31.03.2007

Des questions que je me pose

 
podcast

 

Qui va être la nouvelle nouvelle coqueluche des médias? Ils y sont tous passé. Ségolène, Léchée, Lâchée, Lynchée. LLL Sarkozy (un peu moins). LLL Bayrou. Il est passé son zénith. Il décline. Bientôt le ponent. Après le zénith, le nadir. Qui? Mais qui va bien pouvoir faire vendre plus de journaux? Moi, je vois bien Besancenot ou Bové... plutôt Besancenot. Un ou deux sondages flatteurs et la machine est lancée. Léché, à peu de jours du scrutin, ce sera tout bénéf'. Et puis il a tous les atouts pour plaire aux médias. Certes il est de gauche mais bon, il est jeune, il parle très bien, il est drôle (si, je vous assure), il a l'air ouvert et sympathique, on s'en ferait volontiers un ami... Les paris sont ouverts mais Besancenot fera parler de lui dans la dernière ligne droite.

 

Quel nouveau thème de campagne? Quelle nouvelle polémique? Pour susciter un nouveau regain d'intérêt, pour susciter un nouveau sujet d'exaspération pour les électeurs... L'insécurité, s'invite. Qui a intérêt à l'utiliser? Sarkozy le pourrait, sauf que bon, il a déjà communiqué sur la fin de l'insécurité, sous son patronage, bien sûr. On pourrait facilement le contrer et lui montrer que finalement.. Mais il n'en est pas à une contradiction prêt. Le principe de non contradiction, socle de toute logique, fondement de tout échange d'arguments, il ne le connaît pas. Affaire à suivre. La gauche? Pas sûr qu'elle y gagne. Ségolène a certes surfé sur le thème de l'autorité, une autorité bienveillante et ferme, une autorité maternelle, une autorité de matrone. L'extrême droite? Bien sûr, c'est du pain béni. Elle n'en demandait pas tant.

 

 L'immigration? Plus que jamais et liée à l'insécurité en plus... De quoi préparer de belles mixtures idéologiques, bien nauséabondes. Les amalgames n'ont pas fini de e faire. Préparez-vous braves gens, préparez-vous à avoir peur. La peur, seul ressort assez puissant pour accepter tout et n'importe quoi. La menace, l'intimidation. 

 

Autre inconnue, autre question. La peur du 21 avril, la menace de la dispersion, va-t-elle fonctionner. La pluralité va-t-elle être possible? La bipolarisation va-t-elle s'accentuer? Corolaire: le PS va-t-il développer un argument plus fort que celui du "vote utile" pour séduire les électeurs et appeler à voter "Ségolène"?

  

30.03.2007

Insolite du Courrier International

medium_thumbnail_54_.jpgUn article hallucinant que le Courrier International emprunte au journal hongrois Elet és Irodalom:

 

"Les sondages le montrent: les Hongrois haïssent les Pirèzes. ils voudraient les voir disparaître de la surface de la Terre, ou, à tout le moins, de leur pays. Seul hic: les Pirèzes n'existent pas. L'institut de sondage Tarrki a inventé cette minorité de toutes pièces pour mesurer la xénophobie des Hongrois. En juin dernier, 59% des personnes interrogées rejetaient catégoriquement l'entrée des Pirèzes en Hongrie, cette année elles étaient déjà 68%. La faute à la vie chère? A la fin de la gratuité des consultations médicales? L'an dernier, c'étaient les chômeurs, les personnes n'ayant qu'un certificat d'études et les déçus de la démocratie qui rejetaient les Pirèzes avec le plus de véhémence. La grande faute de cette minorité est sans doute de ne pas exister: les contacts personnels aident à vaincre les préjugés. Enfin paraît-il. Vu l'amour bien connu des Hongrois pour les Tziganes, on peut se permettre d'en douter, conclut l'hebdomadaire culturel de Budapest."

