31.05.2007
Pauvres, pauvres ministres.
Le mot ministre retrouve son sens premier, archaïque: Celui qui est chargé de remplir une fonction, un office, d'exécuter une tâche pour le service de quelqu'un, d'accomplir le dessein d'autrui. On les appelle ministres parce qu'ils sont sensés être au service de l'Etat et dans l'idéal au service du peuple. Sauf que là ils sont au service de leur maître. Ils sont chargés d'exécuter une tâche fixée par M. Sarkozy, d'accomplir SON dessein.15:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Borloo, Kouchner, Fillon, Woerth
La dette: le modèle kirghize
14:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Kirghizistan, dette, insolites, Sarkozy
30.05.2007
Les largesses du prince-président.
Quand j'ai entendu l'annonce de Woerth, j'ai failli m'étrangler. La mesure on la connaissait: crédit d'impôts à hauteur de 20% ( le taux a été communiqué à cette occasion ) des intérêts payés chaque année pour le remboursements du crédit immobilier de la résidence principale. C'est pas ça qui m'a choqué. Ce qui m'a choqué c'est la date annoncée. La mesure n'était valable que pour les contrats signés après le 6 mai 2007! Date du sacre. Date sacramentale. Date de « l'impensable révolution ». Normalement la date d'effet d'une mesure est la date d'effet de la loi, pas la date anniversaire d'une élection. Là, je me suis rendu compte qu'on n'était plus vraiment dans une démocratie.
Mais un autre cap a été franchi quand monsieur Sarkozy a désavoué son ministre pour montrer qui prenait les décisions et quand il a, de manière tout à fait arbitraire, étendu cette mesure à tous les ménages ayant contracté un crédit immobilier pour l'achat de leur résidence principale. Tout à fait arbitraire parce que contraire à toute logique économique. Si la première formule de la mesure pouvait être perçue comme une mesure incitative, la deuxième ne peut qu'être perçue comme un cadeau, une récompense à ses électeurs. Les largesses du prince. Monsieur est un flambeur! Sauf que monsieur flambe avec le fric du contribuable.
C'est que cette mesure, l'air de rien, coûte assez cher et que c'est la première d'une longue série. De 2 à 10 milliards par an, nous dit-on. Le chiffre est plus probablement proche des 10 que des 2. Des spécialistes nous disent que, même si l'on excepte les futurs propriétaires, la mesure coûte déjà 4,5 milliards d'euros par an. Je ne suis pas de ceux qui étalent les chiffres pour impressionner le Français moyen, ce qui me fait le plus mal au cul c'est l'emploi de cet argent qui n'est pas dirigé vers le logement des plus défavorisés, pire il risque de leur être ôté. Déshabiller Paul pour habiller Pierre en quelque sorte. Et ce n'est pas terminé: exonération des droits de succession, exonération des heures sup', bouclier fiscal... Ne vous étonnez pas s'il nous chante bientôt le refrain de la rigueur. Serrez-vous la ceinture tas de pauvres. Faites un effort tas de miséreux. Augmentation de la TVA qu'on appellera « sociale », pour dorer la pilule. Franchises en tous genres...
Sans parler de tous les effets nocifs de cette mesure. Flambée des prix de l'immobilier. Les promoteurs, les bétonneurs, les agents immobiliers, les banquiers, les usuriers ont de beaux jours devant eux, ils vont pouvoir se gaver. Mais pour les autres, ça risque d'être moins rose. Les pauvres verront s'éloigner un peu plus loin de leur bourse leur petit El Dorado-Phénix. Les autres, grisés par une mesure en trompe-l'oeil, se lanceront dans la belle aventure pour devenir propriétaire d'un appartement en ruine et dans le plaisir fallacieux de la consommation effrénée. Ils s'endetteront parce qu'il y a des promos, parce qu'il veut « une France de propriétaires". Bel idéal. Quelle visionnaire!
14:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Woerth, mesures, crédit d'impôts, crédit immobilier
29.05.2007
Au secours Royal revient!
Moins glam que le yacht la Tunisie mais bon elle est que présidente de région aussi. Elle a perdu. Bien fait pour elle. Mais elle revient avec plus de niaque (si quelqu'un sait comment s'écrit ce mot... je suis preneur) que jamais. De la niaque (bis repetita) et de la rancune. Elle l'a mauvaise et puis c'est plus facile pour elle comme ça. Elle l'a mauvaise à cause des socialistes, à cause de tout cet appareil qui était contre elle. Diantre en voilà une bonne explication.
