27.07.2008
Aux racines du mal
Et si le fautif était Patrick Gaubert? L'amalgame incriminé était déjà présent chez ce notable insoupçonnable. Voilà comment Christophe Ayad et Antoine Guiral, qui faisaient le compte rendu de la visite de Sarkozy en Israël avec ce titre ambigu: "Sarkozy comme chez lui en Israël",retranscrivaient les propos de Patrick Gaubert, président de la LICRA: "Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, assure n’avoir jamais parlé de ces questions avec lui. «Nous partions parfois en vacances ensemble avec une bande de copains juifs à moi, mais ne parlions jamais de religion.» Il remarque qu’aujourd’hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. «Dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient», s’amuse-t-il." Cela signifie que le procès que l'on fait à Siné est un procès d'intention dans sa plus pure définition. L'intention de P. Gaubert ne pouvait pas être mauvaise et lui peut s'amuser de tout ça (cf. "s'amuse-t-il) mais Siné ne peut qu'avoir des intentions mauvaises puisque M. Askolovitch et Val en ont décidé ainsi.
D'ailleurs l'article est plein de remarques qui ne pourraient que difficilement être reprises telles quelles, sous peine d'accusation d'avoir des visées et des pensées malhonnêtes. Le philosémitisme de M. Sarkozy, par exemple, qui est évoqué sans complexe, de même que les liens personnels qu'il a réussi à tisser avec les juifs de France et d'ailleurs (notamment des Etats Unis et d'Israël), de même que les que les références à son histoire familiale et à son ascendance... Toutes ces remarques, décontextualisées, pourraient sentir la poudre. Alors de choses l'une ou l'on s'interdit, TOUS de faire et surtout d'écrire de telles choses ou alors on l'autorise mais pas de demi mesure qui entretient un sentiment, très dangereux pour tout le monde, de "deux poids, deux mesures", formule contraire à toute idée que l'on peut se faire de la démocratie.
15:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gaubert, siné, sarkozy, antisémitisme
26.07.2008
Siné sème sa zone sur le net
Et si internet devenait, malgré ce qu'en pensent certains, le refuge de la liberté d'expression? C'est en tout cas un peu mon sentiment quand je vois d'une part la mobilisation spontanée qui a émergé après l'affaire Siné/Val/Askolovitch... C'est aussi mon sentiment quand je vois que des gens tricards de différents médias trouvent un refuge, encore précaire, sur la toile. C'est enfin mon sentiment quand je vois certains blogs de qualité fleurir, tenus par des anonymes, des sans grades donc des sans nom. L'anonymat n'est pas une lâcheté mais plus certainement le fruit de notre système médiatique qui ne met en avant que certaines signatures, gonflant ainsi que des baudruches des ego qui ne demandent qu'à s'étendre. Et puis même signés les articles resteraient anonymes parce qu'ils sont faits par des anonymes... Que l'on signe Pierre Jean ou Comité de Salut Public fait-il vraiment la différence? Qui connaît Pierre Jean? (Je précise que CSP ne s'appelle pas Pierre Jean. Je l'ai choisi comme exemple parce que j'aime son style et aussi ses idées. J'aurais pu choisir Manu qui s'appelle effectivement Manu dans la vraie vie mais on n'est pas plus avancé sur son identité...) Et d'ailleurs si on veut contacter ou confondre les auteurs des blogs, il ne faut pas beaucoup se fouler. L'anonymat n'est que relatif, mieux, il n'est qu'un leurre.
Mais revenons à notre sujet. Certaines plumes et anciennes gloires certains journalistes-de-la-télé ont trouvé un second souffle sur le net... Des journalistes de la presse papier ont aussi trouvé dans le blog un moyen souple d'exercer réellement leur métier, en dehors des piges de commande que leur font leurs journaux, en cassant le sceau du secret auquel les soumet leur rédaction... Pensez-y et des noms viendront facilement. S ans parler des collectifs et des authentiques rédactions qui se sont montées juste pour et par le net. Là, c'est au tour de Siné, qui, viré comme un malpropre, se crée un petit coin à lui, pour publier ses chroniques et aussi sûrement pour tenir les gens qui l'aiment et le soutiennent des évolutions de cette affaire quand le soufflet médiatique sera tombé. Il fait bien parce qu'il y a des gens qui aiment bien le lire et qui trouvent ce qu'il écrit drôle. Si si ça doit exister même si on prétend le contraire. Longue vie à son blog et longue vie à toutes les niches de liberté iconoclastes qui fleurissent ça et là. On est quand même loin des brèves de comptoirs ou du café commerce... Ou, pris autrement, on en est au moins aussi proches que dans les journaux officiels et qui ont pignon sur rue... Les éditorialistes et autres chroniqueurs nous l'ont suffisamment montré ces derniers temps.
