30.04.2007

Comment répondre à ça?

"L'héritage de mai 1968 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l'argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 1968"

 

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Sarkozy retrouve la recette des mouvements de masse

medium_sriimg20060331_6593375_1_1_.jpgJe sais pas vous mais moi, je trouve pas très rassurant le retour des mouvements de masse. Foule compacte, fanatisée, ayant une volonté propre, la volonté de son élément le plus virulent. En l'occurrence, hier l'élément le plus violent était Nicolas Sarkozy et la foule de haïr l'esprit de 68, les assistés, les laxites et autres gauchistes qui ont mis la France sur les rotules. Je n'aime vraiment pas les rassemblement, même quand il s'agit de sport. Et là, on était gâté. L'UMP organisatrice s'enorgueillit d'avoir accueilli 40 000 personnes. Cette fois je n'ai pas beaucoup entendu "selon les organisateurs" qu'on ne manque pas de préciser à chaque manif'. Là c'est 40 000, y a pas à négocier. Si on  avait demandé à la police, elle était capable pour une fois d'en donner 100 000. Et tout ça pourquoi ou pour qui? Pour Sarkozy super star. Des fans, des fanatiques, des sectateurs, des adorateurs, des militants venus faire la claque, des vedettes qui en ont assez de payer trop d'impôts et qui trouvent que trop c'est trop et que les autres feraient mieux de travailler aussi dur qu'elles si elles voulaient gagner de l'argent plutôt que de vivre à leurs crochets. Des vedettes qui se sont faites par leur travail acharné et qui n'ont jamais cédé à la facilité. Des vedettes qui ont dû tout arracher et à qui rien n'était jamais donné. Le blues de la vedette payant trop d'impôts. Son indécence aussi, un peu. Tout ce beau monde, comme un seul homme montrait à la face de la France que Sarkozy comptait des soutiens indéfectibles, des gens capables de traverser la France pour avoir l'honneur de se masser à l'extérieur d'une salle et de le voir sur écran. Une démonstration de force; Toujours la force. Une démonstration intimidante. Une démonstration grimaçante telle un haka néozélandais pour signifier qu'on ne fera pas de quartiers. Une démonstration pour dire c'est moi qui ai la plus grosse le plus gros meeting. Une manifestation de la conception que se fait Sarkozy des rapports sociaux, des rapports humains, des rapports démocratiques. Alors que certains essayent de rénover le débat démocratiques, alors qu'ils essayent de sortir du rapport de forces stériles et de trouver une nouvelle voie pour faire émerger le consensus, Sarkozy fanatise, fait monter le huées déchirantes contre l'autre France, la France qui n'est pas la France, je serai tenté de dire l'anti-France.

29.04.2007

Sortir le dialogue de la confidentialité

Heure, chaîne, date confidentielles... Petit rattrapage!

28.04.2007

Excès de caricature vaut mieux que défaut de caricature (suite)

medium_Plantu-Sarkosy_1_.jpgVraiment bizarre la conception qu'a M. Sarkozy de la liberté de la presse et de la liberté d'expression en général. On se souvient que le dessinateur Placide ait été condamné à une amende pour avoir caricaturé un spécimen de la gent gendarmesque sans que cela ne soulève  plus de protestation que ça. Pourtant on avait réaffirmé, peu de temps avant, le droit inaliénable de caricaturer et d'exprimer par le graphisme un opinion... Là, pas de condamnation, certes, mais quand même. M. Sarkozy a écrit dessinateur Plantu pour se plaindre d'être représenté avec un attribut dont était généralement affublé M. Le Pen: une mouche qui vole au dessus de sa tête et qui ne le quitte pas. M. Sarkozy s'en est offusqué et a pris la mouche (osons les jeux de mots idiots et inutiles dans des moments graves!). Il lui a proposé de le rencontrer pour dissiper tous ses doutes et réaffirmer son appartenance au camp républicain... Réponse de M. Plantu qui me comble d'aise: le lendemain il a représenté M. Sarkozy suivi de TROIS mouches! Sacré Plantu! Courageux Plantu! M. Sarkozy à la suite de cette réponse on ne peut plus claire a jugé bon de se plaindre directement à la direction. C'est dans ses habitudes. Sauf que voilà, la direction n'a pas réagi, en tout cas pas comme il le souhaitait. M. Sarkozy qui disait naguère: "Mieux vaut un excès de caricature qu'un défaut de caricature". Vous savez, M. Sarkozy, les principes fondamentaux que vous énoncez, ils s'appliquent aussi à vous. Ils s'appliquent surtout à vous au nom de l'exemplarité républicaine. 

