30.10.2007
La politique désenchantée
On se souvient tous que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal représentaient aux yeux de nos fins analystes politiques une nouvelle manière de faire de la politique et la seule réponse au désenchantement ambiant qui régnait depuis des lustres. "Vous n'avez plus foi en la politique, ne vous inquiétez pas Nicolas et Ségolène sont là!" Voilà, en substance, ce qu'on a essayé de nous vendre. La preuve de ce renouveau? Le formidable intérêt qu'a suscité la campagne et tous les produits informatifs afférents: articles, émissions, reportages, opinions, blogs... Si on consomme de la campagne, en somme, c'est parce qu'il y a des figures qui incarnent le changement et la rupture.
Certains y ont cru; maintenant on peut juger sur pièces. Au delà de l'aspect communicationnel, qu'est-ce qui a changé? Beaucoup de choses mais ça ne va pas dans le bon sens. Les choses se sont-elles améliorées pour les Français (y compris pour ceux qui ont été tentés par la démagogie sarkozienne)? Évidemment non. Pire un sentiment de frustration s'élève de plus en plus. Quand on promet beaucoup, il faut être à la hauteur de ses promesses. Pour le moment, rien n'y fait, l'électrochoc n'a pas eu lieu. La croissance ne se décrète pas et il faut réparer les bourdes budgétaires commises. Les largesses fiscales sont non seulement économiquement inutiles mais elles sont surtout socialement nuisibles. Le sentiment d'injustice va aller grandissant quand les plus fragiles vont se rendre compte que les choses vont en se détériorant pour eux. Pour compenser les largesses il va falloir ponctionner de plus en plus ceux qui déjà ont peu. Il va falloir amputer des pans entiers de l'Etat providence. Bref une remise en cause totale de la justice sociale.
Si l'on ajoute à tout cela l'affairisme le plus éhonté, les décisions incompréhensibles comme la décision d'augmenter le salaire présidentiel dans la conjoncture actuelle, les frasques et les décisions apparemment arbitraires on aboutit au cocktail le plus détonnant que la Cinquième République ait jamais connu. Sans vouloir jouer les Cassandre, je pense que le désenchantement politique va atteindre des sommets sous l'ère Sarkozy. Quelque chose qui va avoisiner ce qui s'est passé en Italie sous l'ère Berlusconni. Des citoyens blasés et lassés. Des citoyens qui ne croient plus en la probité politique et aux bienfaits démocratiques. "Je ne vous décevrai pas, je ne vous trahirai pas."
Si on était dans l'ère du soupçon, on va maintenant entrer dans l'ère de la défiance généralisée. Les choses se font de manière de plus en plus grossière et de manière de plus en plus décomplexée. Ils appellent cela la transparence. Ce n'est pas parce qu'un larcin est commis en plein jour et devant témoin qu'il devient excusable. Je crois que l'on peut même appeler ça des circonstances aggravantes. La politique montre plus ouvertement ce qu'elle cachait ou tentait de masquer: ses parties honteuses. Tractations contre-nature, violences en tous genres, manipulations grossières... Transparence horrible, nue, sans fard. Désenchantement de tous les idéalistes, de tous les démocrates, de tous les gens de bonne volonté.
18:37 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Silvio Berlusconi, politique
24.10.2007
A vous qui pensiez que Ségolène Royal allait nous faire honte à l'étranger
Que n'a-t-on ironisé sur le manque de culture de la dame du Poitou! Que de moqueries sur son incompétence, son inconséquence et inculture! Bourdes sur bourdes. Voilà les commentaires des journaux français. Bécassine, voilà comment on l'a surnommée. Que dire de Nicolas Sarkozy? Peu nombreux sont les journaux à avoir relevé la bourde qui fait rire le tout Moscou. Peu de journaux français parce que les russes en font des gorges chaudes. Ils rient de cet inculte au pays des soviets. Il aurait déclaré à Poutine:«Cela fait très longtemps que j’avais envie de venir ici. Se réveiller sur la Place Rouge, ce n’est pas rien pour moi» Où est le problème me direz-vous? Qu'y a-t-il de risible? Oh trois fois rien. Son hôtel n'était pas tout à fait sur la fameuse Place Rouge. Trois fois rien mais pour les Russes c'est suffisant pour se fendre la gueule. Un peuple inférieur vraiment. Rire pour si peu. «On a commencé à se demander où le président Sarkozy avait bien pu se réveiller pour voir alors la Place Rouge» C'est un journaliste de Kommersant qui se moque ainsi. Imaginez cinq secondes, Nicolas Sarkozy se réveillant dans une flaque de vomi après une soirée pleine de putes, de drogue et de vodka, au milieu de la Place Rouge. Depuis le temps qu'il en rêvait. Faut bien oublier la pression de temps en temps.
20:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Vladimir Poutine, Place Rouge
20.10.2007
Cécilia Sarkozy
Il y a différentes manières de rentrer dans l'Histoire. "La femme qui a dit non!", ça en jette, isn't it? Fait inédit en France (et dans le monde?). N'y voyez aucune ironie, surtout. N'y voyez pas non plus un plaisir seulement sadique. Oui c'est bien fait pour sa gueule à l'autre mais c'est pas le propos. L'important c'est ce renoncement inattendu. Qui aurait pu s'attendre à ce qu'elle parte de nouveau et pour de bon? Qui aurait osé imaginer que celle que l'on présentait quelquefois comme une droguée du pouvoir, une arriviste de première, une fille qui s'est faite à la force de son... charme, pourrait renoncer, dans un geste sublime, alors qu'elle est enfin au sommet. Imaginez Rastignac refusant les honneurs. Belle-Amie l'a fait.
Et dans le "pas de commentaire" élyséen on se plaît à imaginer. Partie pour retrouver son nouvel amour. Jackie et Onasis. Renoncer au pouvoir pour suivre l'amour. Romanesque, non? Bien sûr qu'elle ne s'est pas acoquinée avec un gueux, un va-nu-pieds. Pas folle non plus. Elle ne se retrouve pas à la rue mais bon il y a ce panache, partir, refuser à celui à qui on ne refuse plus rien en France, celui à qui toutes et tous cèdent.
Et le "sans commentaire" élyséen contraste avec le prolixe des interviews que Cécilia a accordées à "l'est républicain" puis au magazine "Elle", beaucoup plus glam pour une rupture que "la dépêche du midi"... Elle revient sur sa passion avec Nicolas, sur les efforts et les sacrifices qu'elle a dû faire pour le suivre dans sa conquête du pouvoir. Elle nous émeut avec ses envolées sur son désir de simplicité, sur son envie de retourner dans l'ombre bienfaitrice de l'anonymat. Au moment où la réussite sociale se mesure au degré d'exposition médiatique, la volonté de retourner dans l'ombre est tout simplement sublime. Renoncement au monde, retraite quasi monastique, refus des vanités, recherche véritable et sincère d'un bonheur authentique: n'en rajoutez plus!
Je suis sûr qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'elle et que la littérature aura tôt fait de s'intéresser à cette histoire. Yasmina Reza est sur le coup, me souffle-t-on. Il y a de quoi céder à une certaine fascination. Bien sûr il faut quitter le champ politique pour apprécier ce fait à sa juste valeur. Amour et pouvoir: Cécilia et Nicolas; Ségolène et François. Vies parallèles, étranges destinées, hasards magnifiques.
15:10 Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cécilia Sarkozy, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Ségolène Royal, amour, gloire, beauté
08.07.2007
Et enfin Ségolène vint.
Patronne des causes désespérées, Ségolène vole au secours de D. Schneidermann et de son émission de critique des médias "Arrêt Sur Images". N'y voyez aucun opportunisme. Un engagement réel et sincère. Une défense courageuse du journaliste sans patron et du pigiste sans rédaction. Le droit de la presse, le droit d'opinion. Surtout qu'en l'espèce, Daniel était un de ses partisans. Un signal fort envoyé à tous les journalistes. Vous avez en moi une amie. Un soutien sans faille. Obligation mutuelle: le poète et le prince. A Schneidermann la comtesse du Poitou reconnaissante. C'est pas avec des pratiques comme celle-là que l'on atteindra le Big Bang.