Vive Siné.
20:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : siné, blog, liberté d'expression, blogosphère
Pauvre Adler! Pauvre France!
Oui, je sais, je n'aurais pas dû. J'en avais assez lu des torchons . Joffrin, déjà, hier, ça a été une vraie souffrance. Je pensais que la brochette était au complet et qu'on en finirait avec les interventions outrées et outrancières de nos éditorialistes omniprésents. Et ce matin, en pianotant "Siné", je tombe sur la réaction toute fraîche de l'ami Adler dans les pages débats du Figaro. Je vous avouerais aussi que je ne m'y aventure que très peu. C'est un milieu hostile. Ces marécages insalubres et pestilentiels peuvent vous faire attraper le palu en moins de deux. J'ai donc essayé de m'y exposer le moins possible. Malgré ça, je crois que j'ai été atteint. La fièvre et une sensation persistante malgré la prise répétée d'anti émétiques.Adler! Adler est un récidiviste! Il en avait déjà parlé de l'affaire! Sur France Culture. Dans sa fameuse rubrique sur la politique internationale. L'affaire Siné, priorité absolue dans l'actualité internationale. Et au Figaro quel est son rôle? Chroniqueur spécialiste de la géopolitique...
Alexandre Adler partage
sa vision géopolitique
d’un événement."
Verba volant, scripta manent. Ce n'est plus tout à fait vrai, la preuve, mais Adler est d'une autre génération (mais je ne l'accuserai pas de gâtisme) et il s'est cru obligé de nous infliger un écrit plein des mêmes raccourcis, des mêmes généralisations abusives et de la même pensée dont il fait preuve. Son système, son crible, sa grille de lecture? Tout le monde il est antisémite. Dès le titre, il annonce la couleur. L'injustice faite à Siné est une nouvelle occasion pour lui de répéter sa rengaine. "L'antisémitisme, ciment du vertige identitaire."
Ca a commencé comme ça: " L'antisémitisme est une bien vilaine chose, même sur le plan esthétique, si l'on oublie Wagner et Céline ; en tout cas, sur le plan moral et, bien souvent, sur le plan politique, malgré les satisfactions que certains y cherchent à court terme. Mais si l'on accepte un point de vue plus immanent que transcendant, on y verra surtout les vertiges et les trébuchements de sociétés, au demeurant forts diverses, qui sont en train de perdre leurs repères essentiels." Déjà on comprend rien. Est-il besoin de commenter? L'antisémitisme dans l'ouvre de Céline, je vois à peu près... mais dans l'oeuvre de Wagner, je vois plus difficilement. Wagner était notoirement antisémite mais est-ce que ça transparaît dans ses oeuvres, j'avoue que j'en sais rien, n'étant pas grand amateur de Wagner. Après je vois à peu près ce que veulent dire "immanent" et "transcendant", parce que j'ai suivi, d'une oreille distraite, des cours de philo en terminale, mais j'avoue encore mon ignorance quant au sens à leur donner dans ce contexte précis. Je vois bien qu'on essaie d'en imposer encore une fois non seulement par des références artistiques et esthétiques mais aussi par le recours à des concepts très abstraits, pour le reste, je ne comprends pas très bien le propos. C'est peut-être de ma faute (ou pas) et si quelqu'un avait la charité de m'éclairer, je lui en serais reconnaissant.
Le plus triste c'est que c'est à partir de ce fatras incompréhensible du début qu'Adler nous propose d'examiner l'affaire Siné. "Examinons donc, sous cet angle, l'affaire Siné." La mise en perspective de l'affaire, je veux bien mais encore faut-il que la perspective ait un quelconque sens. Toujours est-il que c'est grâce àl'appui précieux des concepts d'immanence et de transcendance qu'il a mis en place dans ce qu'il est convenu d'appeler son introduction qu'Adler peut affirmer tout de go: " Il ne devrait pas y avoir le moindre doute sur le caractère antisémite des propos de l'auteur." Alors c'est la transcendance ou l'mmanence qui lui permet de dire ça? Je devrais le soumettre au vote des mes rares lecteurs et faire un petit sondage express...
