08.08.2008

Brève très brève

Jean Sarkozy sait reconnaître un con antisémite quand il en croise un. La preuve? Il vient de porter plainte contre un homme de 63 ans qui a cru malin de taguer "Sarkozy juifs voleurs" sur la façade du tribunal d'instance de Neuilly. Et Siné dans tout ça? Pas la moindre plainte de sa part. Ses laquais, prévenants, auront été plus prompts que lui pour laver son honneur et ils ont rossé comme il se doit le ladre qui voulait s'en prendre au dauphin Jean.

27.07.2008

Aux racines du mal

d_14.jpgEt si le fautif était Patrick Gaubert? L'amalgame incriminé était déjà présent chez ce notable insoupçonnable. Voilà comment Christophe Ayad et Antoine Guiral, qui faisaient le compte rendu de la visite de Sarkozy en Israël avec ce titre ambigu: "Sarkozy comme chez lui en Israël",retranscrivaient les propos de Patrick Gaubert, président de la LICRA: "Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, assure n’avoir jamais parlé de ces questions avec lui. «Nous partions parfois en vacances ensemble avec une bande de copains juifs à moi, mais ne parlions jamais de religion.» Il remarque qu’aujourd’hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. «Dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient», s’amuse-t-il." Cela signifie que le procès que l'on fait à Siné est un procès d'intention dans sa plus pure définition. L'intention de P. Gaubert ne pouvait pas être mauvaise et lui peut s'amuser de tout ça (cf. "s'amuse-t-il) mais Siné ne peut qu'avoir des intentions mauvaises puisque M. Askolovitch et Val en ont décidé ainsi.

 

D'ailleurs l'article est plein de remarques qui ne pourraient que difficilement être reprises telles quelles, sous peine d'accusation d'avoir des visées et des pensées malhonnêtes. Le philosémitisme de M. Sarkozy, par exemple, qui est évoqué sans complexe, de même que les liens personnels qu'il a réussi à tisser avec les juifs de France et d'ailleurs (notamment des Etats Unis et d'Israël), de même que les que les références à son histoire familiale et à son ascendance... Toutes ces remarques, décontextualisées, pourraient sentir la poudre. Alors de choses l'une ou l'on s'interdit, TOUS de faire et surtout d'écrire de telles choses ou alors on l'autorise mais pas de demi mesure qui entretient un sentiment, très dangereux pour tout le monde, de "deux poids, deux mesures", formule contraire à toute idée que l'on peut se faire de la démocratie. 

 

Toi aussi vote pour cet article en cliquant sur ce bouton:

 

26.07.2008

Pauvre Adler! Pauvre France!

alexandre-adler.jpgOui, je sais, je n'aurais pas dû. J'en avais assez lu des torchons . Joffrin, déjà, hier, ça a été une vraie souffrance. Je pensais que la brochette était au complet et qu'on en finirait avec les interventions outrées et outrancières de nos éditorialistes omniprésents. Et ce matin, en pianotant "Siné", je tombe sur la réaction toute fraîche de l'ami Adler dans les pages débats du Figaro. Je vous avouerais aussi que je ne m'y aventure que très peu. C'est un milieu hostile. Ces marécages insalubres et pestilentiels peuvent vous faire attraper le palu en moins de deux. J'ai donc essayé de m'y exposer le moins possible. Malgré ça, je crois que j'ai été atteint. La fièvre et une sensation persistante malgré la prise répétée d'anti émétiques.

Adler! Adler est un récidiviste! Il en avait déjà parlé de l'affaire! Sur France Culture. Dans sa fameuse rubrique sur la politique internationale. L'affaire Siné, priorité absolue dans l'actualité internationale. Et au Figaro quel est son rôle? Chroniqueur spécialiste de la géopolitique...
"Adler en chroniques
Alexandre Adler partage
sa vision géopolitique
d’un événement."