28.03.2007

Ken Loach voterait Besancenot

Payer la fracture

medium_barbarie_1_.jpgOui, c'est sûr c'est payant électoralement. Oui, c'est sûr, à court terme, ça paie, et cash en plus. Mais bordel de merde c'est pas un projet de société. On en voit déjà quelques résultats de cette politique de la fuite en avant, faite de formules frappantes, de polémiques suscitées autour de sujets qui devraient être consensuels. Et on se retrouve, à s'étriper dans les familles, sans que l'on sache exactement pourquoi. "Ils en ont parlé". Des sujets de société, des sujets identitaires, des sujets passionnels. La rationalité dans tout ça, ne la cherchez pas... Il ne s'agit pas de faire réfléchir, il s'agit de faire réagir. Il y a des sujets payants. Il y a des sujets vendeurs. Les journalistes connaissent ces ficelles. Ces sujets ils les mettent en scène depuis longtemps. Les recettes sont toujours les mêmes: un titre racoleur (souvent sous forme de question), un sujet complexe simplifié pour le rendre polémique. L'arène de France appliquée au journalisme. L'arène de France appliquée à la politique. Ben pour réagir, ça réagit: ça piaille, ça gueule, ça vitupère, ça grogne, ça menace... Un formidable déchaînement logorrhéique, une avalanche d'arguments plus ou moins éculés, plus ou moins de bonne foi, plus ou moins habiles et puis... rien. Pourquoi? Vous cherchiez vraiment à répondre aux questions? Vous n'aviez pas compris que le but était de susciter la polémique, le buzz, le bruit, la fureur et rien d'autre. Qu'on m'aime, qu'on me haïsse, pourvu qu'on parle de moi. Prendre le contrepied, surprendre, choquer. Le débat d'aujourd'hui est à la politique ce que "Choc" est au journalisme. Un ersatz, un succédané, une forme avilie. En réalité, c'est au moment où tous semblent se passionner pour la politique que la politique fuit la cité. C'est au moment où nous aurions besoin de politique, de débat, de consensus que l'on nous les refuse. 

 Si seulement ce jeu était innocent et ne provoquait aucune catastrophe, je me dirais: "c'est pas grave après tout, c'est l'air du temps qui veut ça, il faut en sourire, comme pour beaucoup d'autres problèmes plus futiles..." Mais on voit déjà les conséquences désastreuses d'une telle approche de la politique, qu'on l'appelle poujadiste, populiste, démagogique ou quoi que ce soit... Une société au bord de l'explosion, une société où les antagonismes sont exacerbés, une société qui se replie sur elle-même jusqu'à l'étouffement... J'en rajoute à peine dans la dramatisation. Tout le monde le sent, fût-ce confusément. La violence est là dans tous les moments de la vie, l'égoïsme délétère s'installe et s'incruste dans les moindres niches, même celles qui semblaient jusque là épargnée... Et pendant ce temps-là, que des boute-feu que des pyromanes! Personne pour proposer un vrai projet fédérateur. Fédérer? vous n'y pensez pas. Compartimenter pour pouvoir clientéliser, segmenter pour pouvoir dominer, diviser pour pouvoir confronter. Et tout ça avec un langage de violence, avec une rhétorique de l'humiliation. On stigmatise, on rabaisse, on rabroue. 

Cette politique, on la paie déjà, et cash. La France n'est pas aussi douce qu'avant. La France n'est plus aussi humaniste qu'avant. La France n'est plus aussi intelligente qu'avant. Oui il y a un déclin mais il n'est pas économique. Il est culturel. Il est éthique. Il est politique. Le déclin est dans la faiblesse des idéaux que nous partageons. Le déclin est dans l'impossibilité des luttes communes. Le déclin est dans l'incapacité à penser l'universel. Oui, je sais ça fait un peu grandiloquent comme ça mais j'y crois pour de vrai... 

