01.06.2007

Dictature des sondages, encore et toujours

9aca80779f4b991d52a38ec8e3b05d5c.jpgNon, non, je ne vais pas revenir sur les côtes de popularité du Fillon de Sarko et de Sarko lui-même. Pas besoin d'y revenir et puis à quoi servirait-il de les commenter.

Ce qui me préoccupe c'est que Royal est encore là et bien là pour longtemps et qu'elle tire une nouvelle fois sa légitimité de sa côte de popularité sondagière. Une question simple: être populaire ou prétendument tel suffit-il à faire un bon homme politique? Zidane président!

Putain quand on a que ça comme programme, on la boucle.Elle avait déjà été imposée par les sondages et on a vu le résultat. Elle nous a tous mis dedans à cause des sondages. Et là, rebelote. Madame se voit en chef de l'opposition, confortée par les sondages. Et elle donne des missions à la droite. "Etre vigilant, surveiller, proposer, protéger." Sa précision légendaire fait encore une fois mouche. On dirait la devise de la police. Encore un putain de slogan à la con! Et bien sûr il faut "continuer à venir sur Désirs d'avenir". Wow! ça c'est du programme!

Et elle y croit dur comme fer que quelque chose est née pendant ces élections. En tout cas elle le martèle en se disant que ça va bien finir par rentrer. J'ai envie de lui dire que si quelque chose est né pendant cette campagne c'est un rejet de Sarkozy, malgré elle. On aurait pu mettre un canasson (génial Caligula) à la place ç'aurait été pareil. Le canasson eût même pu mieux s'en sortir.

Qu'on arrête de nous bassiner avec ce quelque chose s'est levé. Si quelque chose s'est levé c'est un immense dégoût pour son populisme réac' et sa personne suant l'autoritarisme guindé et le moralisme rance. Si quelque chose a vu le jour c'est sa face de dame patronnesse condescendante et défiante envers le peuple. Qu'on n'essaie pas de nous vendre une nouvelle fois cette image trompeuse qui nous consuira à la faillite. Il faut sortir de l'image et du slogan. Il faut se sortir les doigts du cul et se mettre vraiment au travail.

C'est elle qui a propagé l'idée qu'on ne pouvait pas créer une dynamique de victoire avec les acteurs des défaites passées. Elle a perdu, qu'elle se mette en retrait. Et de rejeter aussi la faute sur Bayrou qui n'a pas su avoir l'audace de la faire gagner. "A un moment, l'histoire passe, il faut la capter. Il a manqué d'audace." Ouais! L'Histoire qui passe... à cheval sûrement. Le PS, Bayrou, les Français, le sens du vent, l'influence de la pleine lune (qu'on sousestime trop...) mais pas elle!

 

 

Face à la vague bleue madame Royal veut une vague blanche! Une vague royaliste. Exit le rouge. Bye bye le rose. Vive le blanc. Vive le royalisme! Ou une belle vague d'écume, sans force ni consistance. Ou une vague blanche, sans idée, comme une vaste page blanche et vertigineuse, vide.

29.04.2007

Sortir le dialogue de la confidentialité

Heure, chaîne, date confidentielles... Petit rattrapage!

28.04.2007

De quoi a peur M. Sarkozy?

C'est fait! La rencontre a eu lieu. Service minimum. Sur une chaîne du câble confidentielle, à une heure de faible écoute. Oui, il y avait les radios mais bon vous ne m'ôterez pas de l'idée que rien ne vaut une chaîne hertzienne à une heure de très grande écoute.
 
Finalement Sarkozy a gagné sur ce point. Sur ce point seulement, parce que la rencontre a eu lieu et qu'elle a mis en relief la convergence des deux candidats. Malgré le ralliement conditionnel et conditionné de nombreux élus UDF, en majorité des députés dont la faculté à prendre des décisions a été stimulée par la proximité de l'échéance électorale (c'est vrai que pour des centristes ils ont été prompts à la détente), malgré le recentrage d'un discours qui fleurait naguère les accents frontisants, Sarkozy ne mordra pas aussi largement qu'il le souhaitait dans le gros gâteau des électeurs centristes.
 