Il poursuit en rappelant ce que l'avocat Goldnadel avait mis opportunément au jour, à savoir que Siné a été condamné par le passé pour antisémitisme. Je ne sais pas exactement quand... Toujours étant le mot antisémitisme n'est plus prononcé par Adler et il est remplacé par le mot "outrage"... Est-ce qu'il y a eu une vérification du jugement entre temps? Des outrages, je crois que Siné en a effectivement un certain nombre à son actif.Quoi qu'il en soit, on voit le procédé et on comprend tout de suite à quel point il est rance. Comme les défenseurs de Siné ont eu la bêtise d'argumenter en s'appuyant sur le passé de militant de Siné pour accréditer la moralité du personnage au lieu de se contenter de rappeler que le passage incriminé n'avait aucun caractère antisémite, Adler attaque cette moralité en s'attaquant à l'homme au lieu de démontrer "l'antisémicité"de la chronique... Il enfonce donc le clou en insinuant que Siné n'est pas anar mais stalinien! Anar devient, pour la première fois, et fort à propos, positif dans la bouche d'Adler qui fait montre d'une admiration sans bornes pour les anarchistes. Siné n'a aucune espèce de ressemblance avec ces héros de la démocratie, Siné est un Stal. Tout est dit. L'homme Siné est doublement voire triplement sale. Donc il faut le condamner.
Vous vous dites que pour le moment on ne voit pas bien le pourquoi du titre ni le comment de l'introduction mais c'est parce qu'on n'a pas encore atteint le fond de la pensée du chroniqueur, ce qui subsume tout et lui donne cohérence. Pas besoin de longs commentaires, je vous laisse savourer ses mots: "Qu'est-ce qui unit de part le monde un islamiste marocain, un communiste russe déçu, un pasteur africain-américain ségrégationniste à l'envers, un intellectuel anglais semi-aristocratique et antiaméricain… et un adversaire rabique du président Nicolas Sarkozy, qui voit en lui l'inacceptable promotion de l'étranger ? L'antisémitisme sert ici de ciment à un authentique vertige identitaire. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Et pourquoi les juifs semblent-ils ne pas souffrir de ce même vertige ?" La théorie unificatrice, la théorie globale, les scientifiques en rêvaient, Adler l'a trouvée et avec une économie de concept déconcertante. Il est pas fabuleux cet Adler?
"Mais revenons un instant sur la haine antisarkozyste". Oui, mon chéri, revenons-y. Vous voyez où il veut en venir? Vous ne voyez pas? Je comprends parce que c'est assez inédit, incroyable, irrationnel... "et voici que les antisémites, comme un essaim de mouches, s'en prennent à sa personne, ou, le cas échéant, à celle de son fils." Eh ouais, eh ouais... Je vous l'avais bien dit ça calme!
Après ça si je vous dis que l'affaire Siné est, par la force de l'analogie aléatoire, l'affaire dreyfus, que les sinards sont des anti dreyfusards et les anti sinards des dreyfusards, vous ne scillerez même pas, blasé que vous êtes par tout ce que vous venez de lire.C'est peut-être ça la méthode: l'effet boule de neige qui se transforme en avalanche et qui emporte tout sur son passage y compris le bon sens du lecteur...
Mais, cher lecteur, réjouis-toi, même les lecteurs du Figaro ne semblent pas avoir mordu à l'hameçon. Je t'invite à lire les commentaires et autres réactions à ce torchon d'Adler. Tu auras au moins l'occasion de te détendre un peu.
13:58 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alexandre adler, france culture, figaro, siné, val, charlie hebdo, antisémitisme
25.07.2008
Nulla dies sine linea
On dirait qu'ils se sont donné le mot! (Attention, l'auteur de cette phrase tient à préciser qu'il ne met aucun sous entendu derrière cette phrase et il se décharge, par avance, de toutes les conséquences qu'elle pourrait provoquer si elle était mise entre des mains malintentionnées ou, pire, entre les mains d'intellectuels pris d'un délire interprétatif. *note de l'auteur*) Pas un jour sans qu'une grande plume scribouillard, en mal de reconnaissance et qui veut montrer qu'il n'est pas moins doué que le petit camarade pour tirer sur l'ambulance, ne se mêle de secourir Philippe Val et d'enfoncer Maurice Siné (dont on oublie, au passage, symptomatiquement le prénom alors que pour Philippe Val ce n'est jamais le cas... D'ailleurs si on l'oubliait, Askolovitch ne pourrait pas écrire, sans rire, que Val compose des "philippiques" acérées, ce qui revient, au moins, à accorder à la rhétorique une vile valeur). *Promis, j'arrête avec les parenthèses, je sais à quel point c'est chiant.* Aujourd'hui c'est la chèvre avec sa barbiche de sous-officier Laurent Joffrin qui s'y colle, dans les colonnes de son propre journal, mais dans la rubrique "Rebonds" parce qu'il respecte la déontologie du journal et qu'il ne va pas mêler ses élucubrations antisinesques avec la ligne éditoriale du journal.
