16.02.2007

A vous de juger François Bayrou

medium_CAWN2N2B.jpgBayrou sort de l'ombre. Bayrou est confiant. Il n'a jamais été aussi confiant, en lui même et en son avenir. Sarkozy ne cesse de dire qu'il a changé et personne n'y croit. Bayrou, lui, n'a pas besoin de dire qu'il a changé et tout le monde le voit. Finalement le charisme n'est qu'un fantasme collectif, une projection. Sa confiance, son assurance le rend plus charismatique. La force tranquille, c'est lui. Même les bégaiements ont disparu. Il faut dire qu'il n'avait pas de contradicteur, ça aide. Il faut dire aussi qu'il était en pleine possession de ses moyens, calme, posé, reposé, reposant, trop peut-être. 

Maintenant sur le fond. Au cas où on ne l'aurait pas compris, Bayrou est du centre. Définition du centre, négative, lapalissante: "ni la gauche, ni la droite". Et son programme? Ni de gauche, ni de droite. C'était un peu lassant cette manie de se vouloir toujours au milieu des deux autres. A égale distance. C'est son programme. Un peu ridicule aussi. Peut-être était-ce à cause de la forme des questions qu'il était obligé systématiquement de dire: "ni l'un, ni l'autre, ils ont de bonnes idées mais...". Au dix-neuvième siècle on aurait appelé Bayrou, de manière péjorative, un juste milieu, c'est-à dire un petit bourgeois. Ses propositions? Souvent ne rien changer. Malheureux, le changement, faut pas le dire trop fort, ça effraie. Il ne fait pas de promesse non plus. Bouh là là, les promesses, ça engage et puis c'est criticable. Lui, dit: "c'est démagogique". La démagogie, Bayrou, c'est pas son truc. On pourrait aisément railler, se gausser et lui objecter que... Mais bon, Arlette le laisse dire. Le journaliste s'efface. ce qui est important ce sont les préoccupations des gens. Et pour le second tour? Faut pas dire! T'es un ouf toi, le second tour, si je dis, je suis cuit. C'est en substance sa réponse. 

Pour être tout à fait honnête, il n'a pas été mauvais... dans les attaques contre Sarkozy. Sauf que je suis pas sûr que ces attaques nuisent vraiment à Sarkozy. Elles nuiront plus surement et plus directement à Ségolène. paradoxe? En apparence seulement. en s'érigeant en dernier rempart contre  Sarkozy, il drague l'électorat d'extrême centre gauche.Je crois toutefois qu'une ou deux formules feront mouche. Notamment sa réflexion sur la conception du pouvoir... Sarkozy aurait une conception autoritaire et confiscatrice du pouvoir (ah bon, j'avais rien remarqué). Sur Ségolène... Rien, ou presque. Déjà disqualifiée. Pas besoin de l'enfoncer. Il ne la connaît pas. L'autre, il l'a fréquenté mais nie avoir été un jour proche de lui. Sur le profil d'un éventuel premier ministre. Jacques Delors. Dommage, il est trop vieux. Il aurait pu dire Rocard aussi. Trop vieux? Peut-être DSK... Mais personne pour lui dire qu'il faudrait aussi penser aux législatives et qu'avec un appareil comme le sien, aucune chance. Une cohabitation à coup sûr. Donc ça mange pas de pain de dire qu'il pourrait gouverner avec les deux bords. Logique, il gouvernera avec ce que les urnes lui donneront.