06.12.2007
Prime à la délation
Il l'avait dit par n'importe quel moyen. On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. La fin justifie les moyens. Et Sarko au nom de ce principe continue d'américaniser la France et à transformer la banlieue en Far West. La nouvelle frontière à la française. Un Kenedy diminué qui a perdu sa Jackie et qui a perdu la vision... La nouvelle lune française: conquérir la banlieue. Pour ça "Reward: plusieurs milliers de dollards européens contre la capture des coupables idéaux".
Pourtant les flics devraient savoir que les pauvres vendraient père et mère pour un menu filet ô fish! La délation crade et rémunérée de surcroît c'est la porte ouverte à toutes les dérives et à toutes les bavures. Règlement de compte à OK Corral. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose... Et si c'était le nouveau moyen de combattre l'espèce d'union sacrée que l'on croît percevoir dans les banlieues. Vous savez cette espèce d'omerta mafieuse. Ou encore cette espèce de nébuleuse super organisée et liée par une idéologie néo fasciste et mue par la seule force du nihilisme et qui se manifeste régulièrement en des explosions violentes et spectaculaires. Diviser pour mieux régner. Introduire le doute et la méfiance. Non mais je suis parano là. Les forces de l'ordre et de la justice n'ont pas des motivations aussi viles et basses. Ce genre de trucs n'existe que dans les mauvais films hollywoodiens.
Et c'est là qu'on se rend aussi compte que l'argent c'est tout pour Sarkozy. C'est l'alpha et l'omega. La fin, le moyen, la cause première. Rien qui ne se règle quand on y met le prix. Dis-moi ton prix. Tout peut s'acheter. De la Rolex aux aveux. Voilà sa seule et unique idéologie: le fric. La ploutocratie dans toute sa splendeur. Ne parlons pas de morale dans ce mond-là. Tous mercenaires, tous à vendre. Chasseurs de primes plutôt. Au boulot comme dans la vie "privée".
Quel est le prix de la délation au juste? Plusieurs milliers d'euros, c'est vague. J'ai quelques besoins à l'approche des fêtes, je dénoncerai bien mon voisin. Jusque là je fermais les yeux sur ses pratiques mais hier il m'a un peu regardé de travers, ça lui fera les pieds.
10:50 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : prime, délation, banlieues, Sarkozy
28.11.2007
Voilà, voilà que ça recommence
On prend les mêmes (ou presque) et on recommence. A ma gauche les racailles banlieusardes énervées, à ma gauche les schmidts sarkozysés et dopés à la politique du chiffre, au centre, et faisant office d'arbitres impartiaux (sic), les journaleux scribouillards et preneurs d'images en tous genres...
Deux jeunes morts à cause de la fatalité qui a fait que la trajectoire aléatoire de leur mini moto rencontre une autre trajectoire tout aussi aléatoire, celle d'une voiture de police qui patrouillait dans les parages. Accusez la mini moto, cette nouvelle plaie des banlieues, presque pire que la plaie que constituaient les pitt bulls et autres chiens d'attaque. Accusez la conduite quelquefois un peu sportive de ces autres amoureux des armes, des grosses cylindrées et autres instruments à beaufs décérébrés: nos amis les poulets. Accusez le sort qui a fait que ces deux espèces se rencontrent. A votre guise. Choisissez votre camp, camarades.
Toujours étant que comme les mêmes causes donnent toujours les mêmes effet: la banlieue s'embrase. Et ce jusqu'à Toulouse. Après la contagion on évite d'en parler, personne ne la souhaite, on n'en parle pas.
Les constats? Toujours les mêmes puisque rien n'a changé. L'étincelle change. Ou si peu. Pétaudière.
On loue la gestion du gouvernement. Du tact et du doigté. Tu parles une meilleure emprise sur les journalistes, c'est suffisant. Amplement. Et d'ailleurs ils font encore plus corps avec les flics. Volens, nolens. Ils sont pris à parti, comme les bleus. Raison de plus pour houspiller les racailleux.
Et voilà de nouveau le phantasme de la banlieue organisée pour foutre la pagaille. Et voilà à nouveau les termes de "guérilla", "caches d'armes", "donneurs d'ordre"...Qui refleurissent. Rien n'a changé.
Oublié le fait qu'en 2005 les enquêtes avaient montré que la très grande majorité des émeutiers étaient inconnus des services de police. Oublié le fait qu'en 2005 aussi on était allé un peu vite en besogne en disant que derrière toutes ces violences il y avait des organisations occultes. Jusqu'au fantôme d'Al Kaida... Oubliée la prudence...
Ah! si pardon! prudence il y a quand il s'agit de dédouaner les condés. Ben oui vous comprenez faut être raisonnable... On ne peut pas attiser le feu en faisant des déclarations hâtives... Par contre qui s'occupe de réfréner les ardeurs de ceux qui sont prompts à agiter les phantasmes qui alimentent encore plus la haine de l'autre et qui construisent les ségrégations de demain? Qui s'occupe de rappeler à l'ordre ceux qui font le lit du racisme le plus crade et le plus abject? J'attends...
