20.06.2007
Sarkozy: le président à qui l'on peut parler
Le Pen a été reçu par celui avec qui l'on pouvait parler. Les journalistes ont beau rappeler ( et c'est peut-être leur job) qu'il y avait eu des précédents sous Poher -rendez-vous compte, 1969 et 1974!- il s'agit bien là d'une grande nouveauté. Le Pen reçu à l'Elysée. "Geste démocratique", nous souffle l'Elysée. "Geste démocratique" reprend en choeur les journalistes. Allons pour geste démocratique. Sarkozy queqlqu'un à qui on peut parler. Le Pen quelqu'un à qui on peut parler.
Ouverture de Sarkozy mais pas vers tout le monde. De grands oubliés: les Verts. Hollande rappelle, à juste titre, qu'ils sont plus intégrés dans le jeu démocratique que ne l'est le FN. Qu'ils sont représentés au Sénat et à l'Assemblée et surtout au parlement europééen, puisque c'est une consultation politique avant un sommet européen. Sarkozy ne s'arrête pas à ce genre de détails. Le Pen pèse plus que les Verts. Les Verts on s'en fout. CQFD. Et puis les Verts on ne peut pas leur parler. Des gauchistes! Beau geste démocratique...
Résultat. M. Sarkozy (est-ce nouveau?) a plus d'affinité avec Le Pen qu'avec les Verts. Est-ce lui faire injure?
L'essentiel n'est-il pas finalement que cette rencontre est une rencontre dont on va parler?
17:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Le Pen, Les Verts, Elysée
07.06.2007
Et maintenant que va-t-il faire?
Comment interpréter la déclaration de M. Le Pen? Il a déclaré que son parti était prêt pour des désistements mutuels avec l'UMP. Une telle sortie n'est pas anodine. Elle confirme cette espèce de parade amoureuse qui se joue entre les deux courants depuis la fin du chiraquisme. Un "je t'aime moi non plus" pathétique et pour tout dire dangereux qui met fin au front républicain mis en place contre le mouvement d'extrême droite. Il met fin à la politique de containment qui a prévalu jusque là. On se souvient encore du bruit retentissant qu'avait provoqué, pour des raisons à peu près similaires, l'affaire Millon. On en est loin et le débat pourrait sembler incongru à la droite. N'oublions pas que la droite se veut décomplexée.
On pourrait se dire que puisque la pandémie est complète il n'y a plus aucune raison de maintenir un cordon sanitaire autour de Le Pen et de ses idées. Les idées ont contaminé l'ensemble (ou presque de la société) et sont au centre du débat public. Le mouvement lui-même semble inoffensif électoralement puisque son score a été faible lors de l'élection présidentielle. Le Pen a été dédiabolisé. Il ne fait plus peur. C'est peut-être justement là le danger. C'est peut-être là que réside la ruse diabolique.
De toutes manières, l'UMP aurait tort de remettre le mouvement frontiste en selle, alors qu'il paraît moribond, en acceptant un tel marché, surtout quand l'UMP est assurée d'avoir une si large victoire. Sauf à penser qu'ils pourraient les étouffer et les faire disparaître complètement. Une telle stratégie serait, pour le moins, hasardeuse.
Et Le Pen que cherche-t-il dans une telle alliance? Aurait-il tant que ça à gagner? Pas si sûr. Coup de poker menteur sûrement. Chant du signe peut-être. Même si ça semble aller dans la logique de recentrage amorcée sous la houlette de Marine Le Pen, le FN n'a pas grand chose à espérer d'une promesse de désistement mutuel. Le mouvement perdrait ipso facto son statut de parti de la contestation pour s'institutionnaliser et perdrait sa seule légitimité aux yeux de ses électeurs. Il s'agit plus probablement d'une manoeuvre pour pousser Sarkozy à prendre position. Double gain pour Le Pen. Faire parler de lui et se poser en victime du système en cas de refus de Sarkozy et de l'UMP. Il pourrait ainsi crier à la manipulation, au génocide électoral et dénoncer le double discours sarkozyste vis à vis du FN et de ses électeurs.
