29.04.2007

Sortir le dialogue de la confidentialité

Heure, chaîne, date confidentielles... Petit rattrapage!

28.04.2007

De quoi a peur M. Sarkozy?

C'est fait! La rencontre a eu lieu. Service minimum. Sur une chaîne du câble confidentielle, à une heure de faible écoute. Oui, il y avait les radios mais bon vous ne m'ôterez pas de l'idée que rien ne vaut une chaîne hertzienne à une heure de très grande écoute.
 
Finalement Sarkozy a gagné sur ce point. Sur ce point seulement, parce que la rencontre a eu lieu et qu'elle a mis en relief la convergence des deux candidats. Malgré le ralliement conditionnel et conditionné de nombreux élus UDF, en majorité des députés dont la faculté à prendre des décisions a été stimulée par la proximité de l'échéance électorale (c'est vrai que pour des centristes ils ont été prompts à la détente), malgré le recentrage d'un discours qui fleurait naguère les accents frontisants, Sarkozy ne mordra pas aussi largement qu'il le souhaitait dans le gros gâteau des électeurs centristes.
 
Vous me direz, il est toujours en tête, son avance est confortable, il la gère bien, il n'a pas besoin de la majorité des électeurs centristes, quelques uns lui suffisent; contrairement à Royal qui elle est acculée et doit prendre le maximum de voix au centre... Sauf, sauf! Sauf s'il y a un électrochoc! Gérer l'avance c'est noyer la campagne pour que rien ne se passe. Et ce dont M. Sarkozy avait peur c'est justement que cette rencontre ne soit perçue comme un moment important voire historique. Il a naturellement tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu et maintenant qu'elle a eu lieu il a intérêt à tout faire pour en minimiser l'importance...
 
Que devons-nous juger de cette rencontre? A dire vrai, si l'on s'attache au fond, pour peu qu'on ait un peu suivi la campagne, rien de bien nouveau n'a été dit. Les convergences et les divergences avaient déjà été bien affirmée et tout le monde les connaissait. La rencontre tient plus du symbolique que du pragmatique.  Quel symbole? Le dialogue, le dialogue comme méthode démocratique, comme base irremplaçable de la démocratie. Le dialogue qui s'oppose à la manière un peu brutale, parce qu'unilatérale, brutale, parce qu'imposée et non consentie, brutale, parce que fondée sur l'autoritarisme plus que sur la persuasion. Un autre projet de société, parce que c'est de cela surtout qu'il s'agit, s'est donné à voir, d'où l'importance de la télévision, un projet de société dont le dialogue entre Bayrou et Royal se voulait la preuve. La démocratie par la preuve, la démocratie par les actes. Toute la méthode Royal est là.
 
Bien sûr, il ne s'agissait pas d'un véritable débat. Bien sûr il s'agissait plus d'une représentation de débat. Chacun (surtout Bayrou pour être honnête) avait beaucoup de recul par rapport à lui même et à son propre discours. Tous deux étaient détendus et souriants conscients d'avoir joué un bon coup, et satisfaits d'avoir réussi à contourner l'omertà  journalistique imposée par Sarkozy et son entourage.
 
Bien sûr, les esprits chagrins diront qu'on s'est ennuyé ferme et que ça manquait et de suspens et d'enjeu. Ceux-là n'ont pas compris le véritable enjeu. Ceux-là n'ont pas compris qu'il s'agissait justement de donner un autre spectacle de la politique.  Ceux-là ne sont intéressés que par le côté effets de manche d'histrions de la joute et nullement par les glissements subtils (et moins subtils d'ailleurs) qui s'opèrent dans le champ politique. J'aime le débat, j'aime la confrontation mais c'est bien que des discutions apaisées, qui se passent généralement en off, puissent avaoir lieu au grand jour. Le vrai mensonge c'est de laisser croire que toute la vie politique se réduit aux joutes télévisées! Le vrai mensonge serait de dire que la vraie physionomie de l'assemblée nationale est celle que l'on voit les jours où les caméras sont présentes. Oui, il y a des prises de contact de part et d'autre, oui elle se passe souvent dans la connivence et dans la concertation détendue. Finalement ce rendez-vous était un moment salutaire, parce que fort rare, de vérité politique.
 
Je laisse le soin à d'autres de compter les bons points et les mauvais points, de les distribuer de manière plus ou moins équitable. Les polémiques, je m'en passe pour le moment, qu'elles viennent de la gauche ou de la droite. Les débats citoyens houleux, je me les réserve pour l'après élection. Gardons-nous de  vaines attaques.