Vous me direz, il est toujours en tête, son avance est confortable, il la gère bien, il n'a pas besoin de la majorité des électeurs centristes, quelques uns lui suffisent; contrairement à Royal qui elle est acculée et doit prendre le maximum de voix au centre... Sauf, sauf! Sauf s'il y a un électrochoc! Gérer l'avance c'est noyer la campagne pour que rien ne se passe. Et ce dont M. Sarkozy avait peur c'est justement que cette rencontre ne soit perçue comme un moment important voire historique. Il a naturellement tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu et maintenant qu'elle a eu lieu il a intérêt à tout faire pour en minimiser l'importance...
 
Que devons-nous juger de cette rencontre? A dire vrai, si l'on s'attache au fond, pour peu qu'on ait un peu suivi la campagne, rien de bien nouveau n'a été dit. Les convergences et les divergences avaient déjà été bien affirmée et tout le monde les connaissait. La rencontre tient plus du symbolique que du pragmatique.  Quel symbole? Le dialogue, le dialogue comme méthode démocratique, comme base irremplaçable de la démocratie. Le dialogue qui s'oppose à la manière un peu brutale, parce qu'unilatérale, brutale, parce qu'imposée et non consentie, brutale, parce que fondée sur l'autoritarisme plus que sur la persuasion. Un autre projet de société, parce que c'est de cela surtout qu'il s'agit, s'est donné à voir, d'où l'importance de la télévision, un projet de société dont le dialogue entre Bayrou et Royal se voulait la preuve. La démocratie par la preuve, la démocratie par les actes. Toute la méthode Royal est là.
 
Bien sûr, il ne s'agissait pas d'un véritable débat. Bien sûr il s'agissait plus d'une représentation de débat. Chacun (surtout Bayrou pour être honnête) avait beaucoup de recul par rapport à lui même et à son propre discours. Tous deux étaient détendus et souriants conscients d'avoir joué un bon coup, et satisfaits d'avoir réussi à contourner l'omertà  journalistique imposée par Sarkozy et son entourage.
 
Bien sûr, les esprits chagrins diront qu'on s'est ennuyé ferme et que ça manquait et de suspens et d'enjeu. Ceux-là n'ont pas compris le véritable enjeu. Ceux-là n'ont pas compris qu'il s'agissait justement de donner un autre spectacle de la politique.  Ceux-là ne sont intéressés que par le côté effets de manche d'histrions de la joute et nullement par les glissements subtils (et moins subtils d'ailleurs) qui s'opèrent dans le champ politique. J'aime le débat, j'aime la confrontation mais c'est bien que des discutions apaisées, qui se passent généralement en off, puissent avaoir lieu au grand jour. Le vrai mensonge c'est de laisser croire que toute la vie politique se réduit aux joutes télévisées! Le vrai mensonge serait de dire que la vraie physionomie de l'assemblée nationale est celle que l'on voit les jours où les caméras sont présentes. Oui, il y a des prises de contact de part et d'autre, oui elle se passe souvent dans la connivence et dans la concertation détendue. Finalement ce rendez-vous était un moment salutaire, parce que fort rare, de vérité politique.
 
Je laisse le soin à d'autres de compter les bons points et les mauvais points, de les distribuer de manière plus ou moins équitable. Les polémiques, je m'en passe pour le moment, qu'elles viennent de la gauche ou de la droite. Les débats citoyens houleux, je me les réserve pour l'après élection. Gardons-nous de  vaines attaques. 

26.04.2007

L'UMP ne s'y est pas trompé

Qui tape sur Bayrou? L'UMP et à bras raccourci en plus. C'est qu'ils ont bien compris qu'il n'avait pas fini de leur poser problème. Eliminé au premier tour, il viendrait encore leur chercher querelle au second! C'est pas du jeu. Le côté irréductible gaulois qui ne veut pas se soumettre à l'hégémonie, ça commence à les fatiguer. C'est que la contradiction, ils n'aiment pas ça à l'UMP. Ils n'ont pas crée un parti aussi gros pour se laisser emmerder par des petits, des sans groupe parlementaire fixe. Indépendance? Et puis quoi encore! Alors ils tapent, moquent, menacent pour faire taire le fanfaron, le vantard qui naguère ne pesait guère et qui commence à peser... lourd même sur leur petit estomac délicat.
 
Oui, il y aura bien un débat prochainement. Mais il aura lieu avec Ségolène Royal. Sauf erreur de notre part, ce n'est pas François Bayrou qui a été sélectionné par les Français pour le second tour.»  
 
