29.07.2008
On ne choisit pas sa famille?
14:23 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe val, gauche, droite, charlie hebdo
27.07.2008
Aux racines du mal
Et si le fautif était Patrick Gaubert? L'amalgame incriminé était déjà présent chez ce notable insoupçonnable. Voilà comment Christophe Ayad et Antoine Guiral, qui faisaient le compte rendu de la visite de Sarkozy en Israël avec ce titre ambigu: "Sarkozy comme chez lui en Israël",retranscrivaient les propos de Patrick Gaubert, président de la LICRA: "Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, assure n’avoir jamais parlé de ces questions avec lui. «Nous partions parfois en vacances ensemble avec une bande de copains juifs à moi, mais ne parlions jamais de religion.» Il remarque qu’aujourd’hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. «Dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient», s’amuse-t-il." Cela signifie que le procès que l'on fait à Siné est un procès d'intention dans sa plus pure définition. L'intention de P. Gaubert ne pouvait pas être mauvaise et lui peut s'amuser de tout ça (cf. "s'amuse-t-il) mais Siné ne peut qu'avoir des intentions mauvaises puisque M. Askolovitch et Val en ont décidé ainsi.
D'ailleurs l'article est plein de remarques qui ne pourraient que difficilement être reprises telles quelles, sous peine d'accusation d'avoir des visées et des pensées malhonnêtes. Le philosémitisme de M. Sarkozy, par exemple, qui est évoqué sans complexe, de même que les liens personnels qu'il a réussi à tisser avec les juifs de France et d'ailleurs (notamment des Etats Unis et d'Israël), de même que les que les références à son histoire familiale et à son ascendance... Toutes ces remarques, décontextualisées, pourraient sentir la poudre. Alors de choses l'une ou l'on s'interdit, TOUS de faire et surtout d'écrire de telles choses ou alors on l'autorise mais pas de demi mesure qui entretient un sentiment, très dangereux pour tout le monde, de "deux poids, deux mesures", formule contraire à toute idée que l'on peut se faire de la démocratie.
15:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gaubert, siné, sarkozy, antisémitisme
26.07.2008
Siné sème sa zone sur le net
Et si internet devenait, malgré ce qu'en pensent certains, le refuge de la liberté d'expression? C'est en tout cas un peu mon sentiment quand je vois d'une part la mobilisation spontanée qui a émergé après l'affaire Siné/Val/Askolovitch... C'est aussi mon sentiment quand je vois que des gens tricards de différents médias trouvent un refuge, encore précaire, sur la toile. C'est enfin mon sentiment quand je vois certains blogs de qualité fleurir, tenus par des anonymes, des sans grades donc des sans nom. L'anonymat n'est pas une lâcheté mais plus certainement le fruit de notre système médiatique qui ne met en avant que certaines signatures, gonflant ainsi que des baudruches des ego qui ne demandent qu'à s'étendre. Et puis même signés les articles resteraient anonymes parce qu'ils sont faits par des anonymes... Que l'on signe Pierre Jean ou Comité de Salut Public fait-il vraiment la différence? Qui connaît Pierre Jean? (Je précise que CSP ne s'appelle pas Pierre Jean. Je l'ai choisi comme exemple parce que j'aime son style et aussi ses idées. J'aurais pu choisir Manu qui s'appelle effectivement Manu dans la vraie vie mais on n'est pas plus avancé sur son identité...) Et d'ailleurs si on veut contacter ou confondre les auteurs des blogs, il ne faut pas beaucoup se fouler. L'anonymat n'est que relatif, mieux, il n'est qu'un leurre.
Mais revenons à notre sujet. Certaines plumes et anciennes gloires certains journalistes-de-la-télé ont trouvé un second souffle sur le net... Des journalistes de la presse papier ont aussi trouvé dans le blog un moyen souple d'exercer réellement leur métier, en dehors des piges de commande que leur font leurs journaux, en cassant le sceau du secret auquel les soumet leur rédaction... Pensez-y et des noms viendront facilement. S ans parler des collectifs et des authentiques rédactions qui se sont montées juste pour et par le net. Là, c'est au tour de Siné, qui, viré comme un malpropre, se crée un petit coin à lui, pour publier ses chroniques et aussi sûrement pour tenir les gens qui l'aiment et le soutiennent des évolutions de cette affaire quand le soufflet médiatique sera tombé. Il fait bien parce qu'il y a des gens qui aiment bien le lire et qui trouvent ce qu'il écrit drôle. Si si ça doit exister même si on prétend le contraire. Longue vie à son blog et longue vie à toutes les niches de liberté iconoclastes qui fleurissent ça et là. On est quand même loin des brèves de comptoirs ou du café commerce... Ou, pris autrement, on en est au moins aussi proches que dans les journaux officiels et qui ont pignon sur rue... Les éditorialistes et autres chroniqueurs nous l'ont suffisamment montré ces derniers temps.
Vive Siné.
20:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : siné, blog, liberté d'expression, blogosphère
Pauvre Adler! Pauvre France!