Rien n'a changé. Rien. Les mêmes constats. où sont les promesses? Au fait les urgences, ça en est où? On sait pourtant aller vite quand il faut... Si je vous assure, le gouvernement agit... Vous ne l'avez pas remarqué? Si si! Le strès riches en ont déjà profité et les très pauvres en pâtissent déjà. Les urgences, ne vont pâs vers les plus pauvres... C'est ce qu'on appelle un choix politique. Les choix politiques ça se paie un jour ou l'autre. Là ça a été un peu rapide c'est tout... On paie cash. Quoique on pourrait quand même penser que 2 ans c'était suffisant pour une urgence. Largement le temps ils avaient... 1 mois pour accorder des largesses à sa base électorale...
Et maintenant quoi? Y a pas de raison que ça s'arrête, si? La révolution, non, la révolte oui. Spontanée, violente, destructrice, désespérée. Des gamins, des moins gamins... Et finalement on se dit que si c'était ce qui est décrit ça pourrait être pire... Des armes? Des grenailles et de la chevrotine... C'est déjà bien... mais heureusement qu'il n'y a pas vraiment des vraies armes en banlieue, sinon ce serait un carnage...
Fadela? Tu es là?
La justice, Rachida?
Rama, passe-moi le plat!
Vous reprendrez bien un peu de dessert?
18:20 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, banlieues, émeutes, Rachida dati, Rama Yade, Fadela Amara
27.04.2007
C'est un trou plein d'ordures où coule plein de fiel...
M. Val, penseur, philosophe, écrivain, chanteur, humaniste et, accessoirement, journaliste-éditorialiste-actionnaire principal à Charlie Hebdo avait prophétisé, car c'est son métier d'anticiper les évolutions sociales et de dénoncer les dérives dangereuses que constituent certains phénomènes, que les "jeunes" de "banlieue" allaient voter massivement pour... Le Pen! Avec force arguments à l'appui, arguments dictés par son profond humanisme et par sa connaissance très précise de ce qui se passe en "banlieue". Les "jeunes" banlieusards étaient, déjà, sous sa plume, les nouveaux barbares, incultes, islamistes et antisémites et voilà qu'ils ajoutaient à la longue liste de leurs défauts, de leurs péchés, de leurs tares, le frontisme. Diable il y avait de quoi avoir peur, d'autant plus que leur mouvement était organisé et avait comme idéologue un certain Dieudonné... De quoi effrayer tout le monde, surtout qu'on apprenait, par tous les médias, que les "jeunes" étaient allés s'inscrire en masse sur les listes électorales. Des hordes de jeunes frontistes basanés allaient déferler sur nos bureaux de vote. Des "jeunes" qui n'avaient aucune culture démocratique, des "jeunes" qui ne reconnaissaient même pas la validité de la démocratie (ô formidable horreur!)... Des jeunes, en somme, qui n'avaient jamais donné de gage de citoyenneté, des gens peu qualifiés pour cet acte sacramental que représente le vote, des "jeunes" qui n'avaient jamais passé leur baptême républicain, ni leur confirmation démocratique... Val disqualifiait, par avance, leur vote qui ne pouvait être, sommes toutes, qu'un mauvais vote, un vote délétère, symptôme d'un monde délétère... Nous avons eu peur.
Ce n'est pas un vulgaire Finkielkraut qui mettait en garde. On est habitués aux philippiques bouffonnes de l'ami Finkie! Mais dans le cas précis, c'était une caution de gauche, le rédac-chef de l'un des journaux les plus emblématiques d'une gauche libertaire, c'était un homme qui se réclamait de tous les humanismes, un défenseur acharné de la démocratie, un ennemi convaincu de tous les communautarismes et de tous les fondamentalismes! En trois lettres: VAL! Quelqu'un d'éveillé, pas un dormeur, Val!
Sauf que voilà, les faits sont têtus. Sauf que voilà, le premier tour est passé et le FN disqualifié. Sauf que voilà les "jeunes" des "quartiers" n'ont pas voté comme il l'a prédit. Et maintenant Val, nous attendons ta palinodie, tes excuses, un rectificatif, des addenda, un prière d'insérer, quelques mots quoi pour dire que tu t'es trompé, que les habitants des "quartiers" n'ont pas voté comme tu l'as dit, qu'ils ont plutôt voté à gauche, pour faire barrage à l'extrême droite qui s'étend, pour eux, de Le Pen à Sarko en passant par Villiers... Il faut que tu dises qu'ils ne méritaient pas que tu les salisses avec tes élucubrations humanistes... On fait passer beaucoup de saloperies sous le compte de l'humanisme. Val, ton édito m'avait choqué. Val, le fait de citer Platon à toutes les phrases et que tu recraches les rares bribes qu'il te reste de ta dernière psychothérapie ne t'autorisent pas à laisser cours à tes fantasmes et délires...
Pour ceux qui auraient raté les parties les plus croustillantes de ce succulent et prophétique éditorial de l'ineffable Val, une session de rattrapage est proposée ICI.
Pour ceux qui se demande comment ont finalement voté les quartiers, vous en avez un exemple dans le Monde.
