28.11.2007

Voilà, voilà que ça recommence

On prend les mêmes (ou presque) et on recommence. A ma gauche les racailles banlieusardes énervées, à ma gauche les schmidts sarkozysés et dopés à la politique du chiffre, au centre, et faisant office d'arbitres impartiaux (sic), les journaleux scribouillards et preneurs d'images en tous genres...

 

Deux jeunes morts à cause de la fatalité qui a fait que la trajectoire aléatoire de leur mini moto rencontre une autre trajectoire tout aussi aléatoire, celle d'une voiture de police qui patrouillait dans les parages. Accusez la mini moto, cette nouvelle plaie des banlieues, presque pire que la plaie que constituaient les pitt bulls et autres chiens d'attaque. Accusez la conduite quelquefois un peu sportive de ces autres amoureux des armes, des grosses cylindrées et autres instruments à beaufs décérébrés: nos amis les poulets. Accusez le sort qui a fait que ces deux espèces se rencontrent. A votre guise. Choisissez votre camp, camarades.

 

Toujours étant que comme les mêmes causes donnent toujours les mêmes effet: la banlieue s'embrase. Et ce jusqu'à Toulouse. Après la contagion on évite d'en parler, personne ne la souhaite, on n'en parle pas.

 

Les constats? Toujours les mêmes puisque rien n'a changé. L'étincelle change. Ou si peu. Pétaudière.

 

On loue la gestion du gouvernement. Du tact et du doigté. Tu parles une meilleure emprise sur les journalistes, c'est suffisant. Amplement. Et d'ailleurs ils font encore plus corps avec les flics. Volens, nolens. Ils sont pris à parti, comme les bleus. Raison de plus pour houspiller les racailleux.

 

Et voilà de nouveau le phantasme de la banlieue organisée pour foutre la pagaille. Et voilà à nouveau les termes de "guérilla", "caches d'armes", "donneurs d'ordre"...Qui refleurissent. Rien n'a changé.

 

 

Oublié le fait qu'en 2005 les enquêtes avaient montré que la très grande majorité des émeutiers étaient inconnus des services de police. Oublié le fait qu'en 2005 aussi on était allé un peu vite en besogne en disant que derrière toutes ces violences il y avait des organisations occultes. Jusqu'au fantôme d'Al Kaida... Oubliée la prudence... 

 

 Ah! si pardon! prudence il y a quand il s'agit de dédouaner les condés. Ben oui vous comprenez faut être raisonnable... On ne peut pas attiser le feu en faisant des déclarations hâtives... Par contre qui s'occupe de réfréner les ardeurs de ceux qui sont prompts à agiter les phantasmes qui alimentent encore plus la haine de l'autre et qui construisent les ségrégations de demain? Qui s'occupe de rappeler à l'ordre ceux qui font le lit du racisme le plus crade et le plus abject? J'attends...

 

 

Rien n'a changé.  Rien. Les mêmes constats. où sont les promesses? Au fait les urgences, ça en est où? On sait pourtant aller vite quand il faut... Si je vous assure, le gouvernement agit... Vous ne l'avez pas remarqué? Si si! Le strès riches en ont déjà profité et les très pauvres en pâtissent déjà. Les urgences, ne vont pâs vers les plus pauvres... C'est ce qu'on appelle un choix politique. Les choix politiques ça se paie un jour ou l'autre. Là ça a été un peu rapide c'est tout... On paie cash. Quoique on pourrait quand même penser que 2 ans c'était suffisant pour une urgence. Largement le temps ils avaient... 1 mois pour accorder des largesses à sa base électorale... 

 

 

Et maintenant quoi? Y a pas de raison que ça s'arrête, si? La révolution, non, la révolte oui. Spontanée, violente, destructrice, désespérée. Des gamins, des moins gamins... Et finalement on se dit que si c'était ce qui est décrit ça pourrait être pire... Des armes? Des grenailles et de la chevrotine... C'est déjà bien... mais heureusement qu'il n'y a pas vraiment des vraies armes en banlieue, sinon ce serait un carnage...

 

 Fadela? Tu es là?

 

La justice, Rachida?

 

Rama, passe-moi le plat!  

 

Vous reprendrez bien un peu de dessert? 

 

 

19.11.2007

France d'en haut/France d'en bas

    Pour ceux qui pensaient que cette dichotomie n'avait pas lieu d'être, pour ceux qui adeptes de la complexité et de la nuance se perdaient en arguties oiseuses; pour tous ceux là, la limpidité de ce qui se passe aujourd'hui saute au visage: la France d'en bas dit merde à la France d'en haut. Oui ça sent pas très bon de présenter les choses comme ça, oui ça semble simpliste, mais non ce n'est pas si erroné que ça. Le réductionnisme n'est pas un simplicisme.

    De là à remplacer France d'en haut par classe dirigeante et France d'en bas par classe prolétaire ou prolétarisée sous toutes ses formes il n'y a qu'un pas que vous pouvez ou non décider de franchir. Cette dichotomie n'oppose pas seulement le gouvernement et le reste de la France, n'oppose pas seulement le parlement et le peuple, mais oppose aussi les informateurs et les informés (une manière idiote de dire les journalistes et leurs clients, les consommateurs d'informations que nous sommes), les partis politiques et leurs militants (surtout dans la gauche molle), les centrales syndicales et leurs syndiqués... Quand on y pense ça fait beaucoup.