 

27.03.2007

Insondable scrutin

J'aurais pu vous parler de la manif anti Le Pen à Toulouse qui a peiné à trouver des manifestants... Le mouvement se confirme, Le Pen ne fait plus recette et ne fait plus peur. Un candidat comme un autre en somme. banalisé.

Je voulais parler aussi du départ de Sarkozy, free at last! Il va pouvoir enfin se consacrer entièrement à sa campagne (sic). A sa place Baroin.

J'ai aussi hésité à dire toute ma déception quand j'ai entendu que Borloo avait craqué. Il a craqué, il a cédé aux sirènes sarkozistes. faux suspens; faux rebelle. 

Ce qui m'a le plus interpelé  c'est les chiffres des nouveaux inscrits sur les listes. ils sont tombés. ils sont en hausse. On s'en doutait. Le ministère minimise. Mais la hausse est la plus grande depuis 1981. Et les endroits où la hausse est la plus palpable c'est dans les DOM TOM et dans les quartiers défavorisés. Les sondeurs on-ils tenu compte de ces nouveaux électeurs. Aucune donnée sur eux, ils sont tous neufs, pas de possibilité de comparer, pas de possibilité de connaitre des tendances passées et des habitudes de vote, par définition. 

Hausse grâce au travail des associations mais aussi hausse grâce au traumatisme de 2002. Ils doivent tous l'avoir à l'esprit ce séisme. Qui auraient été les premiers à pâtir d'une élection de Le Pen? Qui a le plus souffert de l'élection de Chirac et de la mise en place des gouvernements successifs de droite? Je ne veux pas l'affirmer de manière péremptoire mais je crois que cette nouvelle manne est de gauche. Bien sûr elle ne sera pas suffisante pour juguler la percée de Sarkozy mais je crois qu'elle  sera un noyau anti-sarko inaltérable. c'est toujours ça de pris. Le vote Bayrou? Peut-être mais marginal... 

Cette hausse ils la pressentaient tous, ils l'anticipaient, ils se pressaient pour être vus en banlieue, pour y être photographiés... Tous sauf un qui aimerait bien mais qui ne peut point. Du coup même Bayrou se met à le chambrer en le traitant en gros et de poule mouillée et de boute feu diviseur de la nation... Il ne peut point car il a peur que quelques images imprévues ne viennent briser son rêve. Il ne veut pas y aller car il ne sait  pas comment l'électorat interprèterait ces images. Mais maintenant qu'il est libre, il pourrait peut-être y aller. Un beau discours musclé pour énerver toutes les racailles et faire mouiller toutes les Marie Serre Tete, les tenants de l'ordre, juste l'ordre et tous ceux qui en ont marre qu'il y ait des zones etc. Allez Sarko quoi que tu fasses ce sera à ton avantage. Tu as foutu le feu aux banlieues déjà et ça t'a pas mal réussi. Pompier pyromane. 