Et si Sarkozy ne répondait pas et laissait les députés libres de leur choix dans les circonscriptions que se passerait-il? C'est d'une part ce qui risque de se produire et ensuite rien de bon ne sortirait de cette liberté laissée à la collusion entre la droite extrême et l'extrême droite. D'aucuns diront que ça aurait au moins le mérite d'éclaircir une situation bien hypocrite mais bien malin celui qui pourrait prédire ce qui résulterait d'une telle situation. Ce qui est sûr c'est qu'un nouveau verrou pourrait bien sauter et nous plonger encore plus avant dans le remaniement en profondeur de l'échiquier politique.
18:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, FN, Sarkozy, Le Pen, législatives, désistements, Millon
01.05.2007
Le Pen en route pour les législatives
Le vrai cocu de ce deuxième tour c'est bien Le Pen. Possédé et délaissé pour les appâts plus doux de Bayrou, il cherche à se remettre au centre. il veut à nouveau qu'on le regarde, qu'on le désire comme il a tant été désiré au premier tour par Sarkozy. Avec des accent de belle éconduite il veut se venger, venger sa pudeur perdue, venger ses beaux yeux délaissés.
Il enrage surtout d'avoir été possédé, de s'être laissé avoir comme un bleu, d'avoir laissé Sarkozy braconner sur ses terres, de l'avoir laissé les labourer et même les moissonner.
Pour se remettre au centre des débats, une seule solution peser. Peser ou disparaître. S'il ne remobilise pas très vite, les législatives pourraient voir le FN s'étioler définitivement. Il faut donc créer une dynamique avant le lancement même des législatives et comme la seule échéance qui sépare présidentielles et législatives c'est le second tour...
Il va falloir faire démonstration de force lors de ce deuxième tour et ce sans être qualifié. Une seule solution: l'abstention. L'abstention de mass, cela va sans dire. C'était prévisible. C'était sa seule chance. Surtout que sa maison brûle.
"Naboléon" reprend du poil de la bête et attaque très clairement Marine Le Pen, successeur auto-désignée de son père. La succession. Seul moyen d'éviter la félonie et le puputch pour imposer sa succession, avoir une maison forte et en ordre. La fin de règne semble difficile.
L'enjeu est énorme pour Le Pen qui joue sa dernière carte. Si la participation est plus forte qu'au premier tour, ce sera un désaveu cruel et sans appel. Si les abstentionnistes deviennent significatifs, il pourra aborder les législatives de manière sereine. Compter ses forces. Abstention= Le Pen?
13:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Pen, marine Le Pen, Mégert, Jeanne d'Arc, Sarkozy, Royal, campagne
27.04.2007
C'est un trou plein d'ordures où coule plein de fiel...
M. Val, penseur, philosophe, écrivain, chanteur, humaniste et, accessoirement, journaliste-éditorialiste-actionnaire principal à Charlie Hebdo avait prophétisé, car c'est son métier d'anticiper les évolutions sociales et de dénoncer les dérives dangereuses que constituent certains phénomènes, que les "jeunes" de "banlieue" allaient voter massivement pour... Le Pen! Avec force arguments à l'appui, arguments dictés par son profond humanisme et par sa connaissance très précise de ce qui se passe en "banlieue". Les "jeunes" banlieusards étaient, déjà, sous sa plume, les nouveaux barbares, incultes, islamistes et antisémites et voilà qu'ils ajoutaient à la longue liste de leurs défauts, de leurs péchés, de leurs tares, le frontisme. Diable il y avait de quoi avoir peur, d'autant plus que leur mouvement était organisé et avait comme idéologue un certain Dieudonné... De quoi effrayer tout le monde, surtout qu'on apprenait, par tous les médias, que les "jeunes" étaient allés s'inscrire en masse sur les listes électorales. Des hordes de jeunes frontistes basanés allaient déferler sur nos bureaux de vote. Des "jeunes" qui n'avaient aucune culture démocratique, des "jeunes" qui ne reconnaissaient même pas la validité de la démocratie (ô formidable horreur!)... Des jeunes, en somme, qui n'avaient jamais donné de gage de citoyenneté, des gens peu qualifiés pour cet acte sacramental que représente le vote, des "jeunes" qui n'avaient jamais passé leur baptême républicain, ni leur confirmation démocratique... Val disqualifiait, par avance, leur vote qui ne pouvait être, sommes toutes, qu'un mauvais vote, un vote délétère, symptôme d'un monde délétère... Nous avons eu peur.