Oui, je sais, je n'aurais pas dû. J'en avais assez lu des torchons . Joffrin, déjà, hier, ça a été une vraie souffrance. Je pensais que la brochette était au complet et qu'on en finirait avec les interventions outrées et outrancières de nos éditorialistes omniprésents. Et ce matin, en pianotant "Siné", je tombe sur la réaction toute fraîche de l'ami Adler dans les pages débats du Figaro. Je vous avouerais aussi que je ne m'y aventure que très peu. C'est un milieu hostile. Ces marécages insalubres et pestilentiels peuvent vous faire attraper le palu en moins de deux. J'ai donc essayé de m'y exposer le moins possible. Malgré ça, je crois que j'ai été atteint. La fièvre et une sensation persistante malgré la prise répétée d'anti émétiques.Adler! Adler est un récidiviste! Il en avait déjà parlé de l'affaire! Sur France Culture. Dans sa fameuse rubrique sur la politique internationale. L'affaire Siné, priorité absolue dans l'actualité internationale. Et au Figaro quel est son rôle? Chroniqueur spécialiste de la géopolitique...
Alexandre Adler partage
sa vision géopolitique
d’un événement."
Verba volant, scripta manent. Ce n'est plus tout à fait vrai, la preuve, mais Adler est d'une autre génération (mais je ne l'accuserai pas de gâtisme) et il s'est cru obligé de nous infliger un écrit plein des mêmes raccourcis, des mêmes généralisations abusives et de la même pensée dont il fait preuve. Son système, son crible, sa grille de lecture? Tout le monde il est antisémite. Dès le titre, il annonce la couleur. L'injustice faite à Siné est une nouvelle occasion pour lui de répéter sa rengaine. "L'antisémitisme, ciment du vertige identitaire."
Ca a commencé comme ça: " L'antisémitisme est une bien vilaine chose, même sur le plan esthétique, si l'on oublie Wagner et Céline ; en tout cas, sur le plan moral et, bien souvent, sur le plan politique, malgré les satisfactions que certains y cherchent à court terme. Mais si l'on accepte un point de vue plus immanent que transcendant, on y verra surtout les vertiges et les trébuchements de sociétés, au demeurant forts diverses, qui sont en train de perdre leurs repères essentiels." Déjà on comprend rien. Est-il besoin de commenter? L'antisémitisme dans l'ouvre de Céline, je vois à peu près... mais dans l'oeuvre de Wagner, je vois plus difficilement. Wagner était notoirement antisémite mais est-ce que ça transparaît dans ses oeuvres, j'avoue que j'en sais rien, n'étant pas grand amateur de Wagner. Après je vois à peu près ce que veulent dire "immanent" et "transcendant", parce que j'ai suivi, d'une oreille distraite, des cours de philo en terminale, mais j'avoue encore mon ignorance quant au sens à leur donner dans ce contexte précis. Je vois bien qu'on essaie d'en imposer encore une fois non seulement par des références artistiques et esthétiques mais aussi par le recours à des concepts très abstraits, pour le reste, je ne comprends pas très bien le propos. C'est peut-être de ma faute (ou pas) et si quelqu'un avait la charité de m'éclairer, je lui en serais reconnaissant.
Le plus triste c'est que c'est à partir de ce fatras incompréhensible du début qu'Adler nous propose d'examiner l'affaire Siné. "Examinons donc, sous cet angle, l'affaire Siné." La mise en perspective de l'affaire, je veux bien mais encore faut-il que la perspective ait un quelconque sens. Toujours est-il que c'est grâce àl'appui précieux des concepts d'immanence et de transcendance qu'il a mis en place dans ce qu'il est convenu d'appeler son introduction qu'Adler peut affirmer tout de go: " Il ne devrait pas y avoir le moindre doute sur le caractère antisémite des propos de l'auteur." Alors c'est la transcendance ou l'mmanence qui lui permet de dire ça? Je devrais le soumettre au vote des mes rares lecteurs et faire un petit sondage express...
Il poursuit en rappelant ce que l'avocat Goldnadel avait mis opportunément au jour, à savoir que Siné a été condamné par le passé pour antisémitisme. Je ne sais pas exactement quand... Toujours étant le mot antisémitisme n'est plus prononcé par Adler et il est remplacé par le mot "outrage"... Est-ce qu'il y a eu une vérification du jugement entre temps? Des outrages, je crois que Siné en a effectivement un certain nombre à son actif.Quoi qu'il en soit, on voit le procédé et on comprend tout de suite à quel point il est rance. Comme les défenseurs de Siné ont eu la bêtise d'argumenter en s'appuyant sur le passé de militant de Siné pour accréditer la moralité du personnage au lieu de se contenter de rappeler que le passage incriminé n'avait aucun caractère antisémite, Adler attaque cette moralité en s'attaquant à l'homme au lieu de démontrer "l'antisémicité"de la chronique... Il enfonce donc le clou en insinuant que Siné n'est pas anar mais stalinien! Anar devient, pour la première fois, et fort à propos, positif dans la bouche d'Adler qui fait montre d'une admiration sans bornes pour les anarchistes. Siné n'a aucune espèce de ressemblance avec ces héros de la démocratie, Siné est un Stal. Tout est dit. L'homme Siné est doublement voire triplement sale. Donc il faut le condamner.
