01.06.2007

Dictature des sondages, encore et toujours

9aca80779f4b991d52a38ec8e3b05d5c.jpgNon, non, je ne vais pas revenir sur les côtes de popularité du Fillon de Sarko et de Sarko lui-même. Pas besoin d'y revenir et puis à quoi servirait-il de les commenter.

Ce qui me préoccupe c'est que Royal est encore là et bien là pour longtemps et qu'elle tire une nouvelle fois sa légitimité de sa côte de popularité sondagière. Une question simple: être populaire ou prétendument tel suffit-il à faire un bon homme politique? Zidane président!

Putain quand on a que ça comme programme, on la boucle.Elle avait déjà été imposée par les sondages et on a vu le résultat. Elle nous a tous mis dedans à cause des sondages. Et là, rebelote. Madame se voit en chef de l'opposition, confortée par les sondages. Et elle donne des missions à la droite. "Etre vigilant, surveiller, proposer, protéger." Sa précision légendaire fait encore une fois mouche. On dirait la devise de la police. Encore un putain de slogan à la con! Et bien sûr il faut "continuer à venir sur Désirs d'avenir". Wow! ça c'est du programme!

Et elle y croit dur comme fer que quelque chose est née pendant ces élections. En tout cas elle le martèle en se disant que ça va bien finir par rentrer. J'ai envie de lui dire que si quelque chose est né pendant cette campagne c'est un rejet de Sarkozy, malgré elle. On aurait pu mettre un canasson (génial Caligula) à la place ç'aurait été pareil. Le canasson eût même pu mieux s'en sortir.

Qu'on arrête de nous bassiner avec ce quelque chose s'est levé. Si quelque chose s'est levé c'est un immense dégoût pour son populisme réac' et sa personne suant l'autoritarisme guindé et le moralisme rance. Si quelque chose a vu le jour c'est sa face de dame patronnesse condescendante et défiante envers le peuple. Qu'on n'essaie pas de nous vendre une nouvelle fois cette image trompeuse qui nous consuira à la faillite. Il faut sortir de l'image et du slogan. Il faut se sortir les doigts du cul et se mettre vraiment au travail.

C'est elle qui a propagé l'idée qu'on ne pouvait pas créer une dynamique de victoire avec les acteurs des défaites passées. Elle a perdu, qu'elle se mette en retrait. Et de rejeter aussi la faute sur Bayrou qui n'a pas su avoir l'audace de la faire gagner. "A un moment, l'histoire passe, il faut la capter. Il a manqué d'audace." Ouais! L'Histoire qui passe... à cheval sûrement. Le PS, Bayrou, les Français, le sens du vent, l'influence de la pleine lune (qu'on sousestime trop...) mais pas elle!

 

 

Face à la vague bleue madame Royal veut une vague blanche! Une vague royaliste. Exit le rouge. Bye bye le rose. Vive le blanc. Vive le royalisme! Ou une belle vague d'écume, sans force ni consistance. Ou une vague blanche, sans idée, comme une vaste page blanche et vertigineuse, vide.

29.05.2007

Au secours Royal revient!

Moins glam que le yacht la Tunisie mais bon elle est que présidente de région aussi. Elle a perdu. Bien fait pour elle. Mais elle revient avec plus de niaque (si quelqu'un sait  comment s'écrit ce mot... je suis preneur) que jamais. De la niaque (bis repetita) et de la rancune. Elle l'a mauvaise et puis c'est plus facile pour elle comme ça. Elle l'a mauvaise à cause des socialistes, à cause de tout cet appareil qui était contre elle. Diantre en voilà une bonne explication.

Alors que Jospin a fait porter toute la responsabilité collective sur sa frêle personne, par masochisme et par orgueil, madame Royal est dans le déni et la mauvaise foi. D'abord elle n'a pas perdu, non non. Ensuite, si elle a éventuellement perdu, ce n'est pas elle qui a perdu c'est le parti; vous y croyez à celle-là. Enfin si elle a perdu ce n'est absolument pas de sa faute à elle mais celle des autres qui ne l'ont pas laissé gagner; c'est dur la politique. Voilà, voilà. C'est à cause d'un parti qui n'est pas en ordre de marche derrière sa candidate et à cause des petites phrases. 

