29.06.2007

Bande à Bonnaud virée

 
 
 

28.06.2007

Quel beau métier professeur!

c4cb73e9a27735016b8ce0c41e7a8609.jpgEn dehors de la contrepèterie éculée et plus que douteuse, ce titre sonne de plus en plus faux. On ne cesse de proclamer à qui veut l'entendre que l'éducation est une priorité et que l'Etat n'a jamais mis autant de moyens pour arriver à faire du service public d'enseignement un havre de paix et de performance. Sauf que voilà, à nouveau, l'Education Nationale va payer un lourd tribu sur l'autel de l'efficacité et des économies... 10000 postes supprimés. Rien, ou presque, me diront les sarkolâtres bêlants et les Darcosophiles aveugles, en regard de la masse salariale totale de ce gros mammouth qu'est devenu l'Education Nationale. Oui mais cette suppression arrive après une longue liste de suppressions successives.

J'essaie de me souvenir et je n'arrive pas à retrouver la dernière année où l'on a annoncé une augmentation des effectifs de l'Education Nationale. Je n'y arrive pas. J'étais peut-être trop jeune ou moins concerné. Et qu'on ne ressorte pas des placards ministériels cette vieille rengaine des effectifs d'élèves qui baissent inexorablement et de la nécessité d'adapter le nombre des personnels à cette réalité incontestable et chiffrée et bla et bla et bla. Oui mais alors qu'on m'explique cette autre réalité tout aussi incontestable des classes surchargées et des professeurs débordés. Oui, qu'on m'explique.

Sauf que là le discours change. Discours pernicieux et qui risque de faire des dégâts parmi des personnels déjà passablement désorientés. On n'embauche pas mais c'est fête aux heures sup'. Travailler plus pour gagner plus. Acheter le silence par la perspective de gagner un peu plus. Les autres, les étudiants qui attendent, on s'en branle. Les précaires, on s'en fout. Et les élèves? Ben écoutez, fatigués comme on l'est après toutes ces heures sup', je crois qu'on pourra pas assurer de bons cours. Proches de l'épuisement professionnel mais on touchera plus... Le ministère sera content, ça coûtera moins cher... Et le privé de se frotter les mains.

Autre Darcoserie, assez drôle... Mais peut-être que je n'ai pas compris la portée du caractère révolutionnaire de l'annonce. Sur BFM-TV, il a répondu aux craintes de ceux qui ne voulaient pas que la disparition progressive de la carte scolaire ne crée une éducation à deux vitesses. Aucun risque, nous dit notre ineffable ministre, si tel était le cas les établissements les moins performants perdraient mécaniquement des élèves et s'ils n'ont plus suffisamment d'élèves, on les fermera et les élèves seront répartis sur les établissements les plus proches... Pourquoi n'y avions-nous pas pensé avant? C'est d'une simplicité confondante. On les ferme. J'ai pas compris. Révolution? Ou foutage de gueule?

"La Bande à Bonnaud" se fait la malle


podcast
La pétition initiée par l'excellent Chiwalou c'est toujours ici. Déjà plus de 14000 signatures et ce n'est qu'un début. Que vous l'ayez déjà entendue ou pas, cette émission , il faut se mobiliser pour le principe, non négociable, de la pluralité et de la liberté éditoriale. C'est bien de cela dont il s'agit. "Je suis viré pour refus d'obtempérer". Impertinence: délit majeur sur le service public actuellement. 

En tout cas ça ne passe pas auprès des auditeurs et des salariés de la chaîne. Une grève de 24 h a été lancée en solidarité et surtout en guise d'avertissement à la direction qui est tentée de faire une table rase de toutes les émissions critiques. Il serait cocasse que la radio se transforme en grande muette. Des émissions aux ordres. 

On met en avant, comme toujours, les résultats d'audience. Arme imparable. Sauf que l'on est sur le service public et, que je sache, la charte du service public audiovisuel repose sur d'autres impératifs que ceux, purement comptables et mercantiles d'audimat. Je crois que ce qui doit conduire le service public c'est, d'abord et avant tout, l'impératif qualitatif. Un mieux disant culturel. Que l'on laisse la course à l'audience aux radios qui n'ont d'autres buts que la profitabilité.  L'audience pousse les chaînes à mettre à l'antenne des gens aussi intéressants que Calvi. Je n'ai rien contre Yves Calvi si ce n'est qu'il est omniprésent et racoleur. Omniprésent parce que racoleur. Et que dire des intervenants qu'il invite, les éternels, les indéboulonables, les analystes-à-la-chaîne (surtout si elle est de télé)... Marre des cumulards.