Verba volant, scripta manent. Ce n'est plus tout à fait vrai, la preuve, mais Adler est d'une autre génération (mais je ne l'accuserai pas de gâtisme) et il s'est cru obligé de nous infliger un écrit plein des mêmes raccourcis, des mêmes généralisations abusives et de la même pensée dont il fait preuve. Son système, son crible, sa grille de lecture? Tout le monde il est antisémite. Dès le titre, il annonce la couleur. L'injustice faite à Siné est une nouvelle occasion pour lui de répéter sa rengaine. "L'antisémitisme, ciment du vertige identitaire."

Ca a commencé comme ça: " L'antisémitisme est une bien vilaine chose, même sur le plan esthétique, si l'on oublie Wagner et Céline ; en tout cas, sur le plan moral et, bien souvent, sur le plan politique, malgré les satisfactions que certains y cherchent à court terme. Mais si l'on accepte un point de vue plus immanent que transcendant, on y verra surtout les vertiges et les trébuchements de sociétés, au demeurant forts diverses, qui sont en train de perdre leurs repères essentiels." Déjà on comprend rien. Est-il besoin de commenter? L'antisémitisme dans l'ouvre de Céline, je vois à peu près... mais dans l'oeuvre de Wagner, je vois plus difficilement. Wagner était notoirement antisémite mais est-ce que ça transparaît dans ses oeuvres, j'avoue que j'en sais rien, n'étant pas grand amateur de Wagner. Après je vois à peu près ce que veulent dire "immanent" et "transcendant", parce que j'ai suivi, d'une oreille distraite, des cours de philo en terminale, mais j'avoue encore mon ignorance quant au sens à leur donner dans ce contexte précis. Je vois bien qu'on essaie d'en imposer encore une fois non seulement par des références artistiques et esthétiques mais aussi par le recours à des concepts très abstraits, pour le reste, je ne comprends pas très bien le propos. C'est peut-être de ma faute (ou pas) et si quelqu'un avait la charité de m'éclairer, je lui en serais reconnaissant.

Le plus triste c'est que c'est à partir de ce fatras incompréhensible du début qu'Adler nous propose d'examiner l'affaire Siné. "Examinons donc, sous cet angle, l'affaire Siné." La mise en perspective de l'affaire, je veux bien mais encore faut-il que la perspective ait un quelconque sens. Toujours est-il que c'est grâce àl'appui précieux des concepts d'immanence et de transcendance qu'il a mis en place dans ce qu'il est convenu d'appeler son introduction qu'Adler peut affirmer tout de go: " Il ne devrait pas y avoir le moindre doute sur le caractère antisémite des propos de l'auteur." Alors c'est la transcendance ou l'mmanence qui lui permet de dire ça? Je devrais le soumettre au vote des mes rares lecteurs et faire un petit sondage express...

Il poursuit en rappelant ce que l'avocat Goldnadel avait mis opportunément au jour, à savoir que Siné a été condamné par le passé pour antisémitisme. Je ne sais pas exactement quand... Toujours étant le mot antisémitisme n'est plus prononcé par Adler et il est remplacé par le mot "outrage"... Est-ce qu'il y a eu une vérification du jugement entre temps? Des outrages, je crois que Siné en a effectivement un certain nombre à son actif.Quoi qu'il en soit, on voit le procédé et on comprend tout de suite à quel point il est rance. Comme les défenseurs de Siné ont eu la bêtise d'argumenter en s'appuyant sur le passé de militant de Siné pour accréditer la moralité du personnage au lieu de se contenter de rappeler que le passage incriminé n'avait aucun caractère antisémite, Adler attaque cette moralité en s'attaquant à l'homme au lieu de démontrer "l'antisémicité"de la chronique... Il enfonce donc le clou en insinuant que Siné n'est pas anar mais stalinien! Anar devient, pour la première fois, et fort à propos, positif dans la bouche d'Adler qui fait montre d'une admiration sans bornes pour les anarchistes. Siné n'a aucune espèce de ressemblance avec ces héros de la démocratie, Siné est un Stal. Tout est dit. L'homme Siné est doublement voire triplement sale. Donc il faut le condamner.