C'est pas la première à dire ça. J'ai entendu chez Moati une journaliste expliquer que le problème était le parti socialiste.  Qu'avant la désignation elle était plébiscitée et que c'est après que tout a dégringolé. Merci pour l'analyse! Sauf qu'il faut préciser qu'après l'investiture ce n'était déjà plus la même élection et que les médias qui la plébiscitaient l'ont précisément lâchée à ce moment là et que c'est aussi à ce moment là qu'elle a décidé de nous faire une belle série de boulettes et de propos incohérents... Les petites phrases n'étaient plus de mise à ce moment là. Le PS peinait à se faire entendre à ce moment là tout simplement parce qu'elle avait décidée que, puisqu'elle avait été adoubée et qu'elle était faite chevalier, elle n'avait plus à combattre pour son suzerain et sa maison mais qu'elle allait prendre ses distances... Enfin bref passons.

Le procédé est étrange. S'exonérer à ce point relève de la mauvaise foi politicienne la plus évidente. Elle revient donc mais c'est pour taper sur le parti de plus belle. Elle revient pour prendre la tête du parti mais avant, par ses petites phrases, elle veut l'enfoncer davantage dans la crise.

Et si le problème avait été sa candidature? Que ce serait-il passé si un autre avait été désigné? Je n'ai aucune sympathie pour la ligne politique de DSK mais que ce serait-il passé s'il avait été désigné? On ne peut pas faire de politique fiction mais je pense qu'il aurait gagné. Cette élection était loin d'être difficile pour la gauche mais il fallait une autre candidate. Elle dit que quelque chose s'est levé mais c'est un gros doigt d'honneur pour te dire de te tirer. Alors qu'on l'a supportée, malgré nous, malgré elle; madame vient nous jouer le rôle qu'elle affectionne, celui de la pauvre pauvre  victime (victime du machisme de surcroît). Va falloir arrêter de nous pr endre pour des cons ma bonne dame. Putain de boulet! Le PS coulera avec elle s'il ne lui fait pas la peau vite fait bien fait. C'est peut-être pas le moment de se chamailler parce qu'il y a les législatives et tout ça mais si on ne la dézingue pas maintenant la fenêtre de tir risque de se refermer et on devra composer avec cette dame pendant encore de nombreuses années, avec son ordre juste, ses drapeaux à la con et son ton irritant au possible qu'elle a piqué dans les psalmodies des bonnes soeurs. 

 

 

 

Ahhhhhh! Plusieurs mois que je me contiens. Putain que ça fait du bien.

04.05.2007

Insurrection électorale

medium_CAOH4PG3.jpgJe suis peut-être le dernier des fous mais j'y crois encore. La machine à déprimer la gauche n'atteindra pas mon moral. Ce n'est pas un acte de foi aveugle, c'est une foi raisonnable. Elle repose sur le constat que les Français n'aiment pas ce qu'on leur présente comme des évidences. Ils n'aiment pas ce qui est joué d'avance. Ce ne sera pas la première insurrection électorale de l'Histoire de France. Contre les médias, contre les sondeurs, les Français de gauche se sont vraiment mobilisés et ont fait corps autour de la candidate. Les débats sont passionnés, tout me fait penser au débat sur le TCE, une lame de fond qui monte, une mobilisation qui prend corps, un désir de ne pas se laisser faire, de ne pas se laisser imposer des vues... 