Que dit-il? La même chose que tous les autres mais doit-on s'en étonner? Encore une fois on démontre ils démontrent la vanité (au sens de vacuité) du journalisme français. Il revient, bien sûr, sur la vieillesse de Siné (reprenant la brillante remarque de BHL qui lui parlait de gâtisme) mais il l'élargit à tous les antisionistes d'extrême gauche qui deviennent, par identification, "cacochymes". J'ai essayé de comprendre pourquoi. J'ai tourné le problème dans tous les sens et j'en suis arrivé à la conclusion que le brillant éditorialiste voulait juste placer un mot-avec-y, c'est-à-dire un mot qui fait savant. Bon passons sur cette bassesse d'esprit qui fait qu'on attaque la personne sur son âge et voyons les autres perles de ce beau (mais malheureusement trop court) réquisitoire. Laurent Joffrin continue sur les traces encore fraîches laissées par BHL et fait un petit développement sur l'antisémitisme d'extrême gauche et de citer de grandes figures de gauche notoirement antisémites "Proudhon, Guesde, Déat..." Beau mouvement ternaire qui amalgame trois noms, les mettant sur le même plan. Pour Proudhon et Déat, j'étais au courant et c'est peut-être pour ça qu'ils encadrent Jules Guesde d'ailleurs mais la liste semble interminable à cause des points de suspension. C'est pratique les points de suspension. Il revient bien sûr sur l'affaire Dreyfus, sensée être, le péché originel de la gauche... Mais il oublie que Guesde n'était pas antidreyfusard, lui qui voyait dans le "J'accuse" de Zola "le plus grand acte révolutionnaire du siècle". Il n'a pas été suivi par son parti mais pas par antisémistisme mais simplement parce qu'ils pensaient (peut-être à tort) que cette histoire ne les concernait pas et qu'ils avaient des choses plus urgentes à régler (préparer la Révolution, par exemple). Guesde a aussi déploré que l'affaire Dreyfus n'ait pas permis un changement plus grand notamment dans le fonctionnement structurel de l'armée... Même s'il se réjouit qu'on ait relâché un innocent, il déplore le système de défense adopté par les dreyfusards qui n'ont pas su élargir le débat... Bref, ce qui m'horripile c'est cette nonchalance des journalistes qui balancent les infos que d'autres ont fait semblant de rechercher et c'est ce que fait Joffrin qui ne fait que reprendre ce que BHL a déjà écrit, jusqu'à cette pauvre citation sensée accabler la gauche de l'époque: "on ne va pas défendre un bourgeois."Procès historique et procès à l'Histoire. La gauche est essentialisée et ses héritiers touchés par des atavismes nombreux et pratiques quand on veut la décrier. Quelle pauvreté intellectuelle!
Il y a quand même une petite perle que notre ami Joffrin semble avoir trouvée tout seul: "S’agit-il d’un malentendu ? Dans ce cas, Siné pouvait le lever dès l’origine en corrigeant ses propos." Il l'a fait et à plusieurs reprises. Il n'a pas cessé de clamer que son propos n'était celui qu'on lui prêtait et il a même traduit en justice celui qui le diffame. Ce que veut dire notre ami Joffrin en fait c'est que Siné n'a pas accepté de se plier à la forme d'autocritique à laquelle Philippe Val voulait la contraindre. Siné avait même accepté de publier une chronique où il s'excusait auprès de "ceux que ses propos avaient pu choquer"... Mais le Parti Val demandait plus, une autocritique sous la forme d'un reniement, quelque chose de plus spectaculaire. Une humiliation publique en somme. Quelque chose que Siné ne pouvait pas accepter. C'est réussi. Mais il ne le voit aps de cet oeil notre ami Joffrin puisque c'est l'entêtement diabolique de Siné qui est à l'origine de cette affaire.
14:02 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent joffrin, siné, val, bhl, askolovitch
24.07.2008
En avoir ou pas?