Ce n'est pas un vulgaire Finkielkraut qui mettait en garde. On est habitués aux philippiques bouffonnes de l'ami Finkie! Mais dans le cas précis, c'était une caution de gauche, le rédac-chef de l'un des journaux les plus emblématiques d'une gauche libertaire, c'était un homme qui se réclamait de tous les humanismes, un défenseur acharné de la démocratie, un ennemi convaincu de tous les communautarismes et de tous les fondamentalismes! En trois lettres: VAL! Quelqu'un d'éveillé, pas un dormeur, Val!
Sauf que voilà, les faits sont têtus. Sauf que voilà, le premier tour est passé et le FN disqualifié. Sauf que voilà les "jeunes" des "quartiers" n'ont pas voté comme il l'a prédit. Et maintenant Val, nous attendons ta palinodie, tes excuses, un rectificatif, des addenda, un prière d'insérer, quelques mots quoi pour dire que tu t'es trompé, que les habitants des "quartiers" n'ont pas voté comme tu l'as dit, qu'ils ont plutôt voté à gauche, pour faire barrage à l'extrême droite qui s'étend, pour eux, de Le Pen à Sarko en passant par Villiers... Il faut que tu dises qu'ils ne méritaient pas que tu les salisses avec tes élucubrations humanistes... On fait passer beaucoup de saloperies sous le compte de l'humanisme. Val, ton édito m'avait choqué. Val, le fait de citer Platon à toutes les phrases et que tu recraches les rares bribes qu'il te reste de ta dernière psychothérapie ne t'autorisent pas à laisser cours à tes fantasmes et délires...
Pour ceux qui auraient raté les parties les plus croustillantes de ce succulent et prophétique éditorial de l'ineffable Val, une session de rattrapage est proposée ICI.
Pour ceux qui se demande comment ont finalement voté les quartiers, vous en avez un exemple dans le Monde.
18:45 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Charlie Hebdo, Philippe Val, quartiers, banlieues, votes, Le Pen
25.04.2007
Ralliez-vous à mon panache rose ou bleu
Tout le monde regarde vers Bayrou mais on oublie Le Pen. On a tué Le Pen un peu vite. La cause? Son petit score (tout relatif), sa vieillesse, le fait qu'il ne donne jamais de consigne de vote au second tour... Surtout la dernière raison, d'ailleurs. Sauf que voilà, tout pourrait changer. La cause? Sa vieillesse, son petit score (relatif) et l'envie de faire un pied de nez à Sarkozy. Un coup de tête final et rageur en guise de pot de départ. Ce n'est un secret pour personne, il ne se représentera pas. Ce n'est un secret pour personne, il risque d'avoir quelque mal à imposer sa fille à la tête du mouvement après la campagne calamiteuse (ou supposée telle) qu'elle vient de faire mener à papa. Le mouvement après les Le Pen ou sans les Le Pen, Le Pen s'en fout un peu. L'avenir du mouvement sans les Le Pen, Jean-Marie risque de le sacrifier, pour faire couler le bateau avec lui et, si possible, pour entraîner Sarkozy dans sa noyade... OK, je pars avec un présupposé c'est qu'il a envie de faire perdre Sarko mais ça me paraît tellement évident que je ne vais même pas développer. On va dire que c'est une conviction intime et forte. Reste à savoir comment on fait.
Appeler à voter Royal. Je crois que tout le monde sera d'accord pour dire que c'est impossible. Impossible parce que tout le monde se foutrait de sa gueule. Impossible parce que ça ferait pas forcément beaucoup de bien à Royal. Impossible parce que l'électorat ne suivrait pas dans un tel projet. Donc éliminons cette solution.
