20.10.2007
Cécilia Sarkozy
Il y a différentes manières de rentrer dans l'Histoire. "La femme qui a dit non!", ça en jette, isn't it? Fait inédit en France (et dans le monde?). N'y voyez aucune ironie, surtout. N'y voyez pas non plus un plaisir seulement sadique. Oui c'est bien fait pour sa gueule à l'autre mais c'est pas le propos. L'important c'est ce renoncement inattendu. Qui aurait pu s'attendre à ce qu'elle parte de nouveau et pour de bon? Qui aurait osé imaginer que celle que l'on présentait quelquefois comme une droguée du pouvoir, une arriviste de première, une fille qui s'est faite à la force de son... charme, pourrait renoncer, dans un geste sublime, alors qu'elle est enfin au sommet. Imaginez Rastignac refusant les honneurs. Belle-Amie l'a fait.
Et dans le "pas de commentaire" élyséen on se plaît à imaginer. Partie pour retrouver son nouvel amour. Jackie et Onasis. Renoncer au pouvoir pour suivre l'amour. Romanesque, non? Bien sûr qu'elle ne s'est pas acoquinée avec un gueux, un va-nu-pieds. Pas folle non plus. Elle ne se retrouve pas à la rue mais bon il y a ce panache, partir, refuser à celui à qui on ne refuse plus rien en France, celui à qui toutes et tous cèdent.
Et le "sans commentaire" élyséen contraste avec le prolixe des interviews que Cécilia a accordées à "l'est républicain" puis au magazine "Elle", beaucoup plus glam pour une rupture que "la dépêche du midi"... Elle revient sur sa passion avec Nicolas, sur les efforts et les sacrifices qu'elle a dû faire pour le suivre dans sa conquête du pouvoir. Elle nous émeut avec ses envolées sur son désir de simplicité, sur son envie de retourner dans l'ombre bienfaitrice de l'anonymat. Au moment où la réussite sociale se mesure au degré d'exposition médiatique, la volonté de retourner dans l'ombre est tout simplement sublime. Renoncement au monde, retraite quasi monastique, refus des vanités, recherche véritable et sincère d'un bonheur authentique: n'en rajoutez plus!
Je suis sûr qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'elle et que la littérature aura tôt fait de s'intéresser à cette histoire. Yasmina Reza est sur le coup, me souffle-t-on. Il y a de quoi céder à une certaine fascination. Bien sûr il faut quitter le champ politique pour apprécier ce fait à sa juste valeur. Amour et pouvoir: Cécilia et Nicolas; Ségolène et François. Vies parallèles, étranges destinées, hasards magnifiques.
15:10 Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cécilia Sarkozy, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Ségolène Royal, amour, gloire, beauté
17.06.2007
Comment confisquer une soirée électorale
Elle a cru malin de l'annoncer ce soir. "Elle" c'est Royal. "L'" c'est le fait qu'elle et Hollande sont séparés depuis longtemps.
Pas surprenant. Des bruits le disent depuis longtemps. Pourquoi l'annocer justement ce soir? Pour confisquer le débat et le faire tourner autour de sa petite personne. En même temps que cette annonce, elle en a fait une autre. Son intention de prendre le parti. Ce n'est pas non plus étonnant mais les deux annonces mises bout à bout forment une image assez déplaisante. L'utilisation de la vie privée dans un cadre politique. Une rupture avec le premier secrétaire qui rend légitime son désir de rupture. Une rupture avec Hollande pour légitimer le débat qui s'annonce contre son ancien compagnon. Elle a beau dire qu'elle ne fera rien contre François, c'est bien un coup d'Etat qu'elle prépare. C'est sa tête qui est en jeu.
Belle réaction de Mélenchon (une fois n'est pas coutume) sur le plateau de France 2 quand on lui a demandé de réagir à l'annonce de séparation. Polluer le débat ainsi, c'est indigne. Demain, les médias reprendront l'information, la commenteront abondamment. Manière détestable de faire de la politique. Faire de la vie privée un argument politique.
On ne peut pas laisser prospérer ce genre de pratiques. Que le parti socialiste sanctionne ce rabaissement du débat.
Gonflée quand même la Ségolène Royal. Pourvu qu'elle ne réussisse pas son OPA sur le parti...
22:33 Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, François Hollande, Parti Socialiste
09.05.2007
Selon que vous soyez Ségolène ou Sarko, les journalistes...
On attendait des détails croustillants sur les déboires conjugaux de notre futur président. RAS. Nada. Circulez, y a rien à voir. Et puis c'est pas le genre des journalistes français de s'immiscer dans la vie privée. Et puis les journalistes français faut pas les prendre pour n'importe qui. Faut pas les confondre avec les journalistes trash anglo saxons. Ils ont leur dignité. ils ne font pas les poubelles. On se dit: soit. Ils ont raison. L'exception française. Et que voit-on? A peine a-t-elle perdu que voilà déballés dans un livre, avec bonnes feuilles sur le Nouvel Obs, tous les détails de la vie privée du couple Royal/Hollande. C'est rapide. Mais pas seulement. Opportuniste. Mais ce n'est pas tout. C'est surtout injuste. Ils ne se sont jamais vraiment affiché, eux. Ils n'ont jamais utilisé leur couple à des fins électoralistes. Ils ont résisté. Et voilà leur vie déballée, jetée en pâture. C'est facile en plus, elle a perdu. Du coup c'est moins drôle pour le lecteur. Elle est moins intéressante que l'autre. Nous ce qu'on veut c'est des révélations sur la première dame de France, sur ses amants. Si possible avec des photos et pourquoi pas une vidéo "volée" type Paris Hilton ou Pamela Anderson sur son Yacht avec sa vedette de mari. Enfin je dis ça, je dis rien.
C'est tout de même bizarre cette hypocrisie.