Edito de Val dans le Charlie Hebdo après l'affaire. Pas un mot sur l'affaire! Mais on en parle sans en parler. Ce doit être ça le raffinement et le savoir vivre, ne parler que de manière oblique voire retorse. Donc au lieu de répondre directement et sur le fond à ses contradicteurs, Val se lance dans une de ces diatribes dont il a le secret sur un ton de tout fout le camp ma bonne dame et c'était mieux avant. Tout fout le camp surtout la politesse. Et tout ça c'est surtout à cause d'internet. La politesse, les bonnes manières et summum de la politesse la courtoisie (condition du féminisme parce qu'il faut bien mettre tout ça en relation avec de grands combats de Charlie Hebdo). Voilà les valeurs fondatrices de notre démocratie et de toute démocratie. Rien que ça! Donc il faut défendre la politesse. CQFD. Quand môsieur Val sefait chahuter par les copains dans la cour de récré, c'est la démocratie qui vacille. Bon, bon on attaque pas les mères ni les grands-mères, promis. Valou . En échange on a le droit de dire "couilles", OK?Tu vois on peut dire des gros mots et être civilisés Valinou...
Comme Val ne peut jamais faire dans le lapidaire ni dans le simple, il se lance dans une longue digression historique à la recherche des racines de la politesse. Il trouve à coup sûr! C'est le XVIIe siècle, à n'en pas douter! Si vous ne comprenez pas d'où ça sort c'est que vous êtes des benêts doublés d'incultes et vous n'aurez aucune explication parce que vous ne la méritez pas. Et il cite, à l'appui de son propos, le nom de Molière et le titre d'une de ses pièces: L'Ecole des femmes. Et aussi La Fontaine (pourquoi pas? C'est bien La Fontaine). J'ai plus l'édito sous les yeux et le relire me serait fastidieux mais il dit « en substance » que c'est là que se cristallise le souci de l'autre et notamment le respect des femmes! Boarf. Il aurait mieux fait de citer Tartuffeoù la politesse est synonyme d'hypocrisie et surtout de maîtrise parfaite d'une langue qui sert à masquer plus qu'à montrer (Oserais-je dire qu'elle sert à niquer plus qu'à communiquer? Non je n'ose pas. Oserais-je citer la seule phrase que j'aie retenu de cette pièce, phrase qui au demeurant est connue de tous? Phrase qui a l'avantage d'expliciter mon propos sur le discours qui voile la réalité et le désir, voire la réalité du désir. Si j'ose, je le fais à la manière des chanteurs qui laissent au public le soin de finir les phrases. Public avec moi: « Cachez-moi ce sein que... »). Il aurait plus aussi citer l'inénarrable Trissotin qui lui ressemble par bien des points. Je ais pas encore au hasard, il aurait pu parler de l'Oronte du Misanthrope, poli, comme sait l'être un courtisan. En parlant de courtisan il aurait pu faire remonter les racines de la politesse à l'art de cour et citer pour se la péter Baldassar Castiglione ou encore plus loin et s'attarder sur le Moyen Age et parler de la fin' amor ou remonter le cours du temps et en revenir à l'Antiquité et citer, au hasard, Ovide et, encore au hasard, son Ars Amatoria... Mais comment critiquer ce que fait Val qui pourrait nous répondre:
« Je soutiens qu'on ne peut en faire de meilleur ;
Et ma grande raison, c'est que j'en suis l'auteur. »
Mais suis-je bête son propos n'était pas historique. Ne faisons pas comme lui et ne faisons pas semblant de ne pas comprendre. Ce qu'il voulait dire c'est que Molière/ La Fontaine/ Val même combat! Des gars bien et polis alors que les autres tous de la merde! C'est ce qu'il dit; mais poliment. Donc tout ce fatras de références mal digérées c'est pour répondre à ceux qui lui ont dit qu'il manquait singulièrement de couilles à commencer par le principal intéressé par toute cette affaire Siné qui le lui a écrit (pas très poliment) dans la dernière chronique qu'il a écrite dans les colonne de son propre journal, Charlie. Et d'ailleurs dans le numéro qui contient ce bel édito, Polac écrit que Charliesans siné c'est un peu comme les statues antiques sans leur bite... On y revient donc. A Charliemême le débat a donc tourné autour de la question: en avoir ou pas? Et au lieu de répondre sur le fond, Val préfère botter en touche et dire: « C'est pas très poli ce que vous dites là, les gars. Je ne débats pas avec des gens qui manquent de savoir vivre. » Et de nous faire ce bel édito, long à souhait, pour fustiger, férule en main, les malappris et les malpolis. Comme en plus il ne veut même pas répondre directement aux intéressés, il prend encore un détours en s'attaquant à internet et aux internautes tombeau du cerveau et de l'intelligence. Soit. C'est vrai pour certains. Toutes ces circonvolutions pour en arriver là! Il aurait pu juste répondre: « Oui j'ai pas de couilles et je vous emmerde parce que c'est moi le chef et qu'en plus BHL c'est mon ami! » Mais non il a même pas assez de couilles pour ça. Il préfère taper sur les internautes, masse informe et hétéroclite mais c'est plus facile de l'essentialiser et d'en faire l'archétype de la bêtise et de nouvelle menace qui pèse sur la civilisation. Il vient de trouver de la matière pour les 200 prochains éditos le prolifique Val. Il n'aura pas beaucoup à se fouler : il n'aura plus qu'à remplacer « musulmans » « islamistes » par « internautes ».