Le mépris. Il n'existe pas. Tout comme au premier tour avant de voir qu'il se passait quelques chose dans l'électorat et de rectifier le tir. Le mépris à nouveau dans la bouche de Sarkozy:  "la finale d'une compétition se joue entre les n° 1 et n° 2. Le troisième, il fait autre chose"  
 
 
Et de jouer la carte de la hauteur de vues et de la dignité morale en dénonçant les combinaisons politiques, les manœuvres d'appareils. «Moi, je m'adresse au peuple, pas aux partis. [...] Le président n'est pas l'homme d'un clan, d'une secte...» 
 
La palme de la pique acerbe revient peut-être à Lellouche qui a vu en Bayrou un Ponce Pilate: " Bayrou n'a pas été tendre avec Nicolas Sarkozy, mais il a surtout joué les Ponce Pilate en ne choisissant pas."
 
Une indécision qui a conduit à un déicide! Ponce Pilate s'en lave les mains, ce n'est pas le cas de Bayrou. C'est pour ça qu'ils s'énervent. C'est pour ça qu'ils veulent le réduire au silence. C'est pour ça qu'ils feignent de l'ignorer pour mieux le museler. C'est plus que l'électorat centriste qu'il risque de toucher.
 
Et pendant ce temps là les Judas du centre donnent un dernier baiser à Bayrou pour mieux rejoindre Robien et Sarko pour quelques deniers, pour quelques voix politiques. 
 
Pardonne-leur Bayrou, ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Dans quelques années on moquera leur peu de discernement politique. 
 
medium_Ponce_20Pilate_201.jpg
 
 
 

25.04.2007

Où l'on apprend que M. Nicolas Sarkozy est contre les petits arrangements et la politique politicienne

Bayrou parle de son entrevue avec Sarkozy. 

 

Pour résumer,(Sarkozy)- Chirac est vieux et usé, on aura pas de mal à lui niquer la gueule si on s'unit.

(Bayrou)-Merci mais je veux pas de ton alliance.

24.04.2007

Ni-Ni

medium_CA2BGDU7.jpgJe comprends bien ce que disent les analystes mais je ne comprends pas comment il pourrait s'en sortir... Le "il" c'est Bayrou. S'il s'allie avec la droite, il trahit. S'il s'allie avec la gauche, il trahit.

Au delà de ça, s'il s'allie avec la droite, il tue son tout nouveau mouvement et sa toute nouvelle crédibilité en redevenant un satellite de l'UMP. Il se retrouve dans la situation qu'il a voulu fuir, pressuré, phagocyté par l'hégémonique mouvement populaire. A quoi toute geste aura-t-elle servi? A obtenir le respect, certes, mais bon combien de temps cela va-t-il durer? Et puis parviendra-t-il à faire en sorte de peser? Et surtout, il n'aura plus cette position anti-système si commode et qui lui a tant réussi. Et les nouveaux électeurs qu'il a conquis avec ce discours "ni-ni" iront chercher bonheur ailleurs.

S'il s'allie à la gauche, certains y verraient une certaine logique. Ce serait comme l'aboutissement de ce mouvement vers le centre ou plutôt de ce mouvement de rejet et de l'hégémonie et de la nouvelle idéologie de la droite umpiste. Sauf que voilà, tout le monde le dit, ses amis élus sont encore des élus de droite, élus avec les voix de droite. Sauf que voilà, ses amis élus de droite veulent rester élus. Et donc voilà, ils ne voudront pas le suivre et préfèreront être élus sans lui que de le suivre dans une aventure incertaine. Et puis ils se sentent de droite et ne peuvent se résoudre à changer ce qui était un des constituants essentiels de leur identité.

S'il s'allie à la gauche, la gauche ne sera plus la gauche et certaines gens de gauche risquent de ne pas adhérer. Elles ont toujours été de gauche et ne voudront pas se résoudre à abandonner ce qui était un des principaux constituants de leur identité. Ce qu'elle gagne à droite, Royal risque de le perdre à gauche. Il y a certes la super glu Sarkozy, capable de faire adhérer ensemble les éléments les plus hétéroclites mais bon... elle peut avoir des limites et il ne faut pas tout miser sur lui...

S'il ne se prononce pour personne. S'il reste un niniste buté et inamovible, il risque de se retrouver dans une belle panade pour les législatives. S'il n'y a pas d'accord, ses candidats risquent soit de se tourner vers des formations plus enclines à leur assurer une réélection, soit de se trouver pris dans des triangulaires qui lamineront complètement le groupe parlementaire de l'UDF. La vague orange risque de s'assécher.