Matin brun

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l'autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu'il m'a dit qu'il avait dû faire piquer son chien, ça m'a surpris, mais sans plus. C'est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l'idée qu'un jour ou l'autre il va mourir.    - Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.
- Ben, un labrador, c'est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?
- C'est pas la question, c'était pas un chien brun, c'est tout.
- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?
- Oui, pareil.
Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d'après ce que les scientifiques de l'Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu'ils s'adaptaient mieux à notre vie citadine, qu'ils avaient des portées peu nombreuses et qu'ils mangeaient beaucoup moins. Ma fois un chat c'est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d'une façon ou d'une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n'étaient pas bruns. Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d'arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon cour s'était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m'avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c'est plus gros, ou que c'est le compagnon de l'homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d'en parler aussi naturellement que je l'avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c'est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants. On n'avait plus grand-chose à se dire, on s'était quittés mais avec une drôle d'impression. Comme si on ne s'était pas tout dit. Pas trop à l'aise. Quelque temps après, c'est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu'il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !                                             - Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?
- Non, non, c'est à la suite de l'affaire des chiens.
- Des bruns ?
- Oui, toujours. Pas un jour sans s'attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu'à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu'il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard!                                                                                                                                                              - A trop jouer avec le feu...                                                                                                                                     - Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire. - Mince alors, et pour le tiercé ? - Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n'y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu'il reste un journal dans la ville, on ne pouvait pas se passer d'informations tout de même. J'avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j'avais sûrement tort de m'inquiéter. Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d'édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d'édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même. après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après                                                                                     - Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n'a rien à y gagner à accepter qu'on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation. Par mesure de précaution, on avait pris l'habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou tout, le langage c'est fait pour évoluer et ce n'était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter " putain con ", à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m'en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu'il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.                                                                                                                                                                 - Tu vois, finalement il est plus affectueux que l'autre, et il m'obéit au doigt et à l'oeil. Fallait pas que j'en fasse un drame du labrador noir. · À peine il avait dit cette phrase, que son chien s'était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n'obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris. - Non, toi aussi ? - Ben oui, tu vas voir. Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l'armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu'est ce qu'on avait ri. Tu parles d'une coïncidence !                                                                                                                                  - Tu comprends, je lui avais dit, j'ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci?                                          - Magnifique, il m'avait répondu. Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l'oeil. Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu'on avait passé un sacré bon moment, et qu'on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j'avais croisé sur le trottoir d'en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s'il écoutait bien ce qu'on lui disait, les chiens n'étaient pas interdits, il n'avait qu'à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l'ancien. Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j'ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m'ont pas reconnu, parce qu'ils sont nouveaux dans le quartier et qu'ils ne connaissent pas encore tout le monde. J'allais chez Charlie. Le dimanche, c'est chez Charlie qu'on joue à la belote. J'avais un pack de bières à la main, c'était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J'ai fait semblant d'aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l'ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix. - Pourtant son chien était un vrai brun, on l'a bien vu, nous ! - Oui, mais à ce qu'ils disent, c'est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir. - Avant ? - Oui, avant. Le délit maintenant, c'est aussi d'en avoir eu un qui n'aurait pas été brun. Et ça, c'est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin. J'ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j'étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu'avant j'avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n'y aurais jamais pensé ! Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n'est pas parce qu'on aurait acheté récemment un animal brun qu'on aurait changé de mentalité, ils ont dit. " Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. " Le speaker a même ajouté " injure à l'Etat national ". Et j'ai bien noté la suite. Même si on n'a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu'un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu'une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis. - Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C'est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s'ils cherchent avant, ils n'ont pas fini d'en arrêter des proprios de chats et de chiens. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurais dû me méfier des bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ? On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore brun au dehors. Mais, arrêtez de taper si fort, j'arrive.

 

                          Franck Pavloff

 

25.03.2007

Blogueurs, à vos drapeaux!

Lancelot a montré la voie du partriotisme bloguesque... Je le suis.

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Campagne en images

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Socrate: Il n'est aucun des individus mercenaires que précisément ces démagogues nomment sophistes et regardent comme leurs rivaux qui enseignent autre chose que les croyances professées par la masse chaque fois qu'elle s'assemble et qui ne lui donne  le nom de sagesse.  il ressemble en tous points à quelqu'un qui, chargé d'élever un animal gros et fort, se serait informé en détail de ses instincts et appétits;  par où il faut l'approcher et par où le toucher; à quel moment il est le plus agressif et le plus inoffensif et pourquoi;  les cris  qu'il a coutume de pousser  selon les circonstances; quels sons proférés  par autrui l'apaisent ou l'irritent; après quoi, instruit à fond de tout cela par une longue fréquentation de la bête, il nommerait science cette expérience, et après l'avoir mise en forme de manuel , il en ferait un objet d'enseignement; sans vraiment savoir en rien ce que ces croyances et désirs comportent de beau ou de laid, de bon ou de mauvais, de juste ou d'injuste, il règlerait l'emploi de tous ces termes sur les avis de la grosse bête, nommant bonnes les choses qui lui plaisent, mauvaises celles qui lui déplaisent; faute d'en avoir aucune autre justification, c'est ce qui est nécessaire qu'il qualifierait de juste et de beau; et il serait tout aussi incapable de voir que de montrer à autrui à quel point la nature du nécessaire diffère réellement de celle du bon. Ne te semble-t-il pas qu'un tel homme serait un éducateur bien étrange? 