Appeler à voter Sarkozy. Possible. Des convergences de programme. Une proximité idéologique. Mais vous me direz en quoi cela affaiblit-il Sarko. Je vous réponds que d'une part les reports de voix FN sur Sarko sont déjà très favorables (70% si je ne m'abuse) et que donc déjà en appelant à voter pour lui il ne saurait lui apporter énormément plus de voix... De plus, et surtout, en appelant à voter pour lui, il fait fuir les Républicains convaincus qu'ils soient centristes ou même sarkozystes sans être sarkolâtres...
Je vous accorde que cette stratégie ne fonctionne que si l'on accepte deux conditions. D'abord que Le Pen fasse peu de cas de l'avenir de son parti. Ensuite, et surtout, qu'à droite la frontière entre extrême droite et droite républicaine veuille encore dire quelque chose et que les gens de droite veuillent la maintenir. C'est pas toujours évident. On peut tout de même parier sur l'intelligence des gens et surtout sur leur sens de l'honneur, fussent-ils de droite.
Appeler à voter blanc. Probable. Cette stratégie est la plus probable car la plus à même de ne pas heurter l'électorat lepéniste, la plus à même de ne pas hypothéquer l'avenir du parti, la plus à même de réussir... L'appel à voter blanc, s'il est bien suivi, risque de porter un grand préjudice à sarkozy en lui enlevant une grande partie des réserves de voix qu'il avait à l'extrême droite, autant sur les voix FN que sur les voix Villiers, voire Nihous. Cet appel s'il est bien relayé et s'il prend des accents anti-système, qui ont un écho très favorable en France, pourrait très bien dépasser les frontières des électeurs FN. Bien plus, Le Pen profitant du fort taux de participation au premier tour pourrait faire un pari facile en misant sur une participation plus faible au second. Il pourrait donc s'attribuer, de manière opportune, ce différentiel d'électeurs et donner l'impression de peser de manière excessive sur le second tour... Il serait présent, fût-ce virtuellement, dans la bataille de deuxième tour et pourrait prendre une revanche ultime sur ses deux concurrents et surtout sur Sarkozy, sans se renier. Si sa consigne est bien suivie, ce sera le chant du signe du vieux frontiste et un coup d'éclat magistral.
Une condition. Que l'électorat frontiste soit assez obéissant.
16:05 Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Pen, Marine Le Pen, Sarkozy, Royal, stratégie, second tour, reports des voix
23.04.2007
Qui a tué Le Pen?
09:29 Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Pen, FN, Sarkozy, participation, Bayrou, de Villiers, Royal
Le Pen a trouvé son maître
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| Surprise, les deux favoris se retrouveront au second tour, ironise le quotidien berlinois Der Tagesspiegel. La responsabilité en revient à Nicolas Sarkozy, qui a attiré les électeurs d'extrême-droite. | |||||||||
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Par conséquent, la vraie surprise de cette élection, c'est la gifle qu'a essuyée l'extrémiste de droite Jean-Marie Le Pen. Avec Sarkozy, Le Pen a trouvé son maître. Sarkozy qui, tout au long de la campagne, est allé à la pêche aux voix à la lisière de la droite en adoptant un discours musclé. La stratégie du candidat de l'UMP, le parti de la droite classique au pouvoir, qui consistait à glaner des suffrages dans le camp de Le Pen sans pour autant en perdre trop au centre, lui aura réussi. Dans deux semaines, pour le vote décisif, Sarkozy part favori. | |||||||||
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| Albrecht Meier Der Tagesspiegel |
08:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Courrier international, der tagesspiegel, Sarkozy, Le Pen
18.04.2007
Tranparence seul garant de la démocratie
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A qui profite la rumeur? A qui profite la calomnie? Jamais à la démocratie, ça c'est sûr. De quelle rumeur parle-t-on au juste? De la rumeur ou des rumeurs qui ont couru sur Sarkozy et sur sa femme Cécilia. Et qui doivent courir encore.