Alors que Jospin a fait porter toute la responsabilité collective sur sa frêle personne, par masochisme et par orgueil, madame Royal est dans le déni et la mauvaise foi. D'abord elle n'a pas perdu, non non. Ensuite, si elle a éventuellement perdu, ce n'est pas elle qui a perdu c'est le parti; vous y croyez à celle-là. Enfin si elle a perdu ce n'est absolument pas de sa faute à elle mais celle des autres qui ne l'ont pas laissé gagner; c'est dur la politique. Voilà, voilà. C'est à cause d'un parti qui n'est pas en ordre de marche derrière sa candidate et à cause des petites phrases.
C'est pas la première à dire ça. J'ai entendu chez Moati une journaliste expliquer que le problème était le parti socialiste. Qu'avant la désignation elle était plébiscitée et que c'est après que tout a dégringolé. Merci pour l'analyse! Sauf qu'il faut préciser qu'après l'investiture ce n'était déjà plus la même élection et que les médias qui la plébiscitaient l'ont précisément lâchée à ce moment là et que c'est aussi à ce moment là qu'elle a décidé de nous faire une belle série de boulettes et de propos incohérents... Les petites phrases n'étaient plus de mise à ce moment là. Le PS peinait à se faire entendre à ce moment là tout simplement parce qu'elle avait décidée que, puisqu'elle avait été adoubée et qu'elle était faite chevalier, elle n'avait plus à combattre pour son suzerain et sa maison mais qu'elle allait prendre ses distances... Enfin bref passons.
Le procédé est étrange. S'exonérer à ce point relève de la mauvaise foi politicienne la plus évidente. Elle revient donc mais c'est pour taper sur le parti de plus belle. Elle revient pour prendre la tête du parti mais avant, par ses petites phrases, elle veut l'enfoncer davantage dans la crise.
Et si le problème avait été sa candidature? Que ce serait-il passé si un autre avait été désigné? Je n'ai aucune sympathie pour la ligne politique de DSK mais que ce serait-il passé s'il avait été désigné? On ne peut pas faire de politique fiction mais je pense qu'il aurait gagné. Cette élection était loin d'être difficile pour la gauche mais il fallait une autre candidate. Elle dit que quelque chose s'est levé mais c'est un gros doigt d'honneur pour te dire de te tirer. Alors qu'on l'a supportée, malgré nous, malgré elle; madame vient nous jouer le rôle qu'elle affectionne, celui de la pauvre pauvre victime (victime du machisme de surcroît). Va falloir arrêter de nous pr endre pour des cons ma bonne dame. Putain de boulet! Le PS coulera avec elle s'il ne lui fait pas la peau vite fait bien fait. C'est peut-être pas le moment de se chamailler parce qu'il y a les législatives et tout ça mais si on ne la dézingue pas maintenant la fenêtre de tir risque de se refermer et on devra composer avec cette dame pendant encore de nombreuses années, avec son ordre juste, ses drapeaux à la con et son ton irritant au possible qu'elle a piqué dans les psalmodies des bonnes soeurs.
Ahhhhhh! Plusieurs mois que je me contiens. Putain que ça fait du bien.
18:53 Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Royal, PS, crise, défaite, présidentielles, législatives
28.05.2007
Et dans ce grand bonheur, je crains un grand revers
Des côtes d'amour indécentes. Historiques. Seul le général de Gaulle... Un état de grâce qui profite même au très sympathique et souriant Fillon. Les sondeurs sont unanimes, les journalistes jubilent.
L'amour, c'est de ça dont il s'agit. La séduction, c'est sur ce mode que la présidence Sarkozy fonctionne. Et vas-y que je te montre ma sympathique famille. Et voilà des photos de moi, de ma femme et de ma Skoda dans VSD. Regarde comme je porte bien le T-shirt NYPD ou FBI... Est-ce que tu m'aimes aussi dans l'effort, les muscles bandés. Mais toujours disponible pour signer un autographe. Chirac baisait, serrait; Sarkozy signe.
Et l'action? Des déplacements. Bouger c'est exister, courir c'est surexister. L'action mimée. Et ça fonctionne. Mais l'autre action la vraie, la besogneuse, l'invisible? Pas rentable. A court terme oui mais à long terme? On aura le temps de voir. On a des conseillers pour ça et des journalistes aussi. Ils connaissent leur boulot.