Qui est l'auteur?

Dans la salle des pas perdus, les ministres et les diplomates circulaient, gravement discutant, l'oeil compétent, convaincus de l'importance de leurs fugaces affaires de fourmilières tôt disparues, convaincus aussi de leur propre importance, avec profondeur échangeant d'inutiles vues, comiquement solennels et imposants, suivis de leurs hémorroïde, soudain souriants et aimables. Gracieusetés commandées par des rapports de force, sourires postiches, cordialités et plis cruels aux commissures, ambitions enrobées de noblesse, calculs et manœuvres, flatteries et méfiances, complicités et trames de ces agonisants de demain.

La franchise de M. Sarkozy

medium_CA67WPO5.jpgmedium_CAU5QBUD.jpgDétricotez, détricotez, il n'en restera bientôt plus rien! L'UMP s'est déjà attaqué à la sécurité sociale, trop généreuse, trop onéreuse. La bonne idée c'est de faire payer plus par ce qui ont moins. Les montants forfaitaires se sont multipliés et ont été généralisés mais il faut aller plus loin, comme toujours. Plus loin c'est quoi? Plus loin c'est la mise en place de la franchise. En quoi cela consiste-t-il? Ben c'est pas M. Sarkozy qui vous le dira clairement. Lisez. Jugez. Signez.

De quoi a peur M. Sarkozy?

C'est fait! La rencontre a eu lieu. Service minimum. Sur une chaîne du câble confidentielle, à une heure de faible écoute. Oui, il y avait les radios mais bon vous ne m'ôterez pas de l'idée que rien ne vaut une chaîne hertzienne à une heure de très grande écoute.
 
Finalement Sarkozy a gagné sur ce point. Sur ce point seulement, parce que la rencontre a eu lieu et qu'elle a mis en relief la convergence des deux candidats. Malgré le ralliement conditionnel et conditionné de nombreux élus UDF, en majorité des députés dont la faculté à prendre des décisions a été stimulée par la proximité de l'échéance électorale (c'est vrai que pour des centristes ils ont été prompts à la détente), malgré le recentrage d'un discours qui fleurait naguère les accents frontisants, Sarkozy ne mordra pas aussi largement qu'il le souhaitait dans le gros gâteau des électeurs centristes.
 
Vous me direz, il est toujours en tête, son avance est confortable, il la gère bien, il n'a pas besoin de la majorité des électeurs centristes, quelques uns lui suffisent; contrairement à Royal qui elle est acculée et doit prendre le maximum de voix au centre... Sauf, sauf! Sauf s'il y a un électrochoc! Gérer l'avance c'est noyer la campagne pour que rien ne se passe. Et ce dont M. Sarkozy avait peur c'est justement que cette rencontre ne soit perçue comme un moment important voire historique. Il a naturellement tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu et maintenant qu'elle a eu lieu il a intérêt à tout faire pour en minimiser l'importance...
 
Que devons-nous juger de cette rencontre? A dire vrai, si l'on s'attache au fond, pour peu qu'on ait un peu suivi la campagne, rien de bien nouveau n'a été dit. Les convergences et les divergences avaient déjà été bien affirmée et tout le monde les connaissait. La rencontre tient plus du symbolique que du pragmatique.  Quel symbole? Le dialogue, le dialogue comme méthode démocratique, comme base irremplaçable de la démocratie. Le dialogue qui s'oppose à la manière un peu brutale, parce qu'unilatérale, brutale, parce qu'imposée et non consentie, brutale, parce que fondée sur l'autoritarisme plus que sur la persuasion. Un autre projet de société, parce que c'est de cela surtout qu'il s'agit, s'est donné à voir, d'où l'importance de la télévision, un projet de société dont le dialogue entre Bayrou et Royal se voulait la preuve. La démocratie par la preuve, la démocratie par les actes. Toute la méthode Royal est là.
 