Il pourrait se prononcer sans se prononcer. Soutenir sans soutenir. Négocier quelque chose qui permette  à son groupe de survivre. Des réformes institutionnelle, par exemple... 

23.04.2007

Qui a tué Le Pen?

Pour l'UMP, la réponse est simple. Pour les médias aussi d'ailleurs. Sarkozy. C'est tout bénéf' pour lui de se poser en matador de la bête immonde. Cette posture l'exonèrerait presque de toutes ses sorties, de toutes ses provocations, de toutes ses inquiétants dérapages. Ma stratégie a réussi. La réussite comme pierre de touche du Vrai, du Bien, du Bon. Encore faudrait-il démontrer que c'est bien sa stratégie qui est venu à bout de Le Pen. Il faudrait que les spécialistes répondent clairement à cette question "quia tué Le Pen" en se défiant des évidences. Moi je vois d'autres explications: la vieillesse de Le Pen, sa campagne calamiteuse... mais aussi de Villiers, Bayrou, pourquoi pas Royal et Besancenot... et surtout la mobilisation de l'électorat, l'augmentation des votants et de la participation... Pourtant pour l'UMP et surtout pour les médias, la question ne se pose pas. C'est Sarkozy. L'enfumage continue...

17.04.2007

Voilà, voilà...

