08.10.2007
Le ministère de la polémique
Dès l'annonce de sa création il sentait le soufre. On le lui avait bien dit nous à Nicolas Sarkozy que c'était une mauvaise idée ce ministère. Déjà l'association des mots et puis un ministère de la reconduite à la frontière c'est très peu "Droits de l'Homme et du Citoyen". La France éternelle, porteuse de valeurs etc. Tout ce qu'on nous rabâche depuis qu'on est môme, tout ce qui faisait justement l'identité française puisque c'est d'elle qu'il s'agit. Ce ministère a toujours été une antinomie. Il portait dans ses gênes la polémique, la discorde, la dissension. Et puis porté par un Hortefeux, c'est pas fait pour apaiser la zizanie. Sans parler de maintes déclarations du candidat Sarkozy pendant la campagne. Propos sur la génétique qui résonnent étrangement dans la polémique actuelle. Mouton dans la baignoire qui menace la pureté culturelle française. Hordes de barbus assoiffés de sang fantasmés pendant la crise des banlieues... ad lib.
Tous les ingrédients étaient là pour que ça pète. Et le gouvernement fait mine de ne pas comprendre l'émoi qu'il soulève. Tout était calculé pour faire un maximum de bruit et on joue les innocents. On minimise, on minore, on euphémise. Et par là même on irrite, on exaspère, on radicalise. "Un détail". Provocation évidemment! Euphémisme coupable mais aussi référence diabolique; diaboliquement efficace en tout cas. Propagation virale, buzz maximal.
Traque, contrôles au faciès, présomption de culpabilité... et on s'émeut quand la justice décide de relâcher un malheureux pour vice de procédure. On voudrait instaurer des mesures exceptionnelles, donner les pleins pouvoirs à sieur Hortefeux pour qu'il nous débarrasse de cette menace pour la France. Législation guantanamesque. Menace exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Travail de tâcherons imposé aux flics et autres uniformés qui courent après les quotas et les primes. Incitations en tous genres. Pécuniaire, à la haine. Et on voudrait que l'on ferme les yeux.
Que cherchent-ils exactement? Politique spectacle qui fait des victimes. Politique polémique qui mesure son degré d'efficacité au degré de décibels produits. L'enthymème est simple: ça gueule donc ils agissent. Pas un jour sans une polémique.
10:20 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Brice Hortefeux, ADN, Mariani, Nicolas Sarkozy, immigration, provocation, polémique
03.10.2007
Et ils sont où, et ils sont où... les opposants?
Il y a quelque chose de pourri dans la situation actuelle. Certains de mes chers lecteurs, les plus critiques et les plus déliés, doivent se dire: "En voilà de l'analyse! Et en plus il ne voit qu'une chose de pourri alors qu'on pourrait lui en faire une liste interminable". Soit. J'accepte la critique mais laissez-moi développer, expliquer et me justifier. Je vois surtout un truc de pourri dans la situation actuelle et c'est peut-être "la mère de tous les trucs pourris" auxquels vous pensez. Vous trouvez quand même pas bizarre que l'opposition ne s'oppose pas? Hein? Quand je dis opposition, je n'entends pas seulement le PS duquel on n'a quasiment plus rien à attendre, je parle de toutes les oppositions qu'elles soient politiques, syndicales, citoyennes... Vous ne trouvez pas bizarre que ce soit Villepin qui hérite de la palme du meilleur opposant et Pasqua de celle de meilleur espoir masculin pour sa grande interprétation du sénateur intègre et humaniste quand il s'est exprimé sur l'amendement scélérat Mariani dite des tests adn? Il a vraiment quelque chose de pourri dans cette situation. Comment expliquer sinon que la grogne arrive des rangs de l'UMP alors que le reste du pays reste abasourdi. Certes cette protestation pue le règlement de compte, l'aigreur et la défense d'un pré-carré politique mais elle existe et elle peut déstabiliser ce qui semblait inébranlable.
Du coup ça donne de l'audace aux "réformateurs". Les déclarations belliqueuses se multiplient. Sarkozy veut en découdre avec notre modèle social. Rien de moins. Et il serait idiot de ne pas battre le fer tant qu'il est chaud. Sur l'immigration encore, la droite aggrave son cas: les centres d'hébergement des sans-abris ne pourront accueillir que ceux qui sont en situation régulière et qui pourront justifier leur présence sur le sol sacré de France. Un déni évident d'humanité. On demande aux associations rien de moins que de laisser crever des gens. Obliger les bénévoles, qui s'engagent à aider et supporter les plus démunis, à renier tous leurs principes. Les obliger à fermer leur porte et leur coeur à la souffrance et au désarroi d'êtres humains. Existe-t-il être plus misérable, plus pathétique, plus désemparé qu'un sans papier, sans abri, apatride? Quel serait le sens d'un engagement si on devait délaisser les plus faibles? Des pressions et demain? Une pénalisation des associations et des bénévoles qui auront commis le crime infâme de porter secours à leur semblable démuni. J'arrête et j'attends une opposition. En attendant pétitionnons, faute de mieux.
18:20 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, ADN, pétition, Charles Pasqua, Galouzeau de Villepin