Il aurait été facile pour lui de démentir, de tordre le cou à la rumeur... en se montrant, comme il l'a tant de fois fait, avec Cécilia... Il aurait pu aussi montrer que sa maîtresse d'un temps, la journaliste du Figaro, n'était pas enceinte, en présentant, en direct, le test de grossesse encore humide et chaud ... Cécilia aurait pu démentir. "Non, Nicolas ne me bat pas... Sauf dans les jeux de domination sexuelle, mais ça, ça ne regarde que lui, moi et les quelques amis qui participent..." Avec une déclaration comme ça, Sarkozy aurait même pu s'attirer quelques voix et quelques sympathies... Patrick Sébastien aurait, à coup sûr, quitté Bayrou pour Sarko... Il aurait argué du fait que, certes il n'est pas Sarko compatible, mais que, bon finalement, il pouvait passer outre, vu qu'il était à fond Cécilia compatible.
Trêve de conneries, le moment est grave, c'est de démocratie qu'on parlait... Donc, Sarkozy a fait la sourde oreille, il a laissé courir pensant personne n'y croit (enfin pas à tout...) et répondre serait s'abaisser. Digne (pour une fois...) Sarko. Sauf que, voilà, il oublie un peu vite que la rumeur est la pire des choses et que certains hommes politiques n'ont pas ces délicatesses et cette pudeur seyant si bien aux vierges (d'antan s'entend...) et que donc, pour eux, tous les coups sont permis et toutes les attaques bonnes à prendre, à l'exception de celles qui ne leur paraissent pas efficaces...
Donc notre ami Le Pen fait une constatation de bon sens: «Je constate que la crainte révérencielle rend prudents des gens qui d'habitude n'hésitent pas à lancer de bruits quelquefois infondés» (sic). Il s'étonne que, même la presse dite people, alors qu'on nous a rabâché que les politiques étaient devenus des people comme les autres, n'ait eu aucune curiosité vis à vis de Cécilia Sarkozy... La rumeur c'est dégueulasse quand même!
On peut, bien sûr, objecter que Sarko l'a cherché, qu'il aurait pu faire le clair sur ces bruits, qu'il aurait pu, surtout, ne pas surexposer sa sémillante épouse à l'oeil avide des projecteurs et à la lumière crue des flashs mais, il n'empêche que la rumeur c'est pas bien... Surtout quand c'est Le Pen qui s'en sert... Ce sont des attaques un peu basses mais elles interviennent sur fond de suspicion envers les médias, trop complaisants envers Sarko... L'attaque porte moins sur la rumeur que sur les médias et là, elle paraît plus fondée... et plus efficace. Bien sûr, Le Pen prend la rumeur comme point de départ mais il ne développe pas... On sent pointer l'esprit gaillard, gaulois et grivois sous cette pique lepéniste mais le but recherché n'est pas là. C'est une attaque, presque classique, contre la voix de son maître et contre la docilité canine des groupes médiatiques...
Alors M. Sarkozy, elle est partie ou pas Cécilia? Vous allez quand même nous le dire. Vous voyez bien que ça fait le jeu du FN... Et toi, Cécilia, si tu es partie, reviens. Tu vois bien que ça fait le jeu de le Pen...
On se moque, on se moque mais on est finalement très conservateurs et pour la paix dans les couples (mariés).
15:20 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : rumeur, Nicolas Sarkozy, Cécilia Sarkozy, Le Pen, médias, démocratie
16.04.2007
Le Jospin de 2007
On pourrait dire de manière un peu paradoxale que Le Pen vient de lancer sa campagne. A croire que jusque là il attendait sagement. Les autres candidats faisaient campagne à sa place. Là il hausse le ton. Il retrouve en fait le ton de toujours. Un verbe haut, agressif, polémique. Fini le positionnement consensuel. Il a décidé de se faire entendre et il sait comment faire. Gueuler plus fort. Victime de ses attaques: Sarkozy. Il veut se poser en principal adversaire et challenger. Il veut polariser l'attention et la campagne autour de ce duo. Il faut dire que les autres font de même. Sarkozy est l'adversaire personnel de chacun des candidats. Il est l'incontournable.