medium_spel_lotr_1_.jpgBen puisque tout le monde s'y met et que le vote n'est plus une affaire privée, intime... Intimité? Je suis con, on est des blogueurs non? Et des blogueurs qui se piquent de publier leurs opinions en plus... Donc puisque tout le monde dit merde à l'intime et étale, étalons... Alors voilà. Je suis de gauche. Je n'aime pas Sarko. Je veux éviter qu'il passe. Il va falloir que je la joue serré. Il va falloir que je fasse un vote tactique. Utile si vous voulez. Sauf que la tactique est la chose du monde la mieux partagée, comme le bon sens... Mais personne ne s'accorde sur la tactique. On pourrait s'accorder non? Surtout entre gens de gauche. Bien, bien... On pourrait se dire que c'est plutôt mieux, quand on est de gauche et qu'on veut voter moins pire, de voter pour Ségo... Oui mais... Je me perds. Ségo c'est Ségo et ça suffit. Pas sûr qu'elle franchisse le premier tour. Et puis on a dit "de gauche". Si elle gagne le PS est contrôlé par des ségolistes. Beurk. Et puis. Et puis? Ben et puis même au deuxième tour on nous a dit qu'elle allait se faire laminer. Vous savez elle sait pas débattre, elle dit trop de conneries et puis c'est Ségolène et ça suffit. Et puis Ségolène au deuxième tour elle va faire alliance avec l'UDF, on veut pas ça non? Si? Je sais pas, je m'embrouille... Ben le ségolisme est quand même un centrisme et un libéralisme mou. Nous on est de gauche. Donc si elle passe on est baisés. Elue avec les voix de l'UDF... Ce sera pire. Le PS? Ben elle s'en branle du PS. Et puis c'est Ségolène. Alors certains de gauche, enfin du PS eh bien ils ont une idée qu'elle est bonne. On la fait se bananer. Son mouvement, qui n'en est pas un et qui n'est qu'un ramassis d'opportunistes mus seulement par l'assurance de gagner et par l'espoir d'être récompensés pour leur ralliement plus ou moins précoce, va se casser la gueule et on va pouvoir reprendre la main dans le parti et se réveiller de ce cauchemar... Qui pourrait être en capacité de la planter? Oh y a bien Le Pen mais on est de gauche, je vous le rappelle. De gauche et réalistes donc on va pas voter pour les fantaisistes, pour les utopistes ou, pire, pour ceux qui n'ont aucune chance d'être élus. C'est un vote perdu. Pas un vote tactique. Pas un vote utile. Ah oui. Il y a bien Bayrou. On nous a dit qu'il devenait crédible. il y a des gens bien, anciens du PS, qui se sont ralliés à sa cause... Et puis il a eu le courage de se rapprocher de nous. il nous a donné des gages. Il est anti Sarko à mort. Avec un peu de chances en plus, il n'aura pas la majorité qu'il souhaite et le PS pourra faire quelque chose pour les législatives et... gouverner. Ah oui, ça c'est tactique. On se débarrasse de Ségo, on gagne les législatives et on nique doublement Ségo et Sarko. Ah ouais mais rien ne nous dit qu'on va pouvoir aggner les législatives... Et puis Bayrou président voudra casser le PS. Plus de PS, plus de victoire PS aux législatives. Et si au lendemain de la victoire Bayrou c'est l'hémorragie au PS? Merde. OPA hostile. En même temps c'est Bayrou. On va pouvoir le manoeuvrer. Il a trop besoin de la gauche. Sans elle, il n'existe pas... Ah ouais chouette ce sera Bayrou... Fins tacticiens. Ouais mais tout ça c'est sur la foi des sondages que je le fais. Et si Bayrou était un vote à perte et qu'en fait il ne pesait rien? Ah merde y a doute. C'est un phénomène qui ne repose sur aucune base solide... C'est pas la première fois certes mais quand même le doute peut être permis... Et puis un doute m'habite: le PS pourra-t-il se relever d'une nouvelle défaite et surtout être opérationnel pour les législatives. L'appareil se déchire déjà. Le premier tour n'est pas encore passé. Merde, merde, merde! C'est pas simple la tactique... Et puis reprendre la main mais autour de qui? Ouille ouille ouille. Et puis le résultat sera celui qu'on voulait éviter: le libéralisme mou... On aura même hérité consensus mou, de la démocratie molle et même du président mou... Merde merde merde. Faut que je réfléchisse encore. Et si la tactique c'était de peser à gauche? Ah ouais mais on a déjà joué à ce jeu et résultat... Saloperie de vote utile! Oh et puis merde z'avaient qu'à faire des programmes ces cons de centristes aussi. C'est pas tout de faire du markéting politique. Il l'auront bien cherché. Surtout le PS qui a mal compris le messagne du 22 avril... Si on a voté à gauche du parti c'est qu'on trouvait le parti trop à droite. Logique non? Et eux leur réponse c'est Ségo! Faut pas nous prendre pour des jambons. Si on vote massivement à la gauche du PS peut-être qu'ils comprendront cette fois. Et puis même pour rire et pour de semblant on peut pas voter pour Bayrou quand même... On a déjà été obligés de voter pour Chirac... Ah ouais mais c'est parce qu'on avait oublié de voter pour Jospin... Oui mais Bayrou quoi! Imaginez l'angoisse avec notre bulletin Bayrou à la main... Du coup les machines électroniques c'est mieux dans ce genre de cas. C'est comme la guillotine: plus rapide, plus hygiénique, plus humain. Pas tous ces affres. Tous ces préparatifs: choisir parmi les bulletins, jeter celui vers lequel notre coeur allait, le récupérer, hésiter, le jeter à nouveau, glisser le bulletin fatidique dans l'enveloppe... Et tout ça seul, isolé, la peur au ventre, le temps qui se dilate douloureusement.... Qu'est-ce qui peut passer par la tête de quelqu'un condamné à voter Bayrou à ce moment-là? Non! je ne peux pas me résoudre à l'accepter. C'est barbare, inhumain... Et si finalement j'en avais rien à péter de la tactique. Attend faut la jouer au cinquième degré pour anticiper les intentions de tout le monde. La stochastique c'est pas mon fort en plus. Je suis dans la merde et quitte à être dans la merde que je vote au moins selon mes convictions... je ne voterai pas ce qui est utile pour eux mais ce qui est utile pour moi. Ce qui me permettra de dormir tranquille. Ce qui me permettra d'être raccord avec ce que je pense. Fais ce que dois, advienne que pourra. C'est vrai quoi crotte à la fin. En plus le premier tour c'est fait pour ça. puis je me dirai que je n'ai pas cédé au chantage de tous. Une société de responsabilité. Je vais faire un vote juste. Enfin celui que je crois tel. Lequel? Eh bien ça aussi je vais pas faire comme tout le monde. L'exercice imposé très peu pour moi. Et puis ça intéresse qui? Si au moins j'étais sûr qu'y avait des gens pour me suivre. Je suis pas un blogueur leader d'opinion. Vous avez vu que j'ai même du mal à leader mes propres opinions alors... Si j'ai un conseil à vous donner c'est votez pas utile... Votez pas inutile non plus. Voyez où est la vraie utilité. La vraie tactique c'est d'être fidèle à ses valeurs et à ses principes et tout le reste n'est que stratégies de bas étage... Enfin je dis ça je dis rien tout le monde le sait et le dit... Il faut juste l'appliquer quoi. Mais c'est vrai que tout ça fait peur. C'est peut-être l'effet recherché remarquez.