Derrière cette calembredaine de l'audimat semble se cacher quelque chose de plus pernicieux. Calvi n'aura jamais de souci avec les chaînes. Les chaînes aiment Calvi. Pas remuant Calvi, pas critique, pas chiant. Il ne contrarie personne, n'attaque personne (d'important s'entend), et donc laisse tout le monde indifférent. Il en va autrement de certains trublions qui ont osé ô crime suprême titillNicolas le petit... Paranoïa, peut-être? En même temps c'est pas Drucker qu'on irait faire chier... Je dis Drucker, j'aurais pu dire un autre... Mais Drucker c'est plus parlant. Une télévision et une radio qu'avec des Drucker, démultipliés à l'infini, des Drucker qui s'excusent toujours après une sortie jugée trop impertinente du poil à gratter fait maison du moment Gerra, Canteloup ou un autre, Drucker qui sert la soupe comme pas deux, Drucker qui vous invite toute une après-midi sans vous poser de question, vous laissant carte blanche pour vendre disques, programmes, lessive... Ce monde-là est possible. Ce sera la France d'après Bonnaud, Mermet, Schneidermann...

26.06.2007

Mini, mini, mini; tout est mini dans notre vie

6b5b37c4a9bff994f93972e33f68db9a.jpgJe n'ai pas entendu beaucoup de commentaires sur cette appellation de « mini traité ». En fait je me rends compte que je n'ai pas entendu beaucoup d'analyses tout court sur ce traité. Rien en tout cas de commun avec le projet de constitution européenne. Rendez-vous compte, on est passé d'une constitution à un mini-traité et presque personne n'en parle. Si, juste pour dire à quel point Sarkozy a été habile pour "arracher", à tout le reste de l'Europe réunie, ce traité et pour glorifier son sens de la diplomatie. Il s'est enfermé avec certains représentants européens pendant des heures! Quel homme!

Que dire du « mini traité »? Ce qu'il contient, je serais bien en peine de vous le dire mais ce nom m'interpelle. Un mini traité pour un mini président. Mini, avouez que c'est sexy, mignon ... en tout cas ça ne fait pas peur. Comment avoir peur d'un mini-quoi-que-ce-soit. Un mini truc, ça passe forcément. Pas comme un projet de constitution. Là, y a danger. Pour le mini personne ne se méfie, forcément. Et puis comment refuser quelque chose qu'on a eu tant de mal à arracher.

Mini c'est aussi minimum. Accord a minima. Si l'on n'est pas d'accord même sur le minimum, il serait vain de vouloir continuer à construire l'Europe. Le minimum vital pour que cette belle aventure continue. Les europhobes penseront avoir échappé au pire et les europhiles se diront que c'est déjà une première victoire... Tous soulagés en somme. Psychologiquement ça compte. Est-ce que ça réglera vraiment les problèmes de l'Europe? Bien malin qui pourrait le dire...

Mini, pas besoin de consulter la base. Un truc de rien du tout. On va quand même pas référender pour ça. Surtout qu'il faut aller vite. On a assez perdu de temps.

Et si on en voulait pas de ce mini traité, de ce traité a minima qui éloigne le rêve d'une véritable constitution équilibrée et réfléchie, quitte à la faire adopter par un noyau dur. Avec de vrais droits sociaux dedans, avec une vraie charte de protection des services publics, avec (on peut rêver) un rejet de l'ultra libéralisme... Ce contenter d'un minimum c'est peut-être éteindre définitivement le peu de souffle qui restait de ce projet ambitieux et grandiose qu'était la construction de l'Europe. Accepter à nouveau le repli sur soi et l'absence d'idéal commun, de projet commun. C'est pas avec un mini-traité que les gens vont adhérer à l'Europe. C'est pas grâce à des passe-passe de communication et des illusions techniques que l'on va redonner foi en l'Europe. On sera cités dans l'Histoire comme les fossoyeurs de l'Europe.

24.06.2007

Des idées pour Sarkozy (suite)

Venir au monde au son de l’hymne national : tel est le privilège des bébés nés le jour de la fête de la Russie à Oulianovsk, dans l’ouest du pays. La natalité est en chute libre dans la fédération : la population russe ne se renouvelle plus. Soucieux de repeupler la nation, le gouverneur de la région d’Oulianovsk a permis aux fonctionnaires d’arrêter le travail le 12 septembre dernier. Leur mission ? S’atteler à la tâche pour enfanter autour du 12 juin, jour de la fête nationale. Ce volontarisme porte ses fruits. Au dire de l’administration, le nombre de naissances a été multiplié par trois par rapport à l’année précédente.
 
