05.02.2007

Billet participatif

medium_thumbnail_67_.jpgTous étaient réticents. Tous restent sceptiques. On ne voit pas très bien ce que l'on peut faire de toutes ces réactions, de ce tout venant. On ne voit pas comment faire une synthèse de cette prise de parole débridée et sans ordre. Ce qui dérange le plus finalement, c'est que la parole autorisée se mêle à la parole habituellement délaissée, que la parole spécialisée se mêle à la parole néophyte. La droite criera au gadget, ,pire elle accusera la droite de relativiser, de niveler la parole ou encore la Vérité. 
 

Je vous l'avoue, je n'étais pas un farouche partisan du tout participatif... Enfin, je n'étais pas pour ces débats participatifs là. Pourquoi? Soyons honnêtes parce que l'idée venait de Ségolène. La même Ségolène qui avait proposé l'encadrement militaire, la même qui avait proposé les "jurys populaires. C'est ce mot de "jury" qui a fait hurler tout le monde, à droite comme à gauche. Ségolène a eu beau expliquer, nuancer, remettre les choses à leur place; rien n'y a fait. Il fallait jeter le bébé avec l'eau du bain.
 
 
Eh bien je me suis trompé. Les débats participatifs ne sont pas des jurys populaires, c'est plutôt une formidable occasion de changer les pratiques politiques, une occasion formidable d'impliquer, d'éduquer, de faire adhérer profondément les électeurs. Après il y a cette impression de fouillis, d'hétéroclite, de  "ça part dans tous les sens. Ben c'est justement là que la chose est intéressante. Pas de cadre, pas d'ordre du jour et quand il y en a un il explose... Preuve que la parole est débridée, que les Français établissent eux-mêmes les priorités.
 
 
Tous trouvent normal d'utiliser les sondages (beaucoup plus aléatoire et surtout orientés) pour dire quelles sont les priorités, et "ce que pensent les Français mais personne pour aller leur poser directement la question, près de chez eux, de faire naître la parole, de provoquer l'échange. L'heure de la synthèse, il faut juste qu'elle soit honnête. L'intelligence collective est un vrai concept qui puise dans la science des systèmes et dans les courants sociologiques qui s'en inspirent. Le tout n'est pas réductible à l'addition des parties qui le composent. Ici la somme des débats n'est pas réductible à la somme des débats locaux. La synthèse doit être cela: le compte rendu des émergences.
 
 

Au lieu de saluer l'expérimentation, la prise d'initiative, tous continuent à critiquer à tout va. Pourtant, la démocratie participative, de proximité, ou que sais-je encore, tous s'en réclament. C'est comme l'écologie, tout le monde en veut les dividendes politiques mais personne ne veut en appliquer les principes. Eh bien là nous avons la chance d'avoir quelqu'un qui ose faire quelque chose de nouveau (reconnaissons-lui au moins ça)  et qui ose proposer quelque chose malgré la levée de boucliers conjointe de la gauche et de la droite.