Vous vous dites que pour le moment on ne voit pas bien le pourquoi du titre ni le comment de l'introduction mais c'est parce qu'on n'a pas encore atteint le fond de la pensée du chroniqueur, ce qui subsume tout et lui donne cohérence. Pas besoin de longs commentaires, je vous laisse savourer ses mots: "Qu'est-ce qui unit de part le monde un islamiste marocain, un communiste russe déçu, un pasteur africain-américain ségrégationniste à l'envers, un intellectuel anglais semi-aristocratique et antiaméricain… et un adversaire rabique du président Nicolas Sarkozy, qui voit en lui l'inacceptable promotion de l'étranger ? L'antisémitisme sert ici de ciment à un authentique vertige identitaire. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Et pourquoi les juifs semblent-ils ne pas souffrir de ce même vertige ?" La théorie unificatrice, la théorie globale, les scientifiques en rêvaient, Adler l'a trouvée et avec une économie de concept déconcertante. Il est pas fabuleux cet Adler?
"Mais revenons un instant sur la haine antisarkozyste". Oui, mon chéri, revenons-y. Vous voyez où il veut en venir? Vous ne voyez pas? Je comprends parce que c'est assez inédit, incroyable, irrationnel... "et voici que les antisémites, comme un essaim de mouches, s'en prennent à sa personne, ou, le cas échéant, à celle de son fils." Eh ouais, eh ouais... Je vous l'avais bien dit ça calme!
Après ça si je vous dis que l'affaire Siné est, par la force de l'analogie aléatoire, l'affaire dreyfus, que les sinards sont des anti dreyfusards et les anti sinards des dreyfusards, vous ne scillerez même pas, blasé que vous êtes par tout ce que vous venez de lire.C'est peut-être ça la méthode: l'effet boule de neige qui se transforme en avalanche et qui emporte tout sur son passage y compris le bon sens du lecteur...
Mais, cher lecteur, réjouis-toi, même les lecteurs du Figaro ne semblent pas avoir mordu à l'hameçon. Je t'invite à lire les commentaires et autres réactions à ce torchon d'Adler. Tu auras au moins l'occasion de te détendre un peu.
13:58 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alexandre adler, france culture, figaro, siné, val, charlie hebdo, antisémitisme
25.07.2008
Nulla dies sine linea
On dirait qu'ils se sont donné le mot! (Attention, l'auteur de cette phrase tient à préciser qu'il ne met aucun sous entendu derrière cette phrase et il se décharge, par avance, de toutes les conséquences qu'elle pourrait provoquer si elle était mise entre des mains malintentionnées ou, pire, entre les mains d'intellectuels pris d'un délire interprétatif. *note de l'auteur*) Pas un jour sans qu'une grande plume scribouillard, en mal de reconnaissance et qui veut montrer qu'il n'est pas moins doué que le petit camarade pour tirer sur l'ambulance, ne se mêle de secourir Philippe Val et d'enfoncer Maurice Siné (dont on oublie, au passage, symptomatiquement le prénom alors que pour Philippe Val ce n'est jamais le cas... D'ailleurs si on l'oubliait, Askolovitch ne pourrait pas écrire, sans rire, que Val compose des "philippiques" acérées, ce qui revient, au moins, à accorder à la rhétorique une vile valeur). *Promis, j'arrête avec les parenthèses, je sais à quel point c'est chiant.* Aujourd'hui c'est la chèvre avec sa barbiche de sous-officier Laurent Joffrin qui s'y colle, dans les colonnes de son propre journal, mais dans la rubrique "Rebonds" parce qu'il respecte la déontologie du journal et qu'il ne va pas mêler ses élucubrations antisinesques avec la ligne éditoriale du journal.
Que dit-il? La même chose que tous les autres mais doit-on s'en étonner? Encore une fois on démontre ils démontrent la vanité (au sens de vacuité) du journalisme français. Il revient, bien sûr, sur la vieillesse de Siné (reprenant la brillante remarque de BHL qui lui parlait de gâtisme) mais il l'élargit à tous les antisionistes d'extrême gauche qui deviennent, par identification, "cacochymes". J'ai essayé de comprendre pourquoi. J'ai tourné le problème dans tous les sens et j'en suis arrivé à la conclusion que le brillant éditorialiste voulait juste placer un mot-avec-y, c'est-à-dire un mot qui fait savant. Bon passons sur cette bassesse d'esprit qui fait qu'on attaque la personne sur son âge et voyons les autres perles de ce beau (mais malheureusement trop court) réquisitoire. Laurent Joffrin continue sur les traces encore fraîches laissées par BHL et fait un petit développement sur l'antisémitisme d'extrême gauche et de citer de grandes figures de gauche notoirement antisémites "Proudhon, Guesde, Déat..." Beau mouvement ternaire qui amalgame trois noms, les mettant sur le même plan. Pour Proudhon et Déat, j'étais au courant et c'est peut-être pour ça qu'ils encadrent Jules Guesde d'ailleurs mais la liste semble interminable à cause des points de suspension. C'est pratique les points de suspension. Il revient bien sûr sur l'affaire Dreyfus, sensée être, le péché originel de la gauche... Mais il oublie que Guesde n'était pas antidreyfusard, lui qui voyait dans le "J'accuse" de Zola "le plus grand acte révolutionnaire du siècle". Il n'a pas été suivi par son parti mais pas par antisémistisme mais simplement parce qu'ils pensaient (peut-être à tort) que cette histoire ne les concernait pas et qu'ils avaient des choses plus urgentes à régler (préparer la Révolution, par exemple). Guesde a aussi déploré que l'affaire Dreyfus n'ait pas permis un changement plus grand notamment dans le fonctionnement structurel de l'armée... Même s'il se réjouit qu'on ait relâché un innocent, il déplore le système de défense adopté par les dreyfusards qui n'ont pas su élargir le débat... Bref, ce qui m'horripile c'est cette nonchalance des journalistes qui balancent les infos que d'autres ont fait semblant de rechercher et c'est ce que fait Joffrin qui ne fait que reprendre ce que BHL a déjà écrit, jusqu'à cette pauvre citation sensée accabler la gauche de l'époque: "on ne va pas défendre un bourgeois."Procès historique et procès à l'Histoire. La gauche est essentialisée et ses héritiers touchés par des atavismes nombreux et pratiques quand on veut la décrier. Quelle pauvreté intellectuelle!