    C'est une véritable crise de la représentativité mais pas dans le sens où on l'entend souvent pour attaquer de manière un peu basse les gens qui tentent malgré tout de défendre l'intérêt commun mais dans la mesure où non seulement les aspirations des uns et des autres sont incompatibles mais aussi dans la mesure où la vie des uns et des autres sont aussi incompatibles. C'est cette différence fondamentale qui fait qu'il y a une incommunicabilité entre le haut et le bas. La relation entre les deux parties se vit plus sur le mode du fantasme que sur un mode faussé par le ressentiment. On est peut-être à un de ces moments clés où les choses se cristallisent. Ce phénomènes n'est certes pas nouveau mais il se répète avec une similitude désarmante. Le cocktail est prêt; ne manque plus que la mèche.

    Une société de violence à tous les niveaux, voilà ce qu'on nous prépare. Le conflit assumé de part et d'autre. Cela donne des scènes que l'on croyait derrière nous. Des coups entre étudiants, des insultes y compris entre un président de la République et un ouvrier de la pêche, des CRS à l'assaut des facultés frappant sansdiscernement (comme toujours) et forçant, dès les premières heures, les piquets de grève... L'envie d'en découdre.  


08.11.2007

C'est chiant le réel

00de53022d187f141afd15e72ee56708.jpegRattrapé par le réel. Eh oui c'est têtu le réel et ça ne plie pas comme ça face à la volonté individuelle. Et dans ce truc gluant qui vous empêche de vous élever, plus on se débat plus on s'y prend, comme un oiseau mazouté. Sarkozy est en pleine marée noire.
 
Face aux cheminots, il perd son bagout, ses fiches et le sens des réalités... Il ne maîtrise pas son sujet et fait une véritable et belle boulette. C'est que les sujets il faut les bosser et ne pas céder à la facilité. Oui c'est rai petit Nicolas tu as des capacités et tu t'en sors souvent bien mais il faut faire gaffe quand même. La tchatche de vendeurs d'aspirateurs ne fait pas tout, ni les tours de passe-passe de l'ex bavard... Les contre vérités ça se relève surtout quand c'est pas à des journaleux que tu t'adresses mais aux principaux concernés par tes décisions.
 
Et que dire de sa rencontre avec les pêcheurs? Oui c'est sûr qu'à la fin il a été bien accueilli et pour cause il leur en a fait des cadeaux... Est-ce que ça vous satisfait? Tu parles que ça les satisfait; ils ne croyaient même pas en obtenir autant. Maintenant il ne se déplacera plus s'il n'a pas de bonnes nouvelles à annoncer. C'est notre Oprah Winfrey à nous. Faire le tour du pays avec des caméras pour faire des cadeaux. Le peuple ne pourra plus le prendre à parti ainsi... Tu m'étonnes qu'il essaie de prendre de vitesse son premier ministre! De belles images, ça se partage pas. A Fillon la rigueur à Sarkozy le dialogue et les cadeaux. Père Fouettard, Père Fouettard.
 
Mais il faut avouer que son entrée en matière était assez calamiteuse. Certains médias on eu beau édulcorer, retrancher, masquer, les images ont filtré. Et pour un homme d'image comme lui c'était une véritable mise à mort. Le voir lui, l'homme de contact en difficulté face à une foule hostile, éructant des "140%" (en réalité il s'agit de 173% et beaucoup l'ont rectifié...) des "enculé" (pas très élégant mais le peuple est comme ça assez direct et peut-être qu'il appelle un chat, un chat, sans complexe quoi...). C'est vrai que ça la fout mal.
 
Le moment le plus drôle n'est pas le moment où il a failli dire à celui qui le trait d'enculé: "Descends un peu si t'as couilles" avant de bredouiller devant l'énormité de la chose, devant le poids et la dignité de sa fonction... Oui la dignité, cette chose à laquelle il pense très peu... Donc le moment le plus drôle c'est pas ce moment où il a tenté de renouveler le fameux coup dit de "racaille" au moins aussi connu désormais que le coup de Jarnac... Ce n'est pas le moment le plus drôle parce qu'il a un air de déjà-vu. Le moment le plus drôle c'est quand il a dit à la foule en colère cette phrase pleine de vacuité et de puérilité "Ouais mais moi je viens au moins!" Et qu'il s'est entendu répondre par un pêcheur débonnaire et habitué à se confronter aux éléments déchaînés "mais monsieur le président il ne s'agit pas seulement de nous c'est toute la France qui crève la bouche ouverte" (je cite de mémoire et j'espère que je n'ai pas perdu le sens de cette réplique magnifique...) Il l'a un peu cassé comme diraient nos amis jeunes. Il a remis à sa place celui qui prétend régler tous les problèmes par sa présence magique.
 
Peut-être que Nicolas Sarkozy l'a pris comme une invitation à aller dans tous les petits patelins dans un tour de la France profonde pour faire un stage de France réelle, pour entrer dans le vif du réel. Osera-t-il aller devant les étudiants? Je veux dire les vrais étudiants pas des petits fils à papa en école de commerce et qui trouvent que décidément rien ne va plus parce qu'on les empêche de travailler en multipliant les AG et que la police ferait bien de s'occuper un peu plus de leur sécurité et de leur droit à étudier en paix... Osera-t-il aller au devant des profs? Vous me direz qu'ils sont réputés plus policés que les poissonniers et les poissonnières connus pour leur langage fleuri mais rien n'est aussi sûr... Au langage de violence, on ne peut répondre que par la violence... A la dignité du propos on répond par unpropos digne. Enfin je crois. Sarkozy devrait méditer sur le sujet. Mais c'est vrai que la dignité et la discrétion ça ne fait pas de bruit et ça passe inaperçu. En plus d'Oprah notre président a quelque chose d'Ali G.

07.11.2007

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