risque d'éclipser toutes les bourdes de Ségolène. La bourde est un péché politique véniel, la manipulation un péché mortel.
Il n'y a pas que ça. Il y a aussi les moyens financiers dont dispose le candidat-ministre Sarkozy. Lors des déplacements qui se déplace le ministre ou le candidat? Les frais vont-ils être intégrés aux frais de campagne? Il faut dire que l'UMP n'épargne rien pour la campagne présidentielle s'ils refont une ou deux grand messes comme celle à laquelle on a aporte de Versailles, ils seront vite à sec. Il faut économiser. Le ministre peut faire sa com' à peu de frais tant qu'il est ministre...
La schizophrénie a des limites. Les voix qui s'élèvent doivent se faire plus impérieuses. Que penser de la qualité du travail d'un ministre qui pense "tous les jours" à être président. Qui pense aux affaires courantes du ministère? Qui pense à la sécurité des Français. Il est certes plein d'énergie Sarkozy mais pas au point de mener de front tous les postes qu'il occupe plus sa campagne qui, vue de l'extérieur, lui prend tout son temps. On a le droit d'être, on doit être exigents avec nos politiques. Sarkozy ne doit pas faire exception.
20:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, RG, ministère, campagne
25.01.2007
C'est grave docteur?
Le PS va mal. Le PS ne s'aime pas. Le PS se dégoûte.
Que s'est-il passé? Quel cataclysme? On ne trouve pas d'explication. Qu'est-ce qui a fait que celle qu'on adulait hier nous rebute aujourd'hui? Pourquoi celle qui avait tant de grâce à nos yeux s'est-elle transformée en infâme souillon, gauche et idiote? On n'a pas de réponse. Si encore ce retournement de situation était dû à l'habileté politique de nos adversaires. La vérité c'est qu'ils n'ont pas brillé par leur intelligence mais voilà... Quelles propositions font pencher la balance de leur côté? Quelle déclaration fracassante? Rien. Pas la moindre once d'explication.
Moi, je vous le dis, le PS souffre d'un mal profond et terrible. Un mal invisible. Le PS doute. Le PS doute de tout. Le PS doute de lui-même. "Il a perdu ses fondamentaux" (avec l'accent de Bernard Laporte). Une crise d'identité profonde. Une lourde dépression.
Gérard Miller devrait être appelé à la rescousse. C'est grave docteur? Une psychanalyse de groupe s'impose. Une belle séance bien longue. Un bon coup de com' en plus. PS le parti qui vous ressemble. Les Français souffrent mais se soignent. Nous aussi. Proximité, humanité, sincérité.
C'est grave docteur? Des traumas mal guéris. Du refoulé en pagaille qui refait surface. Un oedipe mal résolu. L'image du père effrayante, courroucée et qui pointe un doigt accusateur en criant: "Qu'avez-vous fait de mon héritage!" Et ne parlons pas de la mère...
Le problème que c'est pas l'heure de douter! En face on a des gars qui ont la gagne. On a des gars qui ont la win attitude et quelquefois ça tient lieu de programme. Ils sont organisés et font corps. Pas de couac dans leur partition. Et pour cause, c'est une orgue de barbarie qui joue. Il faut se réveiller. tenter de se remotiver. En avant!
Je dis ça, je dis ça mais j'ai jamais voté PS... Mais par pitié, pas Sarkozy! Alors débrouillez-vous comme vous voulez mais débrouillez-vous!
19:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, campagne, psychanalyse
24.01.2007
Raging Marie-George

Elle semble remontée Marie-George. Le discours était musclé, les accents étaient rouge vif. Plus question de jouer les mous, les conciliants. A croire que le bain du PC dans les milieux anti-libéraux les a requinqués. Marie-George, en tout cas, en sort méconnaissable. 1500 euros tout de suite. Abrogation de toutes les lois Sarkozy et Perben. Triplement de l'impôt sur les grosses fortunes. Fermeté à l'égard "des bastilles de l'argent", avec la dictature de l'actionnariat et des banques. J' en oublie surement... C'est pas tant les propositions qui sont impressionnantes, car on peut aisément objecter que ce n'est qu'un recyclage d'idées qui sont depuis longtemps en débat à gauche, c'est le ton volontaire et offensif qui tranche avec le ton d'un "Robin Hue" qui passait son temps à se faire pardonner le fait de se faire encore appeler Parti Communiste Français.
Le P.S et Royal n'ont qu'à bien se tenir. Plus question de les épargner. La gauche plurielle éventuelle attendra les législatives. Pour le moment place au cobat. "La gauche du renoncement" en prend pour son grade. Royal? Elle aurait pas été pour le "oui" au TCE? Pour le moment Marie-George n'a pas la côte mais elle ne désespère pas et ses militants non plus. Elle compte rassembler plus que les sympatisants et les adhérants PS, elle espère toujours qu'elle pourra bénéficier de la dynamique des anti-libéraux. Faute d'un ralliement hypothétique, Marie-George Buffet a gagné au moins une chose au contact des anti-libéraux: la foi. La foi suffisante pour affronter bille en tête la pensée unique néo-libérale et ses relais, nombreux et puissants.
21:15 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Marie-George Buffet, PCF, Royal, PS, anti-libéraux
23.01.2007
Social-Sarkozy
On avait failli y croire. Il avait compris, nous disait-on, qu'il fallait se positionner plus à gauche, que seul le bonapartisme ou le gaullisme social pouvait le conduire à la victoire. Le ralliement de la droite sociale avait, prétendait-on, infléchi sa ligne politique. Mais cette analyse ne résiste pas aux faits. Cette analyse fait fi des déclarations-mêmes du candidat. Il avait certes tenté de concilier les positions les plus contraires, dans un exercice de démagogie et de sophistique des plus habiles mais il n'a renoncé à rien sur le fond. C'est une chose de se dire proche de la France qui souffre, de la France des laissés pour compte, mais dans les faits quel sort lui réserve-t-on? Quel programme met-on en place pour elle?
Nicolas Sarkozy a accordé, dans le Monde daté d'aujourd'hui, une longue entrevue aux journalistes sur son programme économique. Et bien, plus je le relis, plus je me dis que le "social" là-dedans n'a pas sa place. "Il faut que les français en aient pour leur argent". Enigmatique formule. Incompréhensible formule. On entend ça sur les marchés, dans les lupanars, dans les salles de spectacle mais dans la bouche d'un politique ça veut dire quoi? Les Français trinqueront, il faut, au moins, qu'ils en aient pour leur argent de promesses en tout genre... Je ne vois pas d'autre explication. Je cherche pourtant.
Plus sérieusement, si on se penche sur les mesures que voit-on? Du libéralisme pur sucre. Du libéralisme orthodoxe. Bouclier fiscal à 50 %, qui intègre dans son calcul la CSG. Exonération de charge pour les heures supplémentaires. Exonération pour les droits de succession. Réduire le déficit, priorité nationale. Et pour le social? Ben moins de recettes, le peu de recettes affecté à la réduction de la dette... je ne suis pas économiste mais je me dis que ça veut dire plus du tout de fric à redistribuer. La France qui souffre aura juste droit à la commisération sarkoziste; ça lui fait une belle jambe à la France dans sa souffrance. Le Social-Sarko est un déguisement fallacieux du Libéral-Sarko. Ceux qui pariaient sur un changement de fond, ils se foutaient pas un peu de nous? C'est ce que l'on appelle dorer la pillule. Le goût amer, on l'aura après l'élection. Le deuxième effet Sarko.
18:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, fiscalité, social, libéralisme