Il y a quand même une petite perle que notre ami Joffrin semble avoir trouvée tout seul: "S’agit-il d’un malentendu ? Dans ce cas, Siné pouvait le lever dès l’origine en corrigeant ses propos." Il l'a fait et à plusieurs reprises. Il n'a pas cessé de clamer que son propos n'était celui qu'on lui prêtait et il a même traduit en justice celui qui le diffame. Ce que veut dire notre ami Joffrin en fait c'est que Siné n'a pas accepté de se plier à la forme d'autocritique à laquelle Philippe Val voulait la contraindre. Siné avait même accepté de publier une chronique où il s'excusait auprès de "ceux que ses propos avaient pu choquer"... Mais le Parti Val demandait plus, une autocritique sous la forme d'un reniement, quelque chose de plus spectaculaire. Une humiliation publique en somme. Quelque chose que Siné ne pouvait pas accepter. C'est réussi. Mais il ne le voit aps de cet oeil notre ami Joffrin puisque c'est l'entêtement diabolique de Siné qui est à l'origine de cette affaire.
14:02 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent joffrin, siné, val, bhl, askolovitch
24.07.2008
En avoir ou pas?
Edito de Val dans le Charlie Hebdo après l'affaire. Pas un mot sur l'affaire! Mais on en parle sans en parler. Ce doit être ça le raffinement et le savoir vivre, ne parler que de manière oblique voire retorse. Donc au lieu de répondre directement et sur le fond à ses contradicteurs, Val se lance dans une de ces diatribes dont il a le secret sur un ton de tout fout le camp ma bonne dame et c'était mieux avant. Tout fout le camp surtout la politesse. Et tout ça c'est surtout à cause d'internet. La politesse, les bonnes manières et summum de la politesse la courtoisie (condition du féminisme parce qu'il faut bien mettre tout ça en relation avec de grands combats de Charlie Hebdo). Voilà les valeurs fondatrices de notre démocratie et de toute démocratie. Rien que ça! Donc il faut défendre la politesse. CQFD. Quand môsieur Val sefait chahuter par les copains dans la cour de récré, c'est la démocratie qui vacille. Bon, bon on attaque pas les mères ni les grands-mères, promis. Valou . En échange on a le droit de dire "couilles", OK?Tu vois on peut dire des gros mots et être civilisés Valinou...
Comme Val ne peut jamais faire dans le lapidaire ni dans le simple, il se lance dans une longue digression historique à la recherche des racines de la politesse. Il trouve à coup sûr! C'est le XVIIe siècle, à n'en pas douter! Si vous ne comprenez pas d'où ça sort c'est que vous êtes des benêts doublés d'incultes et vous n'aurez aucune explication parce que vous ne la méritez pas. Et il cite, à l'appui de son propos, le nom de Molière et le titre d'une de ses pièces: L'Ecole des femmes. Et aussi La Fontaine (pourquoi pas? C'est bien La Fontaine). J'ai plus l'édito sous les yeux et le relire me serait fastidieux mais il dit « en substance » que c'est là que se cristallise le souci de l'autre et notamment le respect des femmes! Boarf. Il aurait mieux fait de citer Tartuffeoù la politesse est synonyme d'hypocrisie et surtout de maîtrise parfaite d'une langue qui sert à masquer plus qu'à montrer (Oserais-je dire qu'elle sert à niquer plus qu'à communiquer? Non je n'ose pas. Oserais-je citer la seule phrase que j'aie retenu de cette pièce, phrase qui au demeurant est connue de tous? Phrase qui a l'avantage d'expliciter mon propos sur le discours qui voile la réalité et le désir, voire la réalité du désir. Si j'ose, je le fais à la manière des chanteurs qui laissent au public le soin de finir les phrases. Public avec moi: « Cachez-moi ce sein que... »). Il aurait plus aussi citer l'inénarrable Trissotin qui lui ressemble par bien des points. Je ais pas encore au hasard, il aurait pu parler de l'Oronte du Misanthrope, poli, comme sait l'être un courtisan. En parlant de courtisan il aurait pu faire remonter les racines de la politesse à l'art de cour et citer pour se la péter Baldassar Castiglione ou encore plus loin et s'attarder sur le Moyen Age et parler de la fin' amor ou remonter le cours du temps et en revenir à l'Antiquité et citer, au hasard, Ovide et, encore au hasard, son Ars Amatoria... Mais comment critiquer ce que fait Val qui pourrait nous répondre:
« Je soutiens qu'on ne peut en faire de meilleur ;
Et ma grande raison, c'est que j'en suis l'auteur. »