Bien sûr, il ne s'agissait pas d'un véritable débat. Bien sûr il s'agissait plus d'une représentation de débat. Chacun (surtout Bayrou pour être honnête) avait beaucoup de recul par rapport à lui même et à son propre discours. Tous deux étaient détendus et souriants conscients d'avoir joué un bon coup, et satisfaits d'avoir réussi à contourner l'omertà  journalistique imposée par Sarkozy et son entourage.
 
Bien sûr, les esprits chagrins diront qu'on s'est ennuyé ferme et que ça manquait et de suspens et d'enjeu. Ceux-là n'ont pas compris le véritable enjeu. Ceux-là n'ont pas compris qu'il s'agissait justement de donner un autre spectacle de la politique.  Ceux-là ne sont intéressés que par le côté effets de manche d'histrions de la joute et nullement par les glissements subtils (et moins subtils d'ailleurs) qui s'opèrent dans le champ politique. J'aime le débat, j'aime la confrontation mais c'est bien que des discutions apaisées, qui se passent généralement en off, puissent avaoir lieu au grand jour. Le vrai mensonge c'est de laisser croire que toute la vie politique se réduit aux joutes télévisées! Le vrai mensonge serait de dire que la vraie physionomie de l'assemblée nationale est celle que l'on voit les jours où les caméras sont présentes. Oui, il y a des prises de contact de part et d'autre, oui elle se passe souvent dans la connivence et dans la concertation détendue. Finalement ce rendez-vous était un moment salutaire, parce que fort rare, de vérité politique.
 
Je laisse le soin à d'autres de compter les bons points et les mauvais points, de les distribuer de manière plus ou moins équitable. Les polémiques, je m'en passe pour le moment, qu'elles viennent de la gauche ou de la droite. Les débats citoyens houleux, je me les réserve pour l'après élection. Gardons-nous de  vaines attaques. 

27.04.2007

C'est un trou plein d'ordures où coule plein de fiel...

medium_mussolinifascismandmusli_1_.jpgM. Val, penseur, philosophe, écrivain, chanteur, humaniste et, accessoirement, journaliste-éditorialiste-actionnaire principal à Charlie Hebdo avait prophétisé, car c'est son métier d'anticiper les évolutions sociales et de dénoncer les dérives dangereuses que constituent certains phénomènes, que les "jeunes" de "banlieue" allaient voter massivement pour... Le Pen! Avec force arguments à l'appui, arguments dictés par son profond humanisme et par sa connaissance très précise de ce qui se passe en "banlieue". Les "jeunes" banlieusards étaient, déjà, sous sa plume, les nouveaux barbares, incultes, islamistes et antisémites et voilà qu'ils ajoutaient à la longue liste de leurs défauts, de leurs péchés, de leurs tares, le frontisme. Diable il y  avait de quoi avoir peur, d'autant plus que leur mouvement était organisé et avait comme idéologue un certain Dieudonné... De quoi effrayer tout le monde, surtout qu'on apprenait, par tous les médias, que les "jeunes" étaient allés s'inscrire en masse sur les listes électorales. Des hordes de jeunes frontistes basanés allaient déferler sur nos bureaux de vote. Des "jeunes" qui n'avaient aucune culture démocratique, des "jeunes" qui ne reconnaissaient même pas la validité de la démocratie (ô formidable horreur!)... Des jeunes, en somme, qui n'avaient jamais donné de gage de citoyenneté, des gens peu qualifiés pour cet acte sacramental que représente le vote, des "jeunes" qui n'avaient jamais passé leur baptême républicain, ni leur confirmation démocratique... Val disqualifiait, par avance, leur vote qui ne pouvait être, sommes toutes, qu'un mauvais vote, un vote délétère, symptôme d'un monde délétère... Nous avons eu peur.