Ce qui en revanche peut nous tuer c'est une démobilisation de dernière minute, une sidération aboulique, un bon gros à quoi bon qui nous précipiterait au fond du trou. Pas le choix, mobilisation jusqu'au bout. Voter, faire voter. La démobilisation c'est dans l'autre camp qu'elle sera. Une démobilisation pleine de morgue, de suffisance, pleine de cette croyance que le combat est déjà gagné. A l'image de Royal, la gauche est courageuse, combattive, femme debout. Elle a du panache Royal. Elle vient de loin. C'est elle et non Sarkozy celle qui a dû le plus lutter pour être sur l'estrade, parce que c'est une femme, parce que sa légitimité a été un temps contestée dans son propre parti, parce qu'elle a subi des attaques indignes... A tout cela elle a su répondre. Face à toute cette adversité elle a su montrer quelle femme de caractère elle était. Tout le monde pronostiquait, goguenard, qu'elle allait s'effondrer, qu'elle était incompétente, qu'elle ne tiendrait pas face à la pression. Sur la foi de quoi? Sur la foi de vaines polémiques montées avec la complicité coupable de quelques journalistes. Résultat? Elle est là, faisant face, digne et droite. 

 A son image, la gauche ne doit pas vaciller. Elle nous a demandé de la porter et c'est elle qui nous porte. Sa conviction est inébranlable alors que la volonté de certains vacille. C'est elle qui nous porte en faisant une fin de campagne exceptionnelle. A tel point que même la droite la salue à demis mots... Et ce serait à la gauche de douter d'elle et de sa victoire? 

En vérité, nous pouvons faire ravaler leurs certitudes aux sondeurs et aux sondocrates. L'opinion publique c'est nous. Les citoyens c'est encore nous. L'opinion c'est nous qui la faisons tous les jours dans le cadre privé et dans le cadre public. Continuons à débattre et à porter nos convictions pour qu'elles puissent faire adhérer le plus gr and nombre.

 

02.05.2007

La madonne et le vrai culbuto

medium_CARIHOPZ.jpgJe suis énervé. Enervé par ce débat de merde. Enervé par Sarkozy. Enervé par ceux qui attendaient cette confrontation. Enervé par ceux qui y attachaient tellement d'importance qu'ils réservaient leur choix en attendant ça!

Je suis énervé par avance par les journalistes qui vont dès ce soir faire le compte rendu de cette joute spectaculaire. Je vois d'ici les titres qui vont rajouter du bruit au bruit. Je ne comprends pas que l'on puisse accorder quelque crédit à ce genre de mascarade. Ils vont distribuer les points. Les critiques vont fuser. Les polémiques n'en ont pas fini. Et tout ça sur la base de ce pauvre échange de coups. Une décision aussi grave suspendue à un pugilat. Il y a maldonne.

Je veux bien reconnaître que Sarkozy est habile. Je veux bien reconnaître qu'il est rôdé à ce genre d'exercice. Je veux bien reconnaître qu'il a la roublardise suffisante pour déstabiliser, faire douter, mettre en difficulté. Mais sont-ce là les qualités que l'on attend  d'un futur chef d'Etat?

Ce qui fait sa force c'est ce qui le rend haïssable. Un véritable petit roquet qui dès qu'il s'accroche à une basque, ne la lâche plus. Un homme sans pudeur qui fait feu de tout bois. Un culot énorme qui tient lieu d'argumentaire, qui tient lieu d'idées, qui tient lieu d'intelligence. Comment débattre avec un tel homme? A ce jeu c'est Le Pen qui est le meilleur. Tous le craignent. Eliriez-vous Le Pen? Pourtant ce sont les mêmes  vieilles ficelles de bonimenteur roué.

Aucune nuance. Le débat sans nuance ne vaut pas la peine d'être mené.Comment accéder au sens quand on ne vous laisse que des alternatives simplistes. Comment échapper au manichéisme quand la pensée de votre interlocuteur en est tout entière pétrie quand il vous y ramène sans cesse? Je le dis certains débats ne valent pas la peine d'être menés. Certains adversaires ne méritent pas d'être affrontés.

Le débat/dialogue avec Bayrou voilà un débat digne d'une démocratie moderne et apaisée. Une démocratie qui n'a pas besoin de mises en scènes baroques pour croire que la confrontation d'idées est bien là présente. Je l'ai déjà dit, je le répète. Quand cesserons-nous d'être aveuglés par les spectacles clinquants pour nous intéressé aux questions de manière et plus apaisée et plus approfondie. 