Mais suis-je bête son propos n'était pas historique. Ne faisons pas comme lui et ne faisons pas semblant de ne pas comprendre. Ce qu'il voulait dire c'est que Molière/ La Fontaine/ Val même combat! Des gars bien et polis alors que les autres tous de la merde! C'est ce qu'il dit; mais poliment. Donc tout ce fatras de références mal digérées c'est pour répondre à ceux qui lui ont dit qu'il manquait singulièrement de couilles à commencer par le principal intéressé par toute cette affaire Siné qui le lui a écrit (pas très poliment) dans la dernière chronique qu'il a écrite dans les colonne de son propre journal, Charlie. Et d'ailleurs dans le numéro qui contient ce bel édito, Polac écrit que Charliesans siné c'est un peu comme les statues antiques sans leur bite... On y revient donc. A Charliemême le débat a donc tourné autour de la question: en avoir ou pas? Et au lieu de répondre sur le fond, Val préfère botter en touche et dire: « C'est pas très poli ce que vous dites là, les gars. Je ne débats pas avec des gens qui manquent de savoir vivre. » Et de nous faire ce bel édito, long à souhait, pour fustiger, férule en main, les malappris et les malpolis. Comme en plus il ne veut même pas répondre directement aux intéressés, il prend encore un détours en s'attaquant à internet et aux internautes tombeau du cerveau et de l'intelligence. Soit. C'est vrai pour certains. Toutes ces circonvolutions pour en arriver là! Il aurait pu juste répondre: « Oui j'ai pas de couilles et je vous emmerde parce que c'est moi le chef et qu'en plus BHL c'est mon ami! » Mais non il a même pas assez de couilles pour ça. Il préfère taper sur les internautes, masse informe et hétéroclite mais c'est plus facile de l'essentialiser et d'en faire l'archétype de la bêtise et de nouvelle menace qui pèse sur la civilisation. Il vient de trouver de la matière pour les 200 prochains éditos le prolifique Val. Il n'aura pas beaucoup à se fouler : il n'aura plus qu'à remplacer « musulmans » « islamistes » par « internautes ».
Quoi qu'il en soit, je préférais Charlie avec des couilles et du poil, n'en déplaise à Val. Je commençais toujours par lire la fin pour ne pas tomber sur les éditos de Val, n'en déplaise à Val. Ce que je lisais avec le plus de plaisir, c'était le Maurice et Patapon, n'en déplaise... Enfin voilà et la chronique qui l'explique le mieux, ça reste la chronique polie et allégorique de notre ami Cavanna sur le goût des pêches... A moins que l'allégorie ne soit qu'une création de mon esprit de lecteur. Tant pis, je veux l'y voir parce que j'ai envie de croire qu'il reste des gens bien à Charlie.
D'ailleurs, si ce n'est déjà fait, allez lire la dernière chronique de Siné, que Val n'a pas voulu publier: une chronique couillue.
12:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : val, siné, édito, couilles, molière
22.07.2008
Les Noirs hors des bars!
Ils sont taquins ces Chinois (quand je dis "Chinois", je parle des autorités qui ont mis en place ce régime ubuesque et je ne vise en aucune manière le peuple chinois que je respecte, bien entendu, au moins autant que les autres peuples et peuplades qui prospères, ou pas, sur notre vaste globe)! Ils devaient être vexés par le fait que le soufflet autour du Tibet retombe et de ne plus faire les gros titres des journaux occidentaux donc ils ont trouvé une nouvelle provocation: Les Noirs et autres populations indésirables seront interdites de bar pendant la durées des épreuves dans le centre de Pékin (c'est ce que nous révèle le Courrier International)! Les barmen ont même dû signer un contrat qui les engageait à ne pas recevoir de Noirs et de Mongols dans leurs bars. Les Mongols ont comprend aisément (là, je blague) mais les Noirs! Est-ce que les Noirs peuvent être soupçonnés d'avoir participé aux attentats sabotages qui ont touché la Chiçne ces derniers jours (les Mongols ne devraient pas plus être soupçonnés d'ailleurs)? Evidemment non. Les Noirs sont peut-être noirs mais c'est pas une raison suffisante pour les croire nuls en géographie. Ils n'ont aucun intérêt, bien évidemment à frapper en Chine... La raison avancée par le Bureau de la sécurité c'est que les Noirs et les Mongols sont des proxénètes et des vendeurs de drogue. C'est pour protéger les athlètes et autres étrangers venus à l'occasion des JO que les autorités ont pris ces mesures hygiéniques. Si on avait consulté lesdits étrangers et athlètes ils auraient préféré avoir la drogue et les putes dans les bars mais passons!