Bien calculé en tout cas. On n'entendait plus parler d'elle... et paf! En pleine gueule! Une belle Ségolade. Imprévisible pour le meilleur et pour le pire. Si c'est dans le cahier des charges de France 5 de produire des émissions pédagogiques notamment dans le domaine de la lecture de l'image, est-ce bien dans le cahier des charges d'un conseil régional? Encore une fois elle aurait mieux fait de s'abstenir. Oh pour elle on ne s'inquiète plus, elle en a fait d'autres mais elle risque de faire du tort à Schneidermann et à à son image d'indépendance... Qu'il s'empresse de noyer le poisson et de décliner sans faire plus de bruit. La TSR lui tend les bras.
Médiatique. Magie de ce mot. Lumière de ce mot où vont se brûler les frêles ailes d'éphémères de la politique. Adieu Ségolène.
Sur ce au revoir, chers lecteurs. Bonnes vacances pour les chanceux et courage pour tous les autres.
17:10 Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Daniel Schneidermann, Arrêt sur images
21.06.2007
Et c'est reparti
Et quelle stratégie choisit-elle? La même que celle qui lui a tant réussi. Prendre le parti par l'extérieur. Prendre le parti en critiquant le parti. Prendre le parti à coup de déclarations iconoclastes. Attaque contre les 35h, attaque contre le smic à 1500 euros. Irréalisables. Manque de crédibilité. Et de rajouter que les 1500 euros seraient atteints de manière mécanique très bientôt. Et les 35 h, si je ne m'abuse c'est déjà mis en place. Irréalisable donc et manquant de crédibilité. L'essentiel n'est pas là, le tout est de s'attaquer frontalement au parti pour prendre le parti.
Et de rechanter son petit refrain. Si elle a perdu c'est à cause de ce programme rétrograde, d'un autre âge. C'est parce qu'elle a dû défendre un programme auquel elle ne croyait pas. Irréalisable, absence de crédibilité. Logique de se faire le porte drapeau de troupes dont on ne veut pas et de défendre des valeurs auxquelles on ne croit pas. Logique de s'acharner à détruire un parti dont on veut prendre la tête.
Elle veut que l'on consulte vite les militants. Elle croit avoir un lien charnel avec eux. Elle veut que l'on donne largement la parole à ces militants qui l'ont plébiscitée il y a peu. Elle ne veut pas attendre. Attendre c'est s'exposer au risque que les choses évoluent. Allez savoir s'ils l'aimeront dans 1 an les militants. D'ici là les méchants éléphants auront eu le temps de réagir et qui sait de la mettre hors jeu. C'est si vite arrivé un mauvais coup. Il faut faire vite. Elle s'y attelle. A l'énergie, comme d'habitude, à l'usure, au culot.
Une question: les militants se laisseront-ils une nouvelle fois avoir par ce simulacre de nouveauté? Tomberont-ils dans la rhétorique éculée de la nouveauté contre l'archaïsme? Autrement dit: reste-t-il un bout de jugeotte au militant socialiste ou ne reste-t-il rien à espérer de ce côté-là?
18:10 Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Parti Socialiste
17.06.2007
Comment confisquer une soirée électorale
Elle a cru malin de l'annoncer ce soir. "Elle" c'est Royal. "L'" c'est le fait qu'elle et Hollande sont séparés depuis longtemps.
Pas surprenant. Des bruits le disent depuis longtemps. Pourquoi l'annocer justement ce soir? Pour confisquer le débat et le faire tourner autour de sa petite personne. En même temps que cette annonce, elle en a fait une autre. Son intention de prendre le parti. Ce n'est pas non plus étonnant mais les deux annonces mises bout à bout forment une image assez déplaisante. L'utilisation de la vie privée dans un cadre politique. Une rupture avec le premier secrétaire qui rend légitime son désir de rupture. Une rupture avec Hollande pour légitimer le débat qui s'annonce contre son ancien compagnon. Elle a beau dire qu'elle ne fera rien contre François, c'est bien un coup d'Etat qu'elle prépare. C'est sa tête qui est en jeu.