Qu'en retiendront les journaux demain? Que Madame Royal a perdu? Que M. Sarkozy est décidément un grand illusionniste? Que Royal a été à la hauteur et qu'elle a même surpris vu qu'on s'attendait à ce qu'elle se fasse bouffer? Que les deux camps étaient à égalité? Quelque chose de cet ordre là. Une belle synthèse d'une soirée vide parce que finalement il ne s'agit que d'un jeu, d'un spectacle. Une arène des gladiateurs et une attente de mise à mort.  

Pour moi, Royal a été meilleure ne serait-ce que parce qu'elle tentait vraiment de développer une vision et ne se contentait pas de harceler l'adversaire pour tenter de l'acculer avec une méthode obsolète et d'un autre temps. Royal a été bonne. Elle était pour tout dire étonnante. Plus à l'aise dans l'échange que dans le discours à la tribune. Elle était bonne parec qu'elle a tenté de s'élever alors qu'on tentait constamment de la ramener dans l'ornière politicienne. Elle était bonne parce qu'il est très difficile de débattre avec quelqu'un qui ne se refuse aucun coup. Elle a été courageuse parce qu'elle a tenu bon et qu'elle a même réussi à sortir la tête haute d'un débat qui ne la méritait pas. 

Charléty

Une question: qui a écrit son discours. De nouveaux accents, une autre coloration. Et c'est d'autant plus étonnant que ce discours intervient alors qu'il y a ouverture vers le centre. Résultat: un beau discours, bien charpenté, avec cde vraies références de gauche dedans. Du beau boulot. Il faut dire que la date est symbolique, que le lieu est symbolique, le discours se devait d'être à la hauteur. Ségolène à Charléty, on comprend pourquoi Sarkozy avait fait sa sortie ridicule sur mai 68. Il voulait rejouer, il voulait mimer. Sauf que Royal l'a mouché. Il est trop grand pour toi le costume petit homme. Elle a raison de lui rappeler qu'il n'est pas de Gaulle et plus amusant encore que Doc Gynéco n'a rien de Malraux et j'ai oublié qui n'était pas Mauriac ...Une belle réponse. La seule qu'on pouvait faire parce que sur le fond, faut-il vraiment répondre? Le petit Nicolas n'est pas le grand Charles. Moi ou la chienlit devient moi et la chienlit.

Autre réponse. 40 000? On fera 60 000. La politique spectacle dans une espèce de fuite en avant. Au moins là le spectacle était d'abord assuré par les artistes qui étaient mis au premier plan. Le spectacle d'abord puis la politique. Et puis l'affiche vous avait une autre gueule que les chanteurs pour vieilles dames de Bercy. Un pari sur la jeunesse. Un parti pris résolument festif et populaire.

Et puis il y avait Ségolène. Même fatiguée, harassée par une  campagne qui n'en finit pas, la voix tremblante quoique assurée. Elle a du cran. Elle est tenace et volontaire. Le caractère d'un chef d'Etat.

01.05.2007

Le Pen en route pour les législatives

medium_CAKXGJ4N.jpgLe vrai cocu de ce deuxième tour c'est bien Le Pen. Possédé et délaissé pour les appâts plus doux de Bayrou, il cherche à se remettre au centre. il veut à nouveau qu'on le regarde, qu'on le désire comme il a tant été désiré au premier tour par Sarkozy. Avec des accent de belle éconduite il veut se venger, venger sa pudeur perdue, venger ses beaux yeux délaissés.

Il enrage surtout d'avoir été possédé, de s'être laissé avoir comme un bleu, d'avoir laissé Sarkozy braconner sur ses terres, de l'avoir laissé les labourer et même les moissonner.

Pour se remettre au centre des débats, une seule solution peser. Peser ou disparaître. S'il ne remobilise pas très vite, les législatives pourraient voir le FN s'étioler définitivement. Il faut donc créer une dynamique avant le lancement même des législatives et comme la seule échéance qui sépare présidentielles et législatives c'est le second tour...