Quoi qu'il en soit, je préférais Charlie avec des couilles et du poil, n'en déplaise à Val. Je commençais toujours par lire la fin pour ne pas tomber sur les éditos de Val, n'en déplaise à Val. Ce que je lisais avec le plus de plaisir, c'était le Maurice et Patapon, n'en déplaise... Enfin voilà et la chronique qui l'explique le mieux, ça reste la chronique polie et allégorique de notre ami Cavanna sur le goût des pêches... A moins que l'allégorie ne soit qu'une création de mon esprit de lecteur. Tant pis, je veux l'y voir parce que j'ai envie de croire qu'il reste des gens bien à Charlie.
D'ailleurs, si ce n'est déjà fait, allez lire la dernière chronique de Siné, que Val n'a pas voulu publier: une chronique couillue.
12:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : val, siné, édito, couilles, molière
22.07.2008
Les Noirs hors des bars!
Ils sont taquins ces Chinois (quand je dis "Chinois", je parle des autorités qui ont mis en place ce régime ubuesque et je ne vise en aucune manière le peuple chinois que je respecte, bien entendu, au moins autant que les autres peuples et peuplades qui prospères, ou pas, sur notre vaste globe)! Ils devaient être vexés par le fait que le soufflet autour du Tibet retombe et de ne plus faire les gros titres des journaux occidentaux donc ils ont trouvé une nouvelle provocation: Les Noirs et autres populations indésirables seront interdites de bar pendant la durées des épreuves dans le centre de Pékin (c'est ce que nous révèle le Courrier International)! Les barmen ont même dû signer un contrat qui les engageait à ne pas recevoir de Noirs et de Mongols dans leurs bars. Les Mongols ont comprend aisément (là, je blague) mais les Noirs! Est-ce que les Noirs peuvent être soupçonnés d'avoir participé aux attentats sabotages qui ont touché la Chiçne ces derniers jours (les Mongols ne devraient pas plus être soupçonnés d'ailleurs)? Evidemment non. Les Noirs sont peut-être noirs mais c'est pas une raison suffisante pour les croire nuls en géographie. Ils n'ont aucun intérêt, bien évidemment à frapper en Chine... La raison avancée par le Bureau de la sécurité c'est que les Noirs et les Mongols sont des proxénètes et des vendeurs de drogue. C'est pour protéger les athlètes et autres étrangers venus à l'occasion des JO que les autorités ont pris ces mesures hygiéniques. Si on avait consulté lesdits étrangers et athlètes ils auraient préféré avoir la drogue et les putes dans les bars mais passons!
Maintenant je suis curieux de voir comment on va faire pour justifier que, malgré tout, l'esprit de l'olympisme (si tant est qu'il ait jamais existé) est compatible avec ce genre de saloperie. Le comité, les chefs d'Etat, les atthlètes, les citoyens-téléspectateurs (ou télésectateurs)... Le boycott? Rien n'est moins sûr. Cet épisode n'est qu'un détail. Un tout petit scrupule (au sens étymologique) de rien du tout face aux bienfaits qu'apporteront les jeux à la Chine, aux peuples du monde et surtout annonceurs et autres partenaires des Jeux. Ce serait bien quand même qu'il y ait un geste, même infime, de la part des athlètes car des autres je n'attends plus rien. Au moins une main discrètement gantées de noirs et de cuir...
edit: C'est peut-être une erreur de traduction ou une rumeur colportée par les opposants au régime.
15:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, jo, racisme, noirs, bars