Adimante: Si...

Socrate: Or te paraît-il différent de celui qui pense que le savoir consiste à s'être informé de l'instinct et des goût d'une multitude composite en son assemblée, que ce soit en matière de peinture, de musique ou de politique? Car c'est un fait: si quelqu'un s'adresse à la masse pour lui soumettre un poème ou une oeuvre quelconque ou une mesure d'intérêt public, en la laissant juge plus  qu'il n'est nécessaire, il est fatal qu'il soit forcé de faire ce qui  a l'approbation de cs gens-là; et que ce soit vraiment bon et beau, as-tu jamais entendu l'un de ceux-ci en donner une raison qui ne soit pas ridicule?

Adimante: Je pense même que je n'en  entendrai jamais.

Socrate: Après avoir réfléchi à tout cela, rappelle-toi ceci: est-il possible de faire en sorte que la masse admette ou soutienne que c'est le beau en soi qui a l'existence, et non pas la multiplicité des belles choses, que  c'est chaque chose en soi qui existe, et non pas la multiplicité des choses singulières? 

Adimante: Pas le moindrement...

Socrate: Ainsi, il est impossible que la masse soit philosophe.

Adimante:C'est impossible.

Socrate: Et il est inévitable qu'elle vilipende les philosophes.

Adimante: C'est inévitable.

Socrate: De même les individus qui la fréquentent avec le désir de lui plaire.

Adimante: C'est évident.

                                    République VI, 493a-494amedium_vache_jpg.jpg

24.03.2007

zapping

La France présidente

Nouvelle formule. Nouveau slogan. Nouvelle synthèse.

Elle est habile cette  formule, concise, condensée, percutante. Elle porte en germe tous les thèmes développés tout au long de la campagne par Royal.

D'abord ce féminin, premier argument électoral de madame Royal qui a toujours mis en avant sa féminité. Le nom de notre beau pays est aussi au féminin singulier, ça tombe bien. Candidate dans un autre pays ça l'aurait un peu moins fait.

Ensuite ce singulier qui représente toute une collectivité. "E pluribus unum" (mais aussi "e pluribus una" mais du coup ça fait un peu trop autocrate). La démocratie participative en action. Toute la France est présidente car la chacun de ses membres est une brique de cette démocratie nouvelle qui permet à chacun de prendre une part entière dans la conduite du pays.

Mais aussi cette référence à l'identité nationale. La France! Référence ultime de tout nationaliste, de tout patriote. Fierté nationale. on voit se profiler le drapeau, la Marseillaise. 

Ou encore cette référence à cette France qui gagne, cette France leader. Une France présidente! 

On peut aussi y voir la référence à une unité enfin retrouvée. Une France enfin apaisée. Plus question de parler d'une France des communautés, à une France morcelée. La France des jeunes, la France des banlieues, la France de gauche, la France de... LA France.

Il faut surement y avoir aussi une réponse à  la formule sarkozienne "Imaginons la France d'après". Mais aussi à "La France de toutes nos forces" Pas question de laisser la référence à la nation à la droite!

Effacer aussi le caractère personnel de cette élection. Effacement de la candidate. C'est peut-être la condition pour qu'on vote pour elle. 

Voter pour la France.

Fusion réussie. Ségolène/Marianne. Ségolène/France.

 

 

 

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