Vous vous dites que pour le moment on ne voit pas bien le pourquoi du titre ni le comment de l'introduction mais c'est parce qu'on n'a pas encore atteint le fond de la pensée du chroniqueur, ce qui subsume tout et lui donne cohérence. Pas besoin de longs commentaires, je vous laisse savourer ses mots: "Qu'est-ce qui unit de part le monde un islamiste marocain, un communiste russe déçu, un pasteur africain-américain ségrégationniste à l'envers, un intellectuel anglais semi-aristocratique et antiaméricain… et un adversaire rabique du président Nicolas Sarkozy, qui voit en lui l'inacceptable promotion de l'étranger ? L'antisémitisme sert ici de ciment à un authentique vertige identitaire. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Et pourquoi les juifs semblent-ils ne pas souffrir de ce même vertige ?" La théorie unificatrice, la théorie globale, les scientifiques en rêvaient, Adler l'a trouvée et avec une économie de concept déconcertante. Il est pas fabuleux cet Adler?

"Mais revenons un instant sur la haine antisarkozyste". Oui, mon chéri, revenons-y. Vous voyez où il veut en venir? Vous ne voyez pas? Je comprends parce que c'est assez inédit, incroyable, irrationnel... "et voici que les antisémites, comme un essaim de mouches, s'en prennent à sa personne, ou, le cas échéant, à celle de son fils." Eh ouais, eh ouais... Je vous l'avais bien dit ça calme!

Après ça si je vous dis que l'affaire Siné est, par la force de l'analogie aléatoire, l'affaire dreyfus, que les sinards sont des anti dreyfusards et les anti sinards des dreyfusards, vous ne scillerez même pas, blasé que vous êtes par tout ce que vous venez de lire.C'est peut-être ça la méthode: l'effet boule de neige qui se transforme en avalanche et qui emporte tout sur son passage y compris le bon sens du lecteur...

Mais, cher lecteur, réjouis-toi, même les lecteurs du Figaro ne semblent pas avoir mordu à l'hameçon. Je t'invite à lire les commentaires et autres réactions à ce torchon d'Adler. Tu auras au moins l'occasion de te détendre un peu.
Toi aussi vote pour cet article en cliquant sur ce bouton:

21.07.2008

Le BHL nouveau est arrivé

Tof%20Philosophe.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On l'attendait comme on attend le beaujolais nouveau. On ne pouvait pas y couper, prisonniers qu'on est des traditions et des boîtes de com'. Comme toujours on se précipite, on goûte, on est déçu et on palabre pour savoir quel arrière goût il a. BHL a acquis cette force. C'est un produit que personne n'apprécie vraiment mais que tout le monde goûte par habitude et pour pouvoir en parler. Le dernier cru n'a rien d'exceptionnel. Toujours les mêmes tons dominants, toujours la même piquette. Il intervient en clarificateur, en phare, en guide du peuple dans cette affaire pour le moins trouble. « A ce degré de confusion, la mise au point s'impose - et, sine ira et studio, sans colère ni enthousiasme, le rappel des principes simples que l'on a, dans cette empoignade, tendance à perdre de vue. » Il intervient aussi en père la morale qui admoneste ceux qui ne pensent pas droit: il faut dire qu'il est philosophe; maître en dialectique. « Bernard-Henri Lévy est philosophe » précise, en fin d'article, Le Monde. Du haut de tout ça, il nous dit ce qu'on attendait qu'il nous dise. Ce que Siné a écrit est non seulement antisémite mais aussi raciste. Il s'intéresse surtout à la fin du texte. « Voilà un humoriste - Siné - qui donne à son journal une chronique où il dit, en substance, que la conversion au judaïsme est, dans la France de Sarkozy, un moyen de réussite sociale et qu'il préfère "une musulmane en tchador" à "une juive rasée" (sic) » . Le reste a peut-être été trop commenté et ne mérite pas qu'on s'y réfère. Il en saisit seulement la « substance » (heureux homme qui peut saisir la substance des choses) c'est-à-dire qu'il l'interprète éhontément et qu'il fait tous les raccourcis possibles pour servir son propos. Il en profite, avec la citation finale, pour élargir le débat et trouver une nouvelle casserole à accrocher à la charrette d'infamies déjà lourde du pauvre dessinateur. Cette citation lui sert aussi à sortir de cette ornière dans laquelle s'enlise le débat: le procès en antisémitisme ne relève-t-il pas souvent d'une rhétorique stalinienne de condamnation des opposants? Si Siné en plus d'être antisémite est raciste, ce débat indigne n'a plus lieu d'être et Siné devient juste un infâme salaud que même les bruns-rouges ou les islamos-gauchistes ne peuvent plus défendre, étant entendu que ces deux catégories défendent ardemment les victimes du racismes c'est-à-dire principalement les arabes et les noirs. Ensuite de débiter des platitudes et à faire des distinctions de bon ton sans jamais démontrer par des arguments que les propos de Siné relèvent plus de l'une ou de l'autre des catégories qu'il crée à l'envi. Ces propos qui devraient être au centre des débats et qui devraient être longuement décortiqués ont une place marginale, expédiés qu'ils sont en quelques mots, dans cette introduction que j'ai citée in extenso. Pourtant il se dit attentif aux mots. « Ce qui compte ce sont les mots. Et ce qui compte, au-delà des mots, c'est l'histoire, la mémoire, l'imaginaire qu'ils véhiculent et qui les hantent. Derrière ces mots-là, une oreille française ne pouvait pas ne pas entendre l'écho de l'antisémitisme le plus rance. » Mais il ne les cite plus ces mots. Il fait appel à l'oreille française pour entendre l'imperceptible musique de ses démons. Pourquoi ne cite-t-il pas ces fameux mots? Parce que littéralement ça n'apporterait rien, il se fait sophiste, scoliaste moyenâgeux pour nous révéler les sens paraboliques, étiologiques, analogiques, allégoriques, anagogiques et tropologiques du texte de Siné. C'est grâce à cette débauche de science exégétique qu'il peut nous révéler que Siné est indubitablement raciste et antisémite. Il faut dire que nous faisons partie du commun et que nous n'avons pas à cette compréhension supérieure des textes, prenons-en notre parti. « La distinction n'était pas si nette chez Voltaire qui était, comme chacun sait, raciste et antisémite. » Ah! Je l'ignorais presque ou du moins je ne l'aurais pas présenté avec le même aplomb. Je n'ai pas l'assurance de M. Bernard-Henri. « Comme chacun sait »: belle fadaise. Et