Maintenant je suis curieux de voir comment on va faire pour justifier que, malgré tout, l'esprit de l'olympisme (si tant est qu'il ait jamais existé) est compatible avec ce genre de saloperie. Le comité, les chefs d'Etat, les atthlètes, les citoyens-téléspectateurs (ou télésectateurs)... Le boycott? Rien n'est moins sûr. Cet épisode n'est qu'un détail. Un tout petit scrupule (au sens étymologique) de rien du tout face aux bienfaits qu'apporteront les jeux à la Chine, aux peuples du monde et surtout annonceurs et autres partenaires des Jeux. Ce serait bien quand même qu'il y ait un geste, même infime, de la part des athlètes car des autres je n'attends plus rien. Au moins une main discrètement gantées de noirs et de cuir...
edit: C'est peut-être une erreur de traduction ou une rumeur colportée par les opposants au régime.
15:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, jo, racisme, noirs, bars
21.07.2008
Le BHL nouveau est arrivé
On l'attendait comme on attend le beaujolais nouveau. On ne pouvait pas y couper, prisonniers qu'on est des traditions et des boîtes de com'. Comme toujours on se précipite, on goûte, on est déçu et on palabre pour savoir quel arrière goût il a. BHL a acquis cette force. C'est un produit que personne n'apprécie vraiment mais que tout le monde goûte par habitude et pour pouvoir en parler. Le dernier cru n'a rien d'exceptionnel. Toujours les mêmes tons dominants, toujours la même piquette. Il intervient en clarificateur, en phare, en guide du peuple dans cette affaire pour le moins trouble. « A ce degré de confusion, la mise au point s'impose - et, sine ira et studio, sans colère ni enthousiasme, le rappel des principes simples que l'on a, dans cette empoignade, tendance à perdre de vue. » Il intervient aussi en père la morale qui admoneste ceux qui ne pensent pas droit: il faut dire qu'il est philosophe; maître en dialectique. « Bernard-Henri Lévy est philosophe » précise, en fin d'article, Le Monde. Du haut de tout ça, il nous dit ce qu'on attendait qu'il nous dise. Ce que Siné a écrit est non seulement antisémite mais aussi raciste. Il s'intéresse surtout à la fin du texte. « Voilà un humoriste - Siné - qui donne à son journal une chronique où il dit, en substance, que la conversion au judaïsme est, dans la France de Sarkozy, un moyen de réussite sociale et qu'il préfère "une musulmane en tchador" à "une juive rasée" (sic) » . Le reste a peut-être été trop commenté et ne mérite pas qu'on s'y réfère. Il en saisit seulement la « substance » (heureux homme qui peut saisir la substance des choses) c'est-à-dire qu'il l'interprète éhontément et qu'il fait tous les raccourcis possibles pour servir son propos. Il en profite, avec la citation finale, pour élargir le débat et trouver une nouvelle casserole à accrocher à la charrette d'infamies déjà lourde du pauvre dessinateur. Cette citation lui sert aussi à sortir de cette ornière dans laquelle s'enlise le débat: le procès en antisémitisme ne relève-t-il pas souvent d'une rhétorique stalinienne de condamnation des opposants? Si Siné en plus d'être antisémite est raciste, ce débat indigne n'a plus lieu d'être et Siné devient juste un infâme salaud que même les bruns-rouges ou les islamos-gauchistes ne peuvent plus défendre, étant entendu que ces deux catégories défendent ardemment les victimes du racismes c'est-à-dire principalement les arabes et les noirs. Ensuite de débiter des platitudes et à faire des distinctions de bon ton sans jamais démontrer par des arguments que les propos de Siné relèvent plus de l'une ou de l'autre des catégories qu'il crée à l'envi. Ces propos qui devraient être au centre des débats et qui devraient être longuement décortiqués ont une place marginale, expédiés qu'ils sont en quelques mots, dans cette introduction que j'ai citée in extenso. Pourtant il se dit attentif aux mots. « Ce qui compte ce sont les mots. Et ce qui compte, au-delà des mots, c'est l'histoire, la mémoire, l'imaginaire qu'ils véhiculent et qui les hantent. Derrière ces mots-là, une oreille française ne pouvait pas ne pas entendre l'écho de l'antisémitisme le plus rance. » Mais il ne les cite plus ces mots. Il fait appel à l'oreille française pour entendre l'imperceptible musique de ses démons. Pourquoi ne cite-t-il pas ces fameux mots? Parce que littéralement ça n'apporterait rien, il se fait sophiste, scoliaste moyenâgeux pour nous révéler les sens paraboliques, étiologiques, analogiques, allégoriques, anagogiques et tropologiques du texte de Siné. C'est grâce à cette débauche de science exégétique qu'il peut nous révéler que Siné est indubitablement raciste et antisémite. Il faut dire que nous faisons partie du commun et que nous n'avons pas à cette compréhension supérieure des textes, prenons-en notre parti. « La distinction n'était pas si nette chez Voltaire qui était, comme chacun sait, raciste et antisémite. » Ah! Je l'ignorais presque ou du moins je ne l'aurais pas présenté avec le même aplomb. Je n'ai pas l'assurance de M. Bernard-Henri. « Comme chacun sait »: belle fadaise. Et c'est plein de cette même fatuité qu'il fustige « un vieil humoriste - qui, en effet, ne sait sans doute pas vraiment ce qu'il dit - » (sic). Et il reviendra plusieurs fois sur le gâtisme du vieil anar. Beau procédé argumentatif en vérité et plein de noblesse. Que de mépris pour le reste du monde quand on fait partie du