                        Insolites du Courrier International.
 
 
 
 
Travailler moins pour baiser plus au son de la Marseillaise: la seule solution pour renforcer l'identité nationale et se passer durablement de l'immigration.

22.06.2007

Divines coïncidences

Le hasard c'est Dieu qui se promène incognito. L'affaire SNCF, alors qu'on discute de la mise en place du service minimum. Hasard? Peut-être mais ça tombe bien. Sa majesté le hasard a fait les trois quarts de la besogne pour monsieur Sarkozy. Et le Figaro aussi qui a eu le scoop et qui a révélé l'affaire. Tout pour faire du bruit. Un paradis fiscal: l'île de Mann. Des salaires qui semblent mirobolants: jusqu'à des 8000 euros! De quoi faire frémir le smicard. Les parachutes dorés à côté c'est de la gnognotte, nous fait-on croire. Ce qui est drôle c'est que personne ne remet en cause la légalité de l'affaire. une affaire de sous-traitance qui expatrie des salariés SNCF ou des retraités SNCF. Peut-être pas très moral mais tout semble légal. En tout cas c'est cocasse de voir le Figaro pousser des cris d'orfraie et de vierge effarouchées. Et si ça peut mettre en cause de manière polémique les agents de la SNCF, leurs syndicats, les retraités et leur régime spécial, c'est un dommage collateral bien sûr. Rien à voir avec une cible principale. On voit vraiment le mal partout quand on est de gauche.  Service minimum, réformes des régimes de retraite: trouver le moyen d'assommer les agents et de museler les syndicats serait le bienvenu...

 

Quand Sarkozy s'invite chez vous

Parions que nous allons souvent assister à cet exercice. Sarkozy va s'inviter régulièrement dans le poste de télé. Une heure, quand ça lui chante. Il est à la télé chez lui. Et surtout à TF1. A moins que ce ne soit TF1 qui se déplace avec ses deux journalistes vedettes. Une petite suggestion: la prochaine fois prenez Roselmack avec vous. Sarkozy s'était vanté d'avoir demandé directement à Bouygues son embauche. Et puis ça renforcerait l'effet minorités très visibles au gouvernement. Les autres chaînes n'étaient pas conviées. TF1. Berlusconisation?

Pour le reste on peut pas dire que Sarkozy ait fait dans la sobriété. Le décor. Les ors de la République. Majesté-Sarkozy parle au bon peuple de France. Surchargé le décor. Sarkozy n'en a cure. Il veut en mettre plein les yeux. Il pavoise. Il est sur la scène. C'est lui désormais.

 Du coup il se lâche un peu. Plus de contrôle. Volontiers désobligeant. Il enfonce le pauvre journaliste belge qui pourtant s'était excusé en l'attaquant façon cour de récré :"c'est celui qi dit qui est." Une polémique digne d'un président. Malheur aussi à PPDA qui le taquine très gentiment en le comparant à un enfant. Réponse: "c'est toi le...". Décidément ça vole haut avec notre nouveau président.

Il se lâche tellement qu'il en oublie son latin. Rendez-vous compte un juriste qui dit ab nominem. Rho. Le nul en thème. Rho. Le cancre. Un juriste connaît ses locutions latines sur le bout des doigts. L'attaque est ad hominem. Contre l'homme, contre la personne. Ab nominem. Barbarisme. Ab+accusatif. N'importe quoi. :-)

Si on peut lui pardonner pour le latin, serons-nous aussi indulgents avec le français? De beaux accords passés à la trappe. Je crois que ça a été relevé ça. 

En même temps il nous aura prévenu: je ne suis pas un intellectuel. Y a pas de quoi se vanter. Populisme que tout cela? Pas si sûr parce qu'il le prouve. Y a qu'à voir sa rhétorique faible et répétitive. il n'y a qu'à voir sa capacité de raisonnement. En même temps vous me direz qu'on l'a élu justement pour ça. On dit que c'est pas un techno. D'accord mais il pourrait au moins maîtriser la langue, en bon avocat. Il pourrait maîtriser l'art de la rhétorique. Il pourrait maîtriser la logique... La France a-t-elle le président qui lui ressemble? On est mal. Et dire qu'on se moquait de Bush sur un air de: "les américains doivent être de fieffés benêts pour avoir élu un président aussi inculte et aussi profondément débile..." Ouais. No comment.