Ce n'est pas un vulgaire Finkielkraut qui mettait en garde. On est habitués aux philippiques bouffonnes de l'ami Finkie! Mais dans le cas précis, c'était une caution de gauche, le rédac-chef de l'un des journaux les plus emblématiques d'une gauche libertaire, c'était un homme qui se réclamait de tous les humanismes, un défenseur acharné de la démocratie, un ennemi convaincu de tous les communautarismes et de tous les fondamentalismes! En trois lettres: VAL! Quelqu'un d'éveillé, pas un dormeur, Val!

Sauf que voilà, les faits sont têtus. Sauf que voilà, le premier tour est passé et le FN disqualifié. Sauf que voilà les "jeunes" des "quartiers" n'ont pas voté comme il l'a prédit. Et maintenant Val, nous attendons ta palinodie, tes excuses, un rectificatif, des addenda, un prière d'insérer, quelques mots quoi pour dire que tu t'es trompé, que les habitants des "quartiers" n'ont pas voté comme tu l'as dit, qu'ils ont plutôt voté à gauche, pour faire barrage à l'extrême droite qui s'étend, pour eux, de Le Pen à Sarko en passant par Villiers... Il faut que tu dises qu'ils ne méritaient pas que tu les salisses avec tes élucubrations humanistes... On fait passer beaucoup de saloperies sous le compte de l'humanisme. Val, ton édito m'avait choqué. Val, le fait de citer Platon à toutes les phrases et que tu recraches les rares bribes qu'il te reste de ta dernière psychothérapie ne t'autorisent pas à laisser cours à tes fantasmes et délires... 

Pour ceux qui auraient raté les parties les plus croustillantes de ce succulent et prophétique éditorial de l'ineffable Val, une session de rattrapage est proposée ICI.

 Pour ceux qui se demande comment ont finalement voté les quartiers, vous en avez un exemple dans le Monde.

26.04.2007

L'UMP ne s'y est pas trompé

Qui tape sur Bayrou? L'UMP et à bras raccourci en plus. C'est qu'ils ont bien compris qu'il n'avait pas fini de leur poser problème. Eliminé au premier tour, il viendrait encore leur chercher querelle au second! C'est pas du jeu. Le côté irréductible gaulois qui ne veut pas se soumettre à l'hégémonie, ça commence à les fatiguer. C'est que la contradiction, ils n'aiment pas ça à l'UMP. Ils n'ont pas crée un parti aussi gros pour se laisser emmerder par des petits, des sans groupe parlementaire fixe. Indépendance? Et puis quoi encore! Alors ils tapent, moquent, menacent pour faire taire le fanfaron, le vantard qui naguère ne pesait guère et qui commence à peser... lourd même sur leur petit estomac délicat.
 
Oui, il y aura bien un débat prochainement. Mais il aura lieu avec Ségolène Royal. Sauf erreur de notre part, ce n'est pas François Bayrou qui a été sélectionné par les Français pour le second tour.»  
 
Le mépris. Il n'existe pas. Tout comme au premier tour avant de voir qu'il se passait quelques chose dans l'électorat et de rectifier le tir. Le mépris à nouveau dans la bouche de Sarkozy:  "la finale d'une compétition se joue entre les n° 1 et n° 2. Le troisième, il fait autre chose"  
 
 
Et de jouer la carte de la hauteur de vues et de la dignité morale en dénonçant les combinaisons politiques, les manœuvres d'appareils. «Moi, je m'adresse au peuple, pas aux partis. [...] Le président n'est pas l'homme d'un clan, d'une secte...» 
 
La palme de la pique acerbe revient peut-être à Lellouche qui a vu en Bayrou un Ponce Pilate: " Bayrou n'a pas été tendre avec Nicolas Sarkozy, mais il a surtout joué les Ponce Pilate en ne choisissant pas."
 
Une indécision qui a conduit à un déicide! Ponce Pilate s'en lave les mains, ce n'est pas le cas de Bayrou. C'est pour ça qu'ils s'énervent. C'est pour ça qu'ils veulent le réduire au silence. C'est pour ça qu'ils feignent de l'ignorer pour mieux le museler. C'est plus que l'électorat centriste qu'il risque de toucher.
 
Et pendant ce temps là les Judas du centre donnent un dernier baiser à Bayrou pour mieux rejoindre Robien et Sarko pour quelques deniers, pour quelques voix politiques. 
 