Il va falloir faire démonstration de force lors de ce deuxième tour et ce sans être qualifié. Une seule solution: l'abstention. L'abstention de mass, cela va sans dire. C'était prévisible. C'était sa seule chance. Surtout que sa maison brûle.

"Naboléon" reprend du poil de la bête et attaque très clairement Marine Le Pen, successeur auto-désignée de son père. La succession. Seul moyen d'éviter la félonie et le puputch pour imposer sa succession, avoir une maison forte et en ordre. La fin de règne semble difficile. 

L'enjeu est énorme pour Le Pen qui joue sa dernière carte. Si la participation est plus forte qu'au premier tour, ce sera un désaveu cruel et sans appel. Si les abstentionnistes deviennent significatifs, il pourra aborder les législatives de manière sereine. Compter ses forces. Abstention= Le Pen?

 

 

29.04.2007

Sortir le dialogue de la confidentialité

Heure, chaîne, date confidentielles... Petit rattrapage!

28.04.2007

De quoi a peur M. Sarkozy?

C'est fait! La rencontre a eu lieu. Service minimum. Sur une chaîne du câble confidentielle, à une heure de faible écoute. Oui, il y avait les radios mais bon vous ne m'ôterez pas de l'idée que rien ne vaut une chaîne hertzienne à une heure de très grande écoute.
 
Finalement Sarkozy a gagné sur ce point. Sur ce point seulement, parce que la rencontre a eu lieu et qu'elle a mis en relief la convergence des deux candidats. Malgré le ralliement conditionnel et conditionné de nombreux élus UDF, en majorité des députés dont la faculté à prendre des décisions a été stimulée par la proximité de l'échéance électorale (c'est vrai que pour des centristes ils ont été prompts à la détente), malgré le recentrage d'un discours qui fleurait naguère les accents frontisants, Sarkozy ne mordra pas aussi largement qu'il le souhaitait dans le gros gâteau des électeurs centristes.
 
Vous me direz, il est toujours en tête, son avance est confortable, il la gère bien, il n'a pas besoin de la majorité des électeurs centristes, quelques uns lui suffisent; contrairement à Royal qui elle est acculée et doit prendre le maximum de voix au centre... Sauf, sauf! Sauf s'il y a un électrochoc! Gérer l'avance c'est noyer la campagne pour que rien ne se passe. Et ce dont M. Sarkozy avait peur c'est justement que cette rencontre ne soit perçue comme un moment important voire historique. Il a naturellement tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu et maintenant qu'elle a eu lieu il a intérêt à tout faire pour en minimiser l'importance...
 
Que devons-nous juger de cette rencontre? A dire vrai, si l'on s'attache au fond, pour peu qu'on ait un peu suivi la campagne, rien de bien nouveau n'a été dit. Les convergences et les divergences avaient déjà été bien affirmée et tout le monde les connaissait. La rencontre tient plus du symbolique que du pragmatique.  Quel symbole? Le dialogue, le dialogue comme méthode démocratique, comme base irremplaçable de la démocratie. Le dialogue qui s'oppose à la manière un peu brutale, parce qu'unilatérale, brutale, parce qu'imposée et non consentie, brutale, parce que fondée sur l'autoritarisme plus que sur la persuasion. Un autre projet de société, parce que c'est de cela surtout qu'il s'agit, s'est donné à voir, d'où l'importance de la télévision, un projet de société dont le dialogue entre Bayrou et Royal se voulait la preuve. La démocratie par la preuve, la démocratie par les actes. Toute la méthode Royal est là.
 
Bien sûr, il ne s'agissait pas d'un véritable débat. Bien sûr il s'agissait plus d'une représentation de débat. Chacun (surtout Bayrou pour être honnête) avait beaucoup de recul par rapport à lui même et à son propre discours. Tous deux étaient détendus et souriants conscients d'avoir joué un bon coup, et satisfaits d'avoir réussi à contourner l'omertà  journalistique imposée par Sarkozy et son entourage.
 