14.04.2007

Mon appel n'était pas un coup de poignard...

medium_thumbnail_88_.jpgEt ta mère! Rien que de le formuler, c'est l'avouer... Ou avouer, tout du moins, la manière dont une certaine partie de la gauche a pris cet appel. Le PS embarrassé, Bayrou exultant. Rocard apporte de l'eau à son moulin. Il rend crédible ce qui faisait gentiment sourire beaucoup de Français. Il donne corps, il confirme ce qui était le credo et pour tout dire le seul argument de Bayrou... Alliance des personnes de bonne volonté. Avouer que le PS s'alliera avec l'UDF c'est faire perdre, à coup sûr, Mme Royal et faire gagner Bayrou. Pourquoi choisirait-on Royal? La frange gauche ira voter ailleurs, la frange droite préfèrera voter directement Bayrou... Il restera à Royal que la frange qu'elle a sur son front botoxé (oui elle est facile...). Belle revanche de Rocard, le mal aimé du PS. Il aura obtenu ce qu'il souhaitait, la mort du PS, la création d'un parti du centre débarrassé de tous les gauchistes qu'il exècre. Ce n'est pas un coup de poignard, c'est un coup de massue.  

Peut-être qu'elle l'a mérité mais il faut bien avouer qu'elle n'a pas beaucoup été aidée Royal. Pas un pour rattraper l'autre, ans son camp. A croire qu'ils font tout pour la dézinguer. Remis en cause à gauche, remise en cause à droite, elle n'a personne sur qui s'appuyer. Les coups les plus durs ont été portés par des socialistes, des néo socialistes, des simili socialistes mais en aucun cas par la droite qui n'avait que l'incompétence à la bouche (argument popularisé d'ailleurs lors de la campagne interne d'investiture). Et chacun, bien sûr, au nom de la stratégie (faute d'idéologie), au nom de la victoire, au nom... de la rose. Elle l'a peut-être mérité.

13.04.2007

Le Grand Dévoilement

medium_thumbnail_90_.jpgL'heure de vérité approche. Certains veulent la hâter. Rocard, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a appelé clairement les deux candidats du centre à prendre position. Ségolène et François (l'autre François). Un mariage de raison. Idéologiquement, pour Michel Rocard, plus rien d'insurmontable ne sépare les deux formations qu'il appelle sociaux démocrates et démocrates sociaux. On croirait entendre "bonnet blanc" et "blanc bonnet". Non seulement plus rien ne les sépare mais en plus tout les rapproche. Par "tout" il faut entendre la conjoncture, le moment historique, l'urgence du moment... Le moment propice, pour Rocard est venu. Au nom de l'Europe, au nom de la France, au nom de la défense des plus démunis et surtout au nom de la politique du moins pire!

On ne pourra pas dire qu'on ne l'a pas senti venir ce coup. Qu'il vienne de Rocard, c'est encore plus attendu. Donc le moment fatidique est arrivé. Redouté par certains, attendu par d'autres. Le PS grince sous la poussée de ses forces contradictoires. François Hollande sent le danger et prend les devants, ou pare au plus pressé en affirmant qu'aucune alliance n'est possible. Il ne pourra pas dire qu'il ne l'avait pas vu venir ce coup. A moins que ce ne soit un brèle fini. Il aurait peut-être préféré attendre que le premier tour soit passé.Il aurait sûrement préféré compter ses troupes avant de probables parlementions. Il aurait sans doute préféré négocier en étant en position de force. Mais là Rocard le presse. 

En même temps, il faut dire que le coup est porté au bon moment. Le PS est déjà travaillé de l'intérieur par le doute et les rancoeurs. De l'extérieur par la crainte des électeurs de voir Sarkozy accéder au pouvoir. L'électorat pardonnera-t-il au PS une nouvelle déconvenue électorale? Les élus eux-mêmes resteront-ils attachés à un parti incapable de gagner des élections? L'argument est de taille. Sarkozy. 

TSS. Un front républicain. Une alliance opportuniste. De grandes manoeuvres. 

La résurrection de la momie. Il avait maudit le PS qui ne lui a pas laissé sa chance, lui qui avait de grandes prétentions. On avait peur des éléphants et c'est un mammouth qui s'invite dans la campagne.

Quoi qu'il arrive, le PS risque de laisser quelques plumes dans cette élection. 

Comme Rocard, prions, mes frères, pour être parmi les élus quand le Grand Dévoilement arrivera. 

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