Belle réaction de Mélenchon (une fois n'est pas coutume) sur le plateau de France 2 quand on lui a demandé de réagir à l'annonce de séparation. Polluer le débat ainsi, c'est indigne. Demain, les médias reprendront l'information, la commenteront abondamment. Manière détestable de faire de la politique. Faire de la vie privée un argument politique.
On ne peut pas laisser prospérer ce genre de pratiques. Que le parti socialiste sanctionne ce rabaissement du débat.
Gonflée quand même la Ségolène Royal. Pourvu qu'elle ne réussisse pas son OPA sur le parti...
22:33 Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, François Hollande, Parti Socialiste
16.06.2007
Puni deux fois
"Pour des socialistes, Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat et Ségolène Royal à la tête du parti, ce serait la double peine."
M. Lindon, in "Rebonds", Libération
10:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Parti Socialiste, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal
09.05.2007
Selon que vous soyez Ségolène ou Sarko, les journalistes...
On attendait des détails croustillants sur les déboires conjugaux de notre futur président. RAS. Nada. Circulez, y a rien à voir. Et puis c'est pas le genre des journalistes français de s'immiscer dans la vie privée. Et puis les journalistes français faut pas les prendre pour n'importe qui. Faut pas les confondre avec les journalistes trash anglo saxons. Ils ont leur dignité. ils ne font pas les poubelles. On se dit: soit. Ils ont raison. L'exception française. Et que voit-on? A peine a-t-elle perdu que voilà déballés dans un livre, avec bonnes feuilles sur le Nouvel Obs, tous les détails de la vie privée du couple Royal/Hollande. C'est rapide. Mais pas seulement. Opportuniste. Mais ce n'est pas tout. C'est surtout injuste. Ils ne se sont jamais vraiment affiché, eux. Ils n'ont jamais utilisé leur couple à des fins électoralistes. Ils ont résisté. Et voilà leur vie déballée, jetée en pâture. C'est facile en plus, elle a perdu. Du coup c'est moins drôle pour le lecteur. Elle est moins intéressante que l'autre. Nous ce qu'on veut c'est des révélations sur la première dame de France, sur ses amants. Si possible avec des photos et pourquoi pas une vidéo "volée" type Paris Hilton ou Pamela Anderson sur son Yacht avec sa vedette de mari. Enfin je dis ça, je dis rien.
C'est tout de même bizarre cette hypocrisie.
15.04.2007
Qui que c'est que j'imite?
Regardez et surtout écoutez, à la toute fin... C'est ressemblant, non? Hihihi
14:52 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : zapping, Ségolène Royal, ton, diction
05.02.2007
Billet participatif
Je vous l'avoue, je n'étais pas un farouche partisan du tout participatif... Enfin, je n'étais pas pour ces débats participatifs là. Pourquoi? Soyons honnêtes parce que l'idée venait de Ségolène. La même Ségolène qui avait proposé l'encadrement militaire, la même qui avait proposé les "jurys populaires. C'est ce mot de "jury" qui a fait hurler tout le monde, à droite comme à gauche. Ségolène a eu beau expliquer, nuancer, remettre les choses à leur place; rien n'y a fait. Il fallait jeter le bébé avec l'eau du bain.
Au lieu de saluer l'expérimentation, la prise d'initiative, tous continuent à critiquer à tout va. Pourtant, la démocratie participative, de proximité, ou que sais-je encore, tous s'en réclament. C'est comme l'écologie, tout le monde en veut les dividendes politiques mais personne ne veut en appliquer les principes. Eh bien là nous avons la chance d'avoir quelqu'un qui ose faire quelque chose de nouveau (reconnaissons-lui au moins ça) et qui ose proposer quelque chose malgré la levée de boucliers conjointe de la gauche et de la droite.
08:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Débats participatifs, Ségolène Royal, synthèse, prateque politique