18:45 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Charlie Hebdo, Philippe Val, quartiers, banlieues, votes, Le Pen
27.03.2007
Insondable scrutin
J'aurais pu vous parler de la manif anti Le Pen à Toulouse qui a peiné à trouver des manifestants... Le mouvement se confirme, Le Pen ne fait plus recette et ne fait plus peur. Un candidat comme un autre en somme. banalisé.
Je voulais parler aussi du départ de Sarkozy, free at last! Il va pouvoir enfin se consacrer entièrement à sa campagne (sic). A sa place Baroin.
J'ai aussi hésité à dire toute ma déception quand j'ai entendu que Borloo avait craqué. Il a craqué, il a cédé aux sirènes sarkozistes. faux suspens; faux rebelle.
Ce qui m'a le plus interpelé c'est les chiffres des nouveaux inscrits sur les listes. ils sont tombés. ils sont en hausse. On s'en doutait. Le ministère minimise. Mais la hausse est la plus grande depuis 1981. Et les endroits où la hausse est la plus palpable c'est dans les DOM TOM et dans les quartiers défavorisés. Les sondeurs on-ils tenu compte de ces nouveaux électeurs. Aucune donnée sur eux, ils sont tous neufs, pas de possibilité de comparer, pas de possibilité de connaitre des tendances passées et des habitudes de vote, par définition.
Hausse grâce au travail des associations mais aussi hausse grâce au traumatisme de 2002. Ils doivent tous l'avoir à l'esprit ce séisme. Qui auraient été les premiers à pâtir d'une élection de Le Pen? Qui a le plus souffert de l'élection de Chirac et de la mise en place des gouvernements successifs de droite? Je ne veux pas l'affirmer de manière péremptoire mais je crois que cette nouvelle manne est de gauche. Bien sûr elle ne sera pas suffisante pour juguler la percée de Sarkozy mais je crois qu'elle sera un noyau anti-sarko inaltérable. c'est toujours ça de pris. Le vote Bayrou? Peut-être mais marginal...
Cette hausse ils la pressentaient tous, ils l'anticipaient, ils se pressaient pour être vus en banlieue, pour y être photographiés... Tous sauf un qui aimerait bien mais qui ne peut point. Du coup même Bayrou se met à le chambrer en le traitant en gros et de poule mouillée et de boute feu diviseur de la nation... Il ne peut point car il a peur que quelques images imprévues ne viennent briser son rêve. Il ne veut pas y aller car il ne sait pas comment l'électorat interprèterait ces images. Mais maintenant qu'il est libre, il pourrait peut-être y aller. Un beau discours musclé pour énerver toutes les racailles et faire mouiller toutes les Marie Serre Tete, les tenants de l'ordre, juste l'ordre et tous ceux qui en ont marre qu'il y ait des zones etc. Allez Sarko quoi que tu fasses ce sera à ton avantage. Tu as foutu le feu aux banlieues déjà et ça t'a pas mal réussi. Pompier pyromane.
17:27 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : listes électorales, scrutin, banlieues, cités
04.02.2007
Babylone brûle!
Pour le moment ce ne sont que des accrochages mais le ton pourrait très vite monter dans les banlieues françaises. M'sieur Sarkozy avait promis, M'sieur Sarkozy avait promis, de kärschériser tout Paris, de kärscheriser tout Paris, mais il y a manqué, grâce aux p'tits gars de la cité... Il avait surtout promis de règler tous les problèmes de sécurité, c'est d'ailleurs pour ça qu'il est si populaire... mais il y a manqué. Les chiffres se contestent et se manipulent mais une bonne flambée de violence et c'est Le Pen président. C'est bien beau de faire des rodomontades, encore faut-il assurer le service après vente.
J'aimerais savoir, où en est le programme ambitieux qui était sensé faire sortir les banlieusards de la ghettoïsantion et de la précarité. J'aimerais savoir si tous les jeunes à qui il avait promis de revenir une année plus tard ont revu sa frimousse de présidentiable. J'aimerais surtout savoir s'ils ont trouvé un emploi et s'ils entrevoient l'avenir autrement que sous le mode du "no future" et de l'auto destruction. Tant de choses que j'aimerais savoir et personne pour me les faire connaître. Personne pour poser les vraies questions et les vrais enjeux. Par contre la répression bat son plein. On vient arrêter les sans papiers dans les restos du coeur... Personne pour se révolter parce qu'il y en a assez de "s'en émouvoir". Personne pour s'interposer. Personne pour s'écrier le premier: "le roi est nu!"
A quand une politique de responsabilité? A quand une politique où le bilan prime? Je sais un bon bilan ne fait pas forcément gagner des élections mais un bilan catastrophique devrait les faire perdre... Le camelot nous vend une panacée néfaste qui nous précipitera tous dans une mort certaine. Des cataclysmes politiques, on en a vécus ces dernières années mais on n'en tire aucune conséquence. Que ceux qui croient encore en la valeur du choc thérapeutique lèvent le doigt. A moins que notre léthargie soit trop profonde et qu'on n'ait besoin de quelque chose de plus radical. Je n'ose même pas y penser.
Moi pessimiste? Nooooooooooooon!
12:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Banlieues, Sarkozy, répression, bilan