c'est plein de cette même fatuité qu'il fustige « un vieil humoriste - qui, en effet, ne sait sans doute pas vraiment ce qu'il dit - » (sic). Et il reviendra plusieurs fois sur le gâtisme du vieil anar. Beau procédé argumentatif en vérité et plein de noblesse. Que de mépris pour le reste du monde quand on fait partie du Monde! Vous allez me dire que j'en fais des tonnes mais jamais je n'arriverai à la cheville de notre philosophe. Tout son texte déborde de pépites rhétoriques pour enseignants en collège. Sans parler des amalgames. Sarkozy devient Dreyfus, les soutiens de Siné deviennent par la force de l'évidence rhétorique des guesdistes et de voir des permanences partout pour fustiger ces antisémites qui s'ignorent et qui ignorent de quelle tradition ils sont le fruit. « Cet argument est dénué de sens, enfin, car il laisse supposer qu'un homme de gauche, un progressiste, serait immunisé, par nature, contre le pire : or on sait que, s'il n'avait, ce pire, qu'une vertu, ce serait de brouiller, pulvériser ce type de frontière et de provoquer, de gauche à droite, un chassé-croisé sémantique permanent, vertigineux, terrible (des fameuses "sections beefsteak", brunes dehors, rouges dedans, nées de l'entrisme communiste dans les organisations de masse hitlériennes jusqu'au recyclage, par l'islamo-gauchisme d'aujourd'hui, des scies de l'ultradroite, les exemples, hélas, abondent)... » Autre trait amusant « Il faudrait, ânonne l'opinion, veiller à ne pas tomber dans le conformisme d'un politiquement correct, voire d'une police de la pensée et du rire, dont le seul effet sera d'empêcher les humoristes d'exercer leur libre droit de se moquer de tout et de tous. » Oui l'opinion ânonne: soit on se dit que BHL nous prend pour des ânes (c'est la version négative et donc à proscrire) soit on se dit qu'il s'agit de la méfiance naturelle que les philosophes éprouvent à l'égard de la doxa, héritiers qu'ils sont de ce bon vieux Socrate. Quoi qu'il en soit l'opinion, pour lui, c'est nous. « Et si cette volonté de rire de tout et de tous, tranquillement, sans entrave, exprimait juste la nostalgie du bon temps de la blague à l'ancienne, bien grasse, bien salace, quand personne ne venait vous chercher noise si l'envie vous prenait de vous lâcher contre les "ratons", les "youpins", les "pédés", les femmes ? » Oui c'est peut-être ça la nostalgie de la bonne grosse blague grasse... Ignoble. Beurk. Notre nouvel Aristote veut faire oeuvre de salubrité et définir une nouvelle poétique à l'usage des humoristes, en grand spécialiste de la gaudriole qu'il est. Il définit les limites d'un nouvel humour moderne et policé. Il ne dit pas si ce nouvel humour est drôle mais une chose est sure c'est qu'il protégera ses auteurs de poursuites judiciaires c'est déjà pas mal... Et BHL de conclure son éditorial(?) sur un ton plus paternaliste que jamais pour tendre une main faussement secourable à Siné pour l'enjoindre à devenir un des chantres de l'humour moderne ou de pourrir dans les poubelles de l'Histoire. « Allons, Siné. Tu as encore le choix. Ou bien la répétition, le stéréotype, le même éternel retour du même humour de cabaret qui ne te fait, j'en suis sûr, plus rire toi-même - mécanique plaquée sur du vivant, ignominie couplée avec du cliché, gâtisme assuré. Ou bien changer de disque, inventer, te libérer et faire de ton humour l'aventure d'une liberté retrouvée et ajustée aux libertés du jour - jeunesse à volonté, talent, modernité. » Conseil agrémenté d'une citation qui doit trôner dans le top five des citations philosophiques concernant l'humour mais il fallait bien convoquer Bergson, c'est de bon ton... BHL remercie, dans le désordre, Voltaire, Bergson, Tacite (pour la citation latine), Balzac (pour le type de Rastignac), Walter Benjamin, Jean Louis Loubet del Bayle, Michel Foucault (pour sa contribution de dernière minute dans la conclusion du papier) mais aussi Dieudonné, Le Pen, Dreyfus, Alfonse Toussenel (que je ne connaissais pas personnellement alors que c'est un best seller!), Rothschild, Alain Badiou, Ulrike Meinhoff, et enfin Siné, Val, Jean Sarkozy et mademoiselle Darty qui ont tous été convoqués pour la confection de ce petit billet d'humeur.