Bien sûr, les esprits chagrins diront qu'on s'est ennuyé ferme et que ça manquait et de suspens et d'enjeu. Ceux-là n'ont pas compris le véritable enjeu. Ceux-là n'ont pas compris qu'il s'agissait justement de donner un autre spectacle de la politique.  Ceux-là ne sont intéressés que par le côté effets de manche d'histrions de la joute et nullement par les glissements subtils (et moins subtils d'ailleurs) qui s'opèrent dans le champ politique. J'aime le débat, j'aime la confrontation mais c'est bien que des discutions apaisées, qui se passent généralement en off, puissent avaoir lieu au grand jour. Le vrai mensonge c'est de laisser croire que toute la vie politique se réduit aux joutes télévisées! Le vrai mensonge serait de dire que la vraie physionomie de l'assemblée nationale est celle que l'on voit les jours où les caméras sont présentes. Oui, il y a des prises de contact de part et d'autre, oui elle se passe souvent dans la connivence et dans la concertation détendue. Finalement ce rendez-vous était un moment salutaire, parce que fort rare, de vérité politique.
 
Je laisse le soin à d'autres de compter les bons points et les mauvais points, de les distribuer de manière plus ou moins équitable. Les polémiques, je m'en passe pour le moment, qu'elles viennent de la gauche ou de la droite. Les débats citoyens houleux, je me les réserve pour l'après élection. Gardons-nous de  vaines attaques. 

26.04.2007

L'UMP ne s'y est pas trompé

Qui tape sur Bayrou? L'UMP et à bras raccourci en plus. C'est qu'ils ont bien compris qu'il n'avait pas fini de leur poser problème. Eliminé au premier tour, il viendrait encore leur chercher querelle au second! C'est pas du jeu. Le côté irréductible gaulois qui ne veut pas se soumettre à l'hégémonie, ça commence à les fatiguer. C'est que la contradiction, ils n'aiment pas ça à l'UMP. Ils n'ont pas crée un parti aussi gros pour se laisser emmerder par des petits, des sans groupe parlementaire fixe. Indépendance? Et puis quoi encore! Alors ils tapent, moquent, menacent pour faire taire le fanfaron, le vantard qui naguère ne pesait guère et qui commence à peser... lourd même sur leur petit estomac délicat.
 
Oui, il y aura bien un débat prochainement. Mais il aura lieu avec Ségolène Royal. Sauf erreur de notre part, ce n'est pas François Bayrou qui a été sélectionné par les Français pour le second tour.»  
 
Le mépris. Il n'existe pas. Tout comme au premier tour avant de voir qu'il se passait quelques chose dans l'électorat et de rectifier le tir. Le mépris à nouveau dans la bouche de Sarkozy:  "la finale d'une compétition se joue entre les n° 1 et n° 2. Le troisième, il fait autre chose"  
 
 
Et de jouer la carte de la hauteur de vues et de la dignité morale en dénonçant les combinaisons politiques, les manœuvres d'appareils. «Moi, je m'adresse au peuple, pas aux partis. [...] Le président n'est pas l'homme d'un clan, d'une secte...» 
 
La palme de la pique acerbe revient peut-être à Lellouche qui a vu en Bayrou un Ponce Pilate: " Bayrou n'a pas été tendre avec Nicolas Sarkozy, mais il a surtout joué les Ponce Pilate en ne choisissant pas."
 
Une indécision qui a conduit à un déicide! Ponce Pilate s'en lave les mains, ce n'est pas le cas de Bayrou. C'est pour ça qu'ils s'énervent. C'est pour ça qu'ils veulent le réduire au silence. C'est pour ça qu'ils feignent de l'ignorer pour mieux le museler. C'est plus que l'électorat centriste qu'il risque de toucher.
 
Et pendant ce temps là les Judas du centre donnent un dernier baiser à Bayrou pour mieux rejoindre Robien et Sarko pour quelques deniers, pour quelques voix politiques. 
 
Pardonne-leur Bayrou, ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Dans quelques années on moquera leur peu de discernement politique. 
 
