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19.11.2007
France d'en haut/France d'en bas
Pour ceux qui pensaient que cette dichotomie n'avait pas lieu d'être, pour ceux qui adeptes de la complexité et de la nuance se perdaient en arguties oiseuses; pour tous ceux là, la limpidité de ce qui se passe aujourd'hui saute au visage: la France d'en bas dit merde à la France d'en haut. Oui ça sent pas très bon de présenter les choses comme ça, oui ça semble simpliste, mais non ce n'est pas si erroné que ça. Le réductionnisme n'est pas un simplicisme.
De là à remplacer France d'en haut par classe dirigeante et France d'en bas par classe prolétaire ou prolétarisée sous toutes ses formes il n'y a qu'un pas que vous pouvez ou non décider de franchir. Cette dichotomie n'oppose pas seulement le gouvernement et le reste de la France, n'oppose pas seulement le parlement et le peuple, mais oppose aussi les informateurs et les informés (une manière idiote de dire les journalistes et leurs clients, les consommateurs d'informations que nous sommes), les partis politiques et leurs militants (surtout dans la gauche molle), les centrales syndicales et leurs syndiqués... Quand on y pense ça fait beaucoup.
C'est une véritable crise de la représentativité mais pas dans le sens où on l'entend souvent pour attaquer de manière un peu basse les gens qui tentent malgré tout de défendre l'intérêt commun mais dans la mesure où non seulement les aspirations des uns et des autres sont incompatibles mais aussi dans la mesure où la vie des uns et des autres sont aussi incompatibles. C'est cette différence fondamentale qui fait qu'il y a une incommunicabilité entre le haut et le bas. La relation entre les deux parties se vit plus sur le mode du fantasme que sur un mode faussé par le ressentiment. On est peut-être à un de ces moments clés où les choses se cristallisent. Ce phénomènes n'est certes pas nouveau mais il se répète avec une similitude désarmante. Le cocktail est prêt; ne manque plus que la mèche.
Une société de violence à tous les niveaux, voilà ce qu'on nous prépare. Le conflit assumé de part et d'autre. Cela donne des scènes que l'on croyait derrière nous. Des coups entre étudiants, des insultes y compris entre un président de la République et un ouvrier de la pêche, des CRS à l'assaut des facultés frappant sansdiscernement (comme toujours) et forçant, dès les premières heures, les piquets de grève... L'envie d'en découdre.
09:48 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lutte des classes, grèves, réductionnisme, France d'en haut, France d'en bas