Pardonne-leur Bayrou, ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Dans quelques années on moquera leur peu de discernement politique. 
 
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25.04.2007

Ralliez-vous à mon panache rose ou bleu

medium_CAY1I1OT.2.jpgTout le monde regarde vers Bayrou mais on oublie Le Pen. On a tué Le Pen un peu vite. La cause? Son petit score (tout relatif), sa vieillesse, le fait qu'il ne donne jamais de consigne de vote au second tour... Surtout la dernière raison, d'ailleurs. Sauf que voilà, tout pourrait changer. La cause? Sa vieillesse, son petit score (relatif) et l'envie de faire un pied de nez à Sarkozy. Un coup de tête final et rageur en guise de pot de départ. Ce n'est un secret pour personne, il ne se représentera pas. Ce n'est un secret pour personne, il risque d'avoir quelque mal à imposer sa fille à la tête du mouvement après la campagne calamiteuse (ou supposée telle) qu'elle vient de faire mener à papa. Le mouvement après les Le Pen ou sans les Le Pen, Le Pen s'en fout un peu. L'avenir du mouvement sans les Le Pen, Jean-Marie risque de le sacrifier, pour faire couler le bateau avec lui et, si possible, pour entraîner Sarkozy dans sa noyade... OK, je pars avec un présupposé c'est qu'il a envie de faire perdre Sarko mais ça me paraît tellement évident que je ne vais même pas développer. On va dire que c'est une conviction intime et forte. Reste à savoir comment on fait.

Appeler à voter Royal. Je crois que tout le monde sera d'accord pour dire que c'est impossible. Impossible parce que tout le monde se foutrait de sa gueule. Impossible parce que ça ferait pas forcément beaucoup de bien à Royal. Impossible parce que l'électorat ne suivrait pas dans un tel projet. Donc éliminons cette solution.

Appeler à voter Sarkozy. Possible. Des convergences de programme. Une proximité idéologique. Mais vous me direz en quoi cela affaiblit-il Sarko. Je vous réponds que d'une part les reports de voix FN sur Sarko sont déjà très favorables (70% si je ne m'abuse) et que donc déjà en appelant à voter pour lui il ne saurait lui apporter énormément plus de voix... De plus, et surtout, en appelant à voter pour lui, il fait fuir les Républicains convaincus qu'ils soient centristes ou même sarkozystes sans être sarkolâtres...

Je vous accorde que cette stratégie ne fonctionne que si l'on accepte deux conditions. D'abord que Le Pen fasse peu de cas de l'avenir de son parti. Ensuite, et surtout, qu'à droite la frontière entre extrême droite et droite républicaine veuille encore dire quelque chose et que les gens de droite veuillent la maintenir. C'est pas toujours évident. On peut tout de même parier sur l'intelligence des gens et surtout sur leur sens de l'honneur, fussent-ils de droite.

Appeler à voter blanc. Probable. Cette stratégie est la plus probable car la plus à même de ne pas heurter l'électorat lepéniste, la plus à même de ne pas hypothéquer l'avenir du parti, la plus à même de réussir... L'appel à voter blanc, s'il est bien suivi, risque de porter un grand préjudice à sarkozy en lui enlevant une grande partie des réserves de voix qu'il avait à l'extrême droite, autant sur les voix FN que sur les voix Villiers, voire Nihous. Cet appel s'il est bien relayé et s'il prend des accents anti-système, qui ont un écho très favorable en France, pourrait très bien dépasser les frontières des électeurs FN. Bien plus, Le Pen profitant du fort taux de participation au premier tour pourrait faire un pari facile en misant sur une participation plus faible au second. Il pourrait donc s'attribuer, de manière opportune, ce différentiel d'électeurs et donner l'impression de peser de manière excessive sur le second tour... Il serait présent, fût-ce virtuellement, dans la bataille de deuxième tour et pourrait prendre une revanche ultime sur ses deux concurrents et surtout sur Sarkozy, sans se renier. Si sa consigne est bien suivie, ce sera le chant du signe du vieux frontiste et un coup d'éclat magistral.

Une condition. Que l'électorat frontiste soit assez obéissant. 

 

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