Oui mais on sait nous. Des millénaires de littérature nous l'ont appris. Pas de démesure! Elle est punie. Systématiquement punie. Homme ne t'élève pas au dessus de ta condition. L'hubris des Grecs. Plus dure est la chute. Plus cruelle. Au sommet de notre gloire. Imprévisible. Fillon, c'est le même qui avait atteint le record inverse. Côte de désamour record. Fortune, avec quelle légéreté tu te joues des destinées humaines! Le cycle est complet. A quand la grande descente aux Enfers?
10:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Fillon, popularité
27.05.2007
Un sondage qui montre qu'un vent mauvais souffle sur l'Europe
17:11 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : xénophobie, Europe, Conseil de l'Europe
25.05.2007
Europe: le mieux disant social
Les allocations chômage ? Ça suffit ! A Indipendenta, au sud-est de la Roumanie, les chômeurs recevront des chèvres en guise d’aide sociale. Ainsi en a-t-il été décidé par arrêté municipal. Chacune des trente familles concernées par ce projet aura droit à dix chèvres, importées de France et d’Autriche, rapporte le quotidien Adevarul. En contrepartie, les intéressés devront apporter à la mairie trois chevreaux sevrés par an. La municipalité les offrira ensuite par lots de dix aux jeunes mariés. Il n’y a pas de raison que les jeunes au chômage restent les bras croisés, alors que “les vieux s’échinent à bêcher, élèvent des animaux dans leur enclos et payent des taxes et des impôts”, estime le maire, Cristea Gascan. Pour l’heure, les réactions sont mitigées. D’aucuns sont heureux d’avoir une occupation et de pouvoir vendre du fromage dans les marchés communaux, d’autres préféreraient largement des espèces sonnantes et trébuchantes. Cristea Gascan donnera donc l’exemple : il s’est inscrit lui-même au programme, et montrera comment on s’occupe d’un cheptel. Et comme on n’est jamais trop prudent, un inspecteur s’assurera que les chèvres ne sont pas revendues par leur famille d’accueil – ou qu’elles ne sont pas passées à la casserole.19:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Courrier International, Roumanie, modèle social, Sarkozy, Fillon
24.05.2007
Assommons les pauvres
Pendant quinze jours je m'étais confiné dans ma chambre, et je m'étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans); je veux parler des livres où il est traité de l'art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J'avais donc digéré, -avalé, veux-je dire, -toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, -de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu'ils sont tous des rois détrônés. -On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un état d'esprit avoisinant le vertige ou la stupidité.
Il m'avait semblé seulement que je sentais, confiné au fond de mon intellect, le germe obscur d'une idée supérieure à toutes les formules de bonne femme dont j'avais récemment parcouru le dictionnaire. Mais ce n'était que l'idée d'une idée, quelque chose d'infiniment vague.
Et je sortis avec une grande soif. Car le goût passionné des mauvaises lectures engendre un besoin proportionnel du grand air et des rafraîchissants.
Comme j'allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l'esprit remuait la matière, et si l'œil d'un magnétiseur faisait mûrir les raisins.
En même temps, j'entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien; c'était celle d'un bon Ange, ou d'un bon Démon, qui m'accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n'aurai-je pas mon bon Ange, et pourquoi n'aurais-je pas l'honneur, comme Socrate, d'obtenir mon brevet de folie, signé du subtil Lélut et du bien-avisé Baillargé?
Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n'avait qu'un Démon prohibiteur; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d'action, un Démon de combat.
Or, sa voix me chuchotait ceci: «Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir.»
Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D'un seul coup de poing, je lui bouchai un œil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m'étant peu exercé à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d'une main par le collet de son habit, de l'autre, je l'empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j'avais préalablement inspecté les environs d'un coup œil et que j'avais vérifié que dans cette banlieue déserte je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.
Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d'une grosse branche d'arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l'énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un steak.
Tout à coup, -ô jouissance du philosophe qui vérifie l'excellence de sa théorie! - je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n'aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure, le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et avec la même branche d'arbre me battit dru comme plâtre. -Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l'orgueil et la vie.
Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d'un sophiste du Portique , je lui dis: «Monsieur, vous êtes mon égal! veuillez me faire l'honneur de partager avec moi ma bourse; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu'il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l'aumône, la théorie que j'ai eu la douleur d'essayer sur votre dos.»
Il m'a bien juré qu'il avait compris ma théorie, et qu'il obéirait à mes conseils.
18:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Baudelaire, poésie
R.I.P
"La famille social démocrate et ses proches ont la douleur de vous faire part de la mort de leur enfant Parti Socialiste. Il a succombé à une tumeur maligne causée par une maladie auto-immune. L'inhumation se fera dans la plus stricte intimité."