Que traduit ce changement de ton de la part de Le Pen? Peut-être y a-t-il eu un choix tactique réfléchi à l'avance et qu'il s'agit là simplement du signal qu'on est entré dans une nouvelle phase du timing de la campagne lepéniste. Attendre. laisser venir. Et changer de rythme. Du coup, Sarkozy aurait réellement du souci à se faire. Le Pen peut se venter de s'y connaitre un peu en matière de campagnes électorales. Il a l'expérience et la rouerie des vieux capitaines qui savent attendre les vents les plus favorables pour terminer les courses en tête. Peut-être, a contrario, qu'il s'agit là de la marque d'une certaine fébrilité du vieux Le Pen qui sent que sa campagne a eu du mal à prendre et qui tente un sursaut, un redressement, dans la précipitation et la panique. Cette deuxième hypothèse serait une bonne nouvelle pour la démocratie et, accessoirement, pour Sarkozy.
Comment comprendre l'avertissement qu'a lancé Le Pen à Sarkozy? Bien sûr qu'il y a volonté de jouer une pièce à deux personnages qui exclurait les autres candidats mais il aurait pu s'y prendre autrement. L'avertissement est plus précis. Le Pen sait que Sarkozy a pour espoir de mordre largement sur son électorat. Le Pen, jusque là, le laissait faire avec une fausse bonhommie, se contactant de remarquer que "les Français préfèreraient toujours l'original à la copie". Là, il montre clairement qu'il a l'intention de garder son électorat et même de conquérir les égarés que Sarkozy a déportés sur la droite à portée du vieux prédateur. Si Le Pen réussit son pari, à force d'attaques et de provocations, Sarkozy pourrait avoir le retour de flamme auquel il ne s'attendait pas et qui lui barrerait l'accès au second tour. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.
Réveil un peu tardif ou stratégie? La guéguerre à droite risque d'être vive. Les deux grandes gueules populistes, si elles se lancent dans une émulation polémique, risquent de se livrer à une surenchère langagière qu'on avait oubliée en France. Si Sarkozy répond sur le même ton, préparez-vous; les insultes vont fuser. Je sens que ça va relever le niveau du débat...
15:15 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Le Pen, Sarkozy, Jospin, campagne, stratégie
14.04.2007
Réponse à un camarade qui se pose des questions
La France a peur. Mais ce n'est plus la même France qui a peur. Je veux dire que c'est pas la France de droite, c'est l'autre. De quoi elle a peur la France? Il n'y a qu'à lire le blog de Manu. Elle a peur que tout parte en couille. C'est qu'il y a eu entre 2002 et 2007 un petit miracle qu'on pourrait appeler "de la multiplication des épouvantails". Quel est le plus dissuasif, le plus repoussant, le plus rebutant? SARKOZY! Tout simplement parce qu'il a plus de chances de gagner. Tout simplement parce qu'une grande partie des Français ne jurent que par lui. Et si tout partait en couille dans 8 jours? Si l'on avait les deux épouvantails au second tour? C'est possible. C'est sûrement souhaitable pour Sarkozy. Une victoire facile l'attendrait. Certains ont soutenu qu'il faudrait voter Le Pen. Argument? Ben si ça doit péter, que ça pète vraiment. Pas de dictature douce. Pas de faux-semblants. La politique du pire en somme. On connaît. Et derrière une mobilisation de tous. Séduisant. Sinon? Sinon, une abstention de masse, ou un vote blanc de masse. Est-ce que ça annulerait l'élection? Peut-être pas mais ça légitimerait les luttes, l'opposition. Quoi d'autre en réserve? Le vote utile. La politique du moins pire. Et après? Une légitimation de la droitisation progressive de l'échiquier politique. Une acceptation tacite de l'orientation politique du PS. De l'union des centres? Le pire qui pourrait arriver pour certains. La disparition de la gauche de gouvernement. Et puis est-ce que ça éviterait que ça parte en couille? Reporter le problème. A la prochaine élection. Exaspérer davantage les foules. Le retour de flammes risque d'être plus grave.
Ils sont peut-être nombreux comme Manu à craindre le pire. Ou au moins à envisager le pire. Le pire n'est jamais certain. Il faut toujours s'y préparer. Fût-ce virtuellement. Méditons donc avec Manu... Cinq minutes.
12:01 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Manu, Sarkozy, Le Pen, second tour, et si tout partait en couille