18.07.2008

Siné viré pour "Valophobie"

803894-964283.jpg?v=1216117187Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Remplacez "rage" par "antisémitisme" et vous avez un condensé de l'affaire qui oppose Val à Siné. Faut dire que la recette a fait ses preuves et beaucoup en ont été victimes de Chomsky à Mermet en passant par légion d'autres et jusqu'à ce pauvre Enderlin qui n'est pas connu pour être un gauchiste antisionniste patenté... Apparemment la sagesse populaire dit vrai et ils sont bien sages ceux qui y prêtent une oreille attentive. Val en fait partie. Sauf qu'il le fait encore une fois de manière grossière comme quand il cite Platon sans l'avoir compris... L'accusation ne tient pas une seconde parce que le texte sur lequel elle s'appuie est irréprochable et la personne à laquelle il s'attaque est elle aussi irréprochable. Les soutiens et autres protestations n'ont pas tardé et vont aller grandissant.

 

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

 

Sans le flair d'Askolovitch, journaliste dans quasiment tout ce qui se fait en terme de média de masse, on n'y aurait vu que du feu mais Claude est un fin limier. Là où, nous, on voit une critique de l'arrivisme du jeune Sarkozy, qui parvient à 21 ans à se faire élire, à se faire relaxer dans une affaire qui aurait fait chuter n'importe quel citoyen lambda et à se faire épouser par une riche héritière, Askolovitch, lui, voit de l'antisémitisme parce qu'on précise que la fiancée est juive et accoler la judéité et l'argent c'est faire un amalgame antisémite. CQFD. Il fera du chemin ce petit Askolovitch!

 

L'affaire est limpide. Je crois qu'il n'a échappé à personne que Val et Siné n'ont jamais eu d'atomes crochus et qu'ils sont en désaccord complet sur un certain nombre de choses... L'affaire Denis Robert en est une, un épiphénomène, et la question Palestinienne en est une autre, plus fondamentale... Siné ne rampe pas devant le chef et, circonstance aggravante, il a une grande gueule qu'il n'hésite pas à ouvrir. Val aime la liberté d'expression quand c'est lui qui s'exprime. Il veut la peau de Siné. Askolovitch a été un excellent porte flingue... Vous connaissez la suite. J'arrête parce qu'on va m'accuser de conspirationnisme.

 

Val, depuis qu'il est arrivé à Charlie, a fait bien du chemin puisqu'il en a désormais le contrôle quasi total. Il court après la respectabilité et a toujours eu beaucoup de mal avec ces vieux anars pourris qui font des vannes pas toujours très fines et passent leur temps, comme de grands gamins, à provoquer la terre entière. L'irrévérence, il aime pas trop ça, sauf quand il s'agit de conchier des victimes déjà à terre et qui ont le mérite de faire l'unanimité des médias et des pouvoirs contre elles. Là, il vole au secours de la victoire, fier d'avoir hurlé avec la meute et d'avoir fait des « coups » comme L'Express ou le Point ou autres saloperies sensationnalistes qui mesurent leur efficacité de journalistes au nombre de reprises et de citations ou au nombre de torchons vendus. Par contre il travestit ça en lutte courageuse contre l'obscurantisme, le fanatisme et tous les ennemis de la démocratie et de la liberté. Toutes les valeurs nobles et médiatiques ont trouvé en lui un défenseur acharné. Il s'imagine que ses éditos abscons et truffés de références qui puent la prétention et surtout l'approximation sont attendus, lus et qu'ils forment les consciences. Mégalomanie et crétinisme des Alpes.

 

L'esprit Charlie, il s'en bat les couilles. Maintenant Charlie c'est lui. Le nouveau Charlie sera bien pensant et citera les pré-socratiques, il défendra de grandes causes et fera des références incessantes aux « Lumières ». On est loin du « bête et méchant ». Respectabilité. Les « vieux » de Charlie continuent à faire leur petites rubriques et leurs petits dessins mais ils ne sont là que comme des reliquats de l'ancien temps. Tous les petits nouveaux semblent choisis par Val et l'esprit Charlie se meurt peu à peu. Les lecteurs sont déboussolés et se plaignent mais Val les prend de haut et se pose en victime. Si tu voulais un lectorat plus policé, il fallait écrire au Figaro! L'autocritique? Jamais appliquée à sa petite personne. A aucun moment il ne s'est dit qu'il n'était pas à sa place et qu'aux yeux des premiers abonnés il n'était pas légitime.

 

Il y a une pétition pour soutenir Siné... A quand la pétition pour libérer Charlie Hebdo? Val trouvera bien à se recaser. D'ailleurs il est plus que présent dans les autres médias et pour sûr il ira loin ce petit Val!