On a vraiment la gauche la plus bête du monde. Entre les traîtres qui quittent le navire et les traîtres qui se mutinent, le navire socialiste ne risque pas de tenir le cap très longtemps. Ennemis de l'extérieur et ennemis de l'intérieur. Le capitaine a du souci à se faire. Changer de capitaine en pleine tempête serait un peu difficile. François Hollande fait face. Seul. Il replie les voiles, tient le gouvernail, écope... Seul. Désespérément seul. Les autres sont trop occupés à échaffauder des plans de prise de pouvoir mais à l'échelle du parti seulement. D'ailleurs un succès du PS ne ferait que retarder sa refondation, sa modernisation, son ouverture (la liste des poncifs creux est longue)... Il faut se saborder. Ensuite chacun sera capitaine de son propre esquif, de son propre canot de sauvetage ou de sa propre planche, reliquat de la belle goélette.
Parti au bord de la crise de nerf. On ne veut même pas attendre que les législatives soient passées. trop risqué. Il risquerait de se remettre d'aplomb le culbuto. Ils pourraient limiter les dégâts mais trop risqué parce que la seule condition de la refondation c'est la destruction. TOTALE. C'est que des éléphants c'est difficile à faire bouger et ça a la peau super coriace. Ils ont quand même résisté à 2002, au non au référandum, à l'aventure ségoléniste... Là il faut quelque chose de plus costaud. Et ils préparent ça consciencieusement nos amis socialistes.
Qu'est-ce qui va sortir de la décomposition d'un corps aussi immense? Terreau fertile ou zone pestilentielle vouée aux dieux infernaux?
18:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, Hollande, législatives
23.05.2007
Réformes chaudes cet été
Il faut frapper fort et vite. Profiter de cette léthargie ambiante. Profiter de l'état de coma profond de l'opposition. Faire passer des lois phares sans contestation. Rien de mieux que la période estivale. En douce, ni vu ni connu. on sait qu'en plein mois de juillet la mobilisation est moins grande. La vigilence aussi. La faute à la chaleur sans doute qui ramollit les cher et anesthésie le nerfs. Préparez-vous donc à être réformés sec cet été.
Fillon fixe un calendrier prévisionnel.L'autonomie des universités? En plein mois de juillet. Il paraît que c'est parce que c'est la priorité des priorités. On peut aussi avancer l'hypothèse que Fillon garde encore un souvenir impérissable de sa dernière confrontation avec les étudiants et les lycéens. c'est qu'ils sont têtus les jeunes et en plus ils ont tout leur temps. Difficile de laisser pourrir une situation. Des irresponsables qui plus est, impossible de leur faire entendre raison. Et en plus pas prévisibles. Ils ne défilent pas toujours en rangs ordonnés en scandant des slogans courtois. Pour débuter un quinquennat ça fairait désordre. Surtout après les cris d'allégresse de la jeunesse qui sont venus rythmer l'élection triomphale de Sarkozy. Donc, l'été, pendant que les jeunes insouciants sont sur les plages en train de se faire bronzer ou plus probablement en train de faire la plonge dans une paillotte sordide pour un salaire de misère, on légifèrera pour eux. on leur concoctera de belles petites lois pour leur apprendre à travailler plus pour se faire exploiter plus.
Pour le service minimum? On laisse jusqu'à septembre aux organisations syndicales. Ultimatum. Après cela on impose. Les discussions porterons sur les modalités de la mise en place , pas sur la pertinence ou l'opportunité de le mettre en place. Promis on ne passera pas en force avant septembre. Monsieur est trop bon.
Contrat unique? Jusqu'à la fin de l'année. Pareil. Discutez. Si vous n'aboutissez pas, ce sera de votre faute. Nous nous verrons dans l'obligation de tout faire nous-même. Belle conception du dialogue social.
Sinon autre annonce mais qui n'a rien à voir. Après l'interdiction de cumuler, l'obligation de cumuler. Tout ministre qui ne sera pas élu lors des législatives devrait quitter le gouvernement. On enfonce le clou. Cette hypocrisie qui veut que la légitimité ministérielle soit fondée une soi disant légitimité populaire traduite par un mandat électif. On évacue la loi de non cumul mais de belle manière! En prenant l'exact contrepied.
Addendum (17h): Les syndicats refusent de se laisser imposer le calendrier et le premier à monter au créneau est Chérèque!
Addendum (18h45): Les syndicats d'enseignants du supérieur et les organisations étudiantes protestent contre le passage en force, pendant l'été.
12:25 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Fillon, lois, réformes