Monde! Vous allez me dire que j'en fais des tonnes mais jamais je n'arriverai à la cheville de notre philosophe. Tout son texte déborde de pépites rhétoriques pour enseignants en collège. Sans parler des amalgames. Sarkozy devient Dreyfus, les soutiens de Siné deviennent par la force de l'évidence rhétorique des guesdistes et de voir des permanences partout pour fustiger ces antisémites qui s'ignorent et qui ignorent de quelle tradition ils sont le fruit. « Cet argument est dénué de sens, enfin, car il laisse supposer qu'un homme de gauche, un progressiste, serait immunisé, par nature, contre le pire : or on sait que, s'il n'avait, ce pire, qu'une vertu, ce serait de brouiller, pulvériser ce type de frontière et de provoquer, de gauche à droite, un chassé-croisé sémantique permanent, vertigineux, terrible (des fameuses "sections beefsteak", brunes dehors, rouges dedans, nées de l'entrisme communiste dans les organisations de masse hitlériennes jusqu'au recyclage, par l'islamo-gauchisme d'aujourd'hui, des scies de l'ultradroite, les exemples, hélas, abondent)... » Autre trait amusant « Il faudrait, ânonne l'opinion, veiller à ne pas tomber dans le conformisme d'un politiquement correct, voire d'une police de la pensée et du rire, dont le seul effet sera d'empêcher les humoristes d'exercer leur libre droit de se moquer de tout et de tous. » Oui l'opinion ânonne: soit on se dit que BHL nous prend pour des ânes (c'est la version négative et donc à proscrire) soit on se dit qu'il s'agit de la méfiance naturelle que les philosophes éprouvent à l'égard de la doxa, héritiers qu'ils sont de ce bon vieux Socrate. Quoi qu'il en soit l'opinion, pour lui, c'est nous. « Et si cette volonté de rire de tout et de tous, tranquillement, sans entrave, exprimait juste la nostalgie du bon temps de la blague à l'ancienne, bien grasse, bien salace, quand personne ne venait vous chercher noise si l'envie vous prenait de vous lâcher contre les "ratons", les "youpins", les "pédés", les femmes ? » Oui c'est peut-être ça la nostalgie de la bonne grosse blague grasse... Ignoble. Beurk. Notre nouvel Aristote veut faire oeuvre de salubrité et définir une nouvelle poétique à l'usage des humoristes, en grand spécialiste de la gaudriole qu'il est. Il définit les limites d'un nouvel humour moderne et policé. Il ne dit pas si ce nouvel humour est drôle mais une chose est sure c'est qu'il protégera ses auteurs de poursuites judiciaires c'est déjà pas mal... Et BHL de conclure son éditorial(?) sur un ton plus paternaliste que jamais pour tendre une main faussement secourable à Siné pour l'enjoindre à devenir un des chantres de l'humour moderne ou de pourrir dans les poubelles de l'Histoire. « Allons, Siné. Tu as encore le choix. Ou bien la répétition, le stéréotype, le même éternel retour du même humour de cabaret qui ne te fait, j'en suis sûr, plus rire toi-même - mécanique plaquée sur du vivant, ignominie couplée avec du cliché, gâtisme assuré. Ou bien changer de disque, inventer, te libérer et faire de ton humour l'aventure d'une liberté retrouvée et ajustée aux libertés du jour - jeunesse à volonté, talent, modernité. » Conseil agrémenté d'une citation qui doit trôner dans le top five des citations philosophiques concernant l'humour mais il fallait bien convoquer Bergson, c'est de bon ton... BHL remercie, dans le désordre, Voltaire, Bergson, Tacite (pour la citation latine), Balzac (pour le type de Rastignac), Walter Benjamin, Jean Louis Loubet del Bayle, Michel Foucault (pour sa contribution de dernière minute dans la conclusion du papier) mais aussi Dieudonné, Le Pen, Dreyfus, Alfonse Toussenel (que je ne connaissais pas personnellement alors que c'est un best seller!), Rothschild, Alain Badiou, Ulrike Meinhoff, et enfin Siné, Val, Jean Sarkozy et mademoiselle Darty qui ont tous été convoqués pour la confection de ce petit billet d'humeur.
18:15 Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bhl, siné, val, charlie hebdo, antisémitisme
Askolovitch déclare sa flamme à Val
Lisez ce panégyrique enflammé et donc ridicule qu'Askolovitch fait de Val dans un article du Nouvel Obs Hebdo daté du 17 juillet: "
Alors, jeudi 10 juillet, Philippe Val, le directeur de «Charlie», se lance. «Le «c'est Siné», ça ne passe plus. On a un problème. Ou bien on le résout, ensemble, et la rédaction condamne ce texte... Ou bien, désormais, c'est sans moi...» Sans lui ? «Charlie» sans Val, l'homme qui a redonné vie au titre en 1992 (voir encadré) ? Il ne plaisante pas. Il en a connu, des crises, mais celle-ci touche à l'essentiel. Val est un personnage à part dans la gauche culturelle. Un autodidacte à la culture livresque, aux philippiques frémissantes, qui somatise les conflits... Il a été chanteur, chansonnier, écrivain, libertaire... Par moments, à gauche toute, lançant son journal dans la lutte contre les tests ADN. Par moments, à la limite de l'atlantisme, ami des intellectuels droits-de-l'hommistes et des dissidents de l'islam, aimé des «néoconservateurs» français, pourfendant le «fascisme islamiste» et ses complices français, «les rouges-bruns»... Pro-israélien dans un milieu où la Palestine est un totem... «On ne touche pas à l'Etat d'Israël», revendique-t- il. Lycéen, il s'est passionné pour l'affaire Dreyfus. La question juive est son tabou absolu. Et Siné, qui aime tant frôler la limite, est l'antimodèle de Val...