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25.04.2007

Ralliez-vous à mon panache rose ou bleu

medium_CAY1I1OT.2.jpgTout le monde regarde vers Bayrou mais on oublie Le Pen. On a tué Le Pen un peu vite. La cause? Son petit score (tout relatif), sa vieillesse, le fait qu'il ne donne jamais de consigne de vote au second tour... Surtout la dernière raison, d'ailleurs. Sauf que voilà, tout pourrait changer. La cause? Sa vieillesse, son petit score (relatif) et l'envie de faire un pied de nez à Sarkozy. Un coup de tête final et rageur en guise de pot de départ. Ce n'est un secret pour personne, il ne se représentera pas. Ce n'est un secret pour personne, il risque d'avoir quelque mal à imposer sa fille à la tête du mouvement après la campagne calamiteuse (ou supposée telle) qu'elle vient de faire mener à papa. Le mouvement après les Le Pen ou sans les Le Pen, Le Pen s'en fout un peu. L'avenir du mouvement sans les Le Pen, Jean-Marie risque de le sacrifier, pour faire couler le bateau avec lui et, si possible, pour entraîner Sarkozy dans sa noyade... OK, je pars avec un présupposé c'est qu'il a envie de faire perdre Sarko mais ça me paraît tellement évident que je ne vais même pas développer. On va dire que c'est une conviction intime et forte. Reste à savoir comment on fait.

Appeler à voter Royal. Je crois que tout le monde sera d'accord pour dire que c'est impossible. Impossible parce que tout le monde se foutrait de sa gueule. Impossible parce que ça ferait pas forcément beaucoup de bien à Royal. Impossible parce que l'électorat ne suivrait pas dans un tel projet. Donc éliminons cette solution.

Appeler à voter Sarkozy. Possible. Des convergences de programme. Une proximité idéologique. Mais vous me direz en quoi cela affaiblit-il Sarko. Je vous réponds que d'une part les reports de voix FN sur Sarko sont déjà très favorables (70% si je ne m'abuse) et que donc déjà en appelant à voter pour lui il ne saurait lui apporter énormément plus de voix... De plus, et surtout, en appelant à voter pour lui, il fait fuir les Républicains convaincus qu'ils soient centristes ou même sarkozystes sans être sarkolâtres...

Je vous accorde que cette stratégie ne fonctionne que si l'on accepte deux conditions. D'abord que Le Pen fasse peu de cas de l'avenir de son parti. Ensuite, et surtout, qu'à droite la frontière entre extrême droite et droite républicaine veuille encore dire quelque chose et que les gens de droite veuillent la maintenir. C'est pas toujours évident. On peut tout de même parier sur l'intelligence des gens et surtout sur leur sens de l'honneur, fussent-ils de droite.

Appeler à voter blanc. Probable. Cette stratégie est la plus probable car la plus à même de ne pas heurter l'électorat lepéniste, la plus à même de ne pas hypothéquer l'avenir du parti, la plus à même de réussir... L'appel à voter blanc, s'il est bien suivi, risque de porter un grand préjudice à sarkozy en lui enlevant une grande partie des réserves de voix qu'il avait à l'extrême droite, autant sur les voix FN que sur les voix Villiers, voire Nihous. Cet appel s'il est bien relayé et s'il prend des accents anti-système, qui ont un écho très favorable en France, pourrait très bien dépasser les frontières des électeurs FN. Bien plus, Le Pen profitant du fort taux de participation au premier tour pourrait faire un pari facile en misant sur une participation plus faible au second. Il pourrait donc s'attribuer, de manière opportune, ce différentiel d'électeurs et donner l'impression de peser de manière excessive sur le second tour... Il serait présent, fût-ce virtuellement, dans la bataille de deuxième tour et pourrait prendre une revanche ultime sur ses deux concurrents et surtout sur Sarkozy, sans se renier. Si sa consigne est bien suivie, ce sera le chant du signe du vieux frontiste et un coup d'éclat magistral.

Une condition. Que l'électorat frontiste soit assez obéissant. 

 

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