21.06.2007

Appel: sauvons la Bande à Bonnaud

Parce qu'il faut défendre la  bio-diversité de notre PAF et parce  le désert culturel ne doit pas croître, il faut défendre les bonnes émissions, celles qui ne prennent pas les auditeurs-spectateurs pour des consommateurs potentiels et qui ne se contentent pas d'être pourvoyeurs de temps de cerveau disponible pour les annonceurs. Vous connaissez les déboires d'ASI, vous, heureux lecteurs de blogs mais peut-être que les déboires de l'émission radiophonique "La Bande à Bonnaud" sur France Inter vous ont échappé. Mêmes causes, mêmes effets. Ce serait bien qu'un mouvement se crée aussi pour soutenir cette émission qui mérite de l'être. Une pétition a été lancée. Vous pouvez la trouver chez l'excellent Chiwalou à l'adresse suivante.

Pour finir de vous convaincre, sachez que si l'émission est déprogrammée, les auditeurs de France Inter seront obligés de subir le déjà omniprésent Yves Calvi. Alors? Serez-vous assez sadique pour faire subir ça à des milliers d'auditeurs? 

Et c'est reparti

Et quelle stratégie choisit-elle? La même que celle qui lui a tant réussi. Prendre le parti par l'extérieur. Prendre le parti en critiquant le parti. Prendre le parti à coup de déclarations iconoclastes. Attaque contre les 35h, attaque contre le smic à 1500 euros. Irréalisables. Manque de crédibilité. Et de rajouter que les 1500 euros seraient atteints de manière mécanique très bientôt. Et les 35 h, si je ne m'abuse c'est déjà mis en place. Irréalisable donc et manquant de crédibilité. L'essentiel n'est pas là, le tout est de s'attaquer frontalement au parti pour prendre le parti.

Et de rechanter son petit refrain. Si elle a perdu c'est à cause de ce programme rétrograde, d'un autre âge. C'est parce qu'elle a dû défendre un programme auquel elle ne croyait pas. Irréalisable, absence de crédibilité. Logique de se faire le porte drapeau de troupes dont on ne veut pas et de défendre des valeurs auxquelles on ne croit pas. Logique de s'acharner à détruire un parti dont on veut prendre la tête. 

Elle veut que l'on consulte vite les militants. Elle croit avoir un lien charnel avec eux. Elle veut que l'on donne largement la parole à ces militants qui l'ont plébiscitée il y a peu. Elle ne veut pas attendre. Attendre c'est s'exposer au risque que les choses évoluent. Allez savoir s'ils l'aimeront dans 1 an les militants. D'ici là les méchants éléphants auront eu le temps de réagir et qui sait de la mettre hors jeu. C'est si vite arrivé un mauvais coup. Il faut faire vite. Elle s'y attelle. A l'énergie, comme d'habitude, à l'usure, au culot.

Une question: les militants se laisseront-ils une nouvelle fois avoir par ce simulacre de nouveauté? Tomberont-ils dans la rhétorique éculée de la nouveauté contre l'archaïsme? Autrement dit: reste-t-il un bout de jugeotte au militant socialiste ou ne reste-t-il rien à espérer de ce côté-là? 

 

20.06.2007

Sarkozy: le président à qui l'on peut parler

Le Pen a été reçu par celui avec qui l'on pouvait parler. Les journalistes ont beau rappeler ( et c'est peut-être leur job) qu'il y avait eu des précédents sous Poher -rendez-vous compte, 1969 et 1974!- il s'agit bien là d'une grande nouveauté. Le Pen reçu à l'Elysée. "Geste démocratique", nous souffle l'Elysée. "Geste démocratique" reprend en choeur les journalistes. Allons pour geste démocratique. Sarkozy queqlqu'un à qui on peut parler. Le Pen quelqu'un à qui on peut parler.

Ouverture de Sarkozy mais pas vers tout le monde. De grands oubliés: les Verts. Hollande rappelle, à juste titre, qu'ils sont plus intégrés dans le jeu démocratique que ne l'est le FN. Qu'ils sont représentés au Sénat et à l'Assemblée et surtout au parlement europééen, puisque c'est une consultation politique avant un sommet européen. Sarkozy ne s'arrête pas à ce genre de détails. Le Pen pèse plus que les Verts. Les Verts on s'en fout. CQFD. Et puis les Verts on ne peut pas leur parler. Des gauchistes! Beau geste démocratique...

Résultat. M. Sarkozy (est-ce nouveau?) a plus d'affinité avec Le Pen qu'avec les Verts. Est-ce lui faire injure?

L'essentiel n'est-il pas finalement que cette rencontre est une rencontre dont on va parler?

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