A part ça, courageux; ses combats contre l'islamisme lui valent des menaces récurrentes, et une protection policière... Et ouvert, malgré ses pulsions de maître à penser. Val accueille dans son journal toute une gauche artistique qui ne pense pas comme lui. Il subit des conflits récurrents, à géométrie variable. Quand il lance «Charlie» dans la bataille pour les caricatures de Mahomet, tout le monde approuve, au nom de l'anticléricalisme. Mais quand il milite pour le «oui» au référendum européen, il se prend des volées de bois vert... Et se fait lyncher en interne, quand il soutient les bombardements de l'Otan au Kosovo ! Il y a les pro-Val, les anti-Val. Ceux qui ont quitté «Charlie» pour dire du mal de lui. Ceux qui écrivent contre lui dans le journal. Parfois juste «pour le faire chier». Comme Siné. «Siné aime avoir un adversaire de la taille de Philippe», dit Charb... Il ne faut pas entrer dans les histoires de famille... On est presque gêné, ça ne regarde personne. Mais là, on est forcé. Car, au bout de cette histoire, Siné sera viré, et «Charlie» déchiré... Un dénouement inéluctable, puisque «Charlie» ne peut pas être antisémite, puisque Siné ne comprendra pas qu'il a eu tort et que sa diatrible pouvait détruire le journal."
Lisez aussi le reste de cette immondice et vous verrez ce qu'on peut faire en terme de portraits antithétiques. Admirez les hyperboles quasi épiques et le manichéisme comme plus personne n'en fait à part peut-être ceux qui rédigent les discours de Bush...
00:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : askolovitch, val, nouvel obs, siné
20.07.2008
Sur un air de déjà vu
SOS Racisme s'est fendu d'un communiqué de presse étrange sur l'affaire Siné. Étrange parce qu'il ne concerne pas prioritairement le texte de Siné et son contenu, supposé antisémite, mais les suites qu'il a occasionnées. Son premier but, clair, est de venir en aide à Val. Siné présente ses témoins de moralité et Val les siens mais le jeu est inégal surtout si on y ajoute le poids de la LICRA. C'est sûr que l'affaire prend de l'importance et qu'il fallait que ces deux mastodontes se prononcent, raccrochant tant bien que mal les wagons. Je ne condamne par ailleurs pas le fait qu'elles s'émeuvent de la tournure que prennent quelquefois les débats, c'est leur job et leur engagement. En même temps chaque affaire de cet acabit attire des délirants et des malveillants. Chaque affaire est l'occasion de tels déchaînements. Raison de plus de ne pas crier au loup à tout bout de champ: ça exacerbe les crispations diverses et ça crée un climat propice au développement de l'antisémitisme et du racisme. Ce que les associations devraient condamner c'est que l'on galvaude le terme d'"antisémite" et qu'on l'utilise à tort et à travers, surtout dans des affaires de règlement de comptes. Au lieu de cela elles soutiennent sans condition Val, qui est à l'origine de cette pathétique affaire et des développements (logiques) qu'elle a eus. On n'est pas loin du moment où une attaque contre Val va être assimilée à une attaque antisémite pure et simple. J'exagère à peine. Bien sûr, il doit y avoir, dans le nombre de ceux qui se sont exprimés sur cette affaire, des antisémites ou des crypto-antisémites et surtout des gens qui se laissent aller à des débordements divers mais cela ne dit rien sur qui a tort ou raison de Val ou de Siné et ce n'est pas cela qui doit faire pencher la balance du côté de Val. D'ailleurs les crypto-antisémites sont vite repérés puisque, selon le communiqué, ce sont ceux qui se travestissent sous les atours de l'antisionnisme. On est pas à un amalgame près, après tout. Même si on est prêt à reconnaître que certaines réactions dépassent allègrement les limites, est-ce une raison pour occulter le départ de cette affaire et l'accusation injuste proférée à l'encontre de Siné et son licenciement sans ménagement? On devrait toujours revenir aux termes du litige et oublier les développements annexes. Sans cela on retombera dans un énième débat stérile faisant intervenir les mêmes acteurs qui se font face depuis toujours et qui ne font qu'attiser et nourrir les polémiques. D'ailleurs on attend impatiemment un libelle de notre ami BHL pour soutenir son camarade de lutte Val. Quant au grand spécialiste de la politique internationale de France Culture, Alexandre Adler, il s'est déjà prononcé avec la nuance et la mesure que nous lui connaissons sur une affaire toute nationale voire toute parisienne... La politique internationale vue par le petit bout de sa lorgnette. Enjoy.
Alexandre Adler - Dieudonné & Siné
envoyé par agoracitoyenne
17:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sos racisme, licra, siné, val, charlie hebdo, bhl, alexandre adler





