02.05.2007
La madonne et le vrai culbuto
Je suis énervé. Enervé par ce débat de merde. Enervé par Sarkozy. Enervé par ceux qui attendaient cette confrontation. Enervé par ceux qui y attachaient tellement d'importance qu'ils réservaient leur choix en attendant ça!
Je suis énervé par avance par les journalistes qui vont dès ce soir faire le compte rendu de cette joute spectaculaire. Je vois d'ici les titres qui vont rajouter du bruit au bruit. Je ne comprends pas que l'on puisse accorder quelque crédit à ce genre de mascarade. Ils vont distribuer les points. Les critiques vont fuser. Les polémiques n'en ont pas fini. Et tout ça sur la base de ce pauvre échange de coups. Une décision aussi grave suspendue à un pugilat. Il y a maldonne.
Je veux bien reconnaître que Sarkozy est habile. Je veux bien reconnaître qu'il est rôdé à ce genre d'exercice. Je veux bien reconnaître qu'il a la roublardise suffisante pour déstabiliser, faire douter, mettre en difficulté. Mais sont-ce là les qualités que l'on attend d'un futur chef d'Etat?
Ce qui fait sa force c'est ce qui le rend haïssable. Un véritable petit roquet qui dès qu'il s'accroche à une basque, ne la lâche plus. Un homme sans pudeur qui fait feu de tout bois. Un culot énorme qui tient lieu d'argumentaire, qui tient lieu d'idées, qui tient lieu d'intelligence. Comment débattre avec un tel homme? A ce jeu c'est Le Pen qui est le meilleur. Tous le craignent. Eliriez-vous Le Pen? Pourtant ce sont les mêmes vieilles ficelles de bonimenteur roué.
Aucune nuance. Le débat sans nuance ne vaut pas la peine d'être mené.Comment accéder au sens quand on ne vous laisse que des alternatives simplistes. Comment échapper au manichéisme quand la pensée de votre interlocuteur en est tout entière pétrie quand il vous y ramène sans cesse? Je le dis certains débats ne valent pas la peine d'être menés. Certains adversaires ne méritent pas d'être affrontés.
Le débat/dialogue avec Bayrou voilà un débat digne d'une démocratie moderne et apaisée. Une démocratie qui n'a pas besoin de mises en scènes baroques pour croire que la confrontation d'idées est bien là présente. Je l'ai déjà dit, je le répète. Quand cesserons-nous d'être aveuglés par les spectacles clinquants pour nous intéressé aux questions de manière et plus apaisée et plus approfondie.
Qu'en retiendront les journaux demain? Que Madame Royal a perdu? Que M. Sarkozy est décidément un grand illusionniste? Que Royal a été à la hauteur et qu'elle a même surpris vu qu'on s'attendait à ce qu'elle se fasse bouffer? Que les deux camps étaient à égalité? Quelque chose de cet ordre là. Une belle synthèse d'une soirée vide parce que finalement il ne s'agit que d'un jeu, d'un spectacle. Une arène des gladiateurs et une attente de mise à mort.
Pour moi, Royal a été meilleure ne serait-ce que parce qu'elle tentait vraiment de développer une vision et ne se contentait pas de harceler l'adversaire pour tenter de l'acculer avec une méthode obsolète et d'un autre temps. Royal a été bonne. Elle était pour tout dire étonnante. Plus à l'aise dans l'échange que dans le discours à la tribune. Elle était bonne parec qu'elle a tenté de s'élever alors qu'on tentait constamment de la ramener dans l'ornière politicienne. Elle était bonne parce qu'il est très difficile de débattre avec quelqu'un qui ne se refuse aucun coup. Elle a été courageuse parce qu'elle a tenu bon et qu'elle a même réussi à sortir la tête haute d'un débat qui ne la méritait pas.
23:55 Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Royal, débat
29.04.2007
Sortir le dialogue de la confidentialité
Heure, chaîne, date confidentielles... Petit rattrapage!
16:04 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, BFM, débat
28.04.2007
De quoi a peur M. Sarkozy?
14:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, débat, Sarkozy, BFM
04.04.2007
Tout le monde en parle
Le jour de gloire est arrivé. La blogoboule ne bruit que de ça. Le débat présidentiel, sur le net! Les télés n'en veulent pas. Qu'à cela ne tienne, le net recycle. Plus réactif, plus souple et surtout moins cher. Bien sûr tout le monde propose ses bons et loyaux services. Les journalistes de presse écrite ne sont pas en reste. Eux aussi, c'est le net. Eux aussi ont des blogs, alors pourquoi pas eux. Tout le monde veut en être. Historique, être parmi les premiers. Si ça devait se généraliser, ils auront été les pionniers. La forme? on verra après. On répond d'abord présent. Le contenu? On se démerdera, on est habitué à bricoler. Les petits comme les grands rêvent d'un bon coup.
C'est sûr, personne ne m'a demandé ni ne me demandera, c'est pour ça que je peux dire, l'esprit tranquille, que je le leur laisse leur débat. Tout ça devient bien trop sérieux pour moi. La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf. Halte à la staracadémisation de la blogosphère. Oui tout le monde sait pousser la chansonnette mais, par pitié, gardez-la pour votre douche, pour votre petit blog technoraté. Qu'allez-vous vous imaginer? Un panel panurgique de blogueurs! Que de convenu! Que de resucées! Que le colportage des clichés journalistiques! Elles seront belles les questions!
Et qui est le premier politique à lancer cette idée? BAYROU! Rien que ça, ça devrait vous faire hésiter...
10:24 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : blogosphère, débat, présidentielles, Bayrou, journalisme
19.01.2007
Emballement médiatique
Une petite phrase, une décision de supension prise en urgence et un emballement médiatique...
Malheur à celui qui est pris dans les rouages médiatiques. Il risque d'y être broyé.
On leur demande d'être sympas, proches des gens, sans langue de bois, drôles (pourquoi pas?), souriants (toujours) et surtout pas techniques, didactiques en un mot chiants. Sauf que la politique ça doit être chiant quelquefois, pour expliquer des trucs vachement compliqués. Tout le monde peut le comprendre. On ne peut pas tout sacrifier pour un bon mot. Au delà du spectacle, il y a des décisions individuelles et collectives à prendre: la politique c'est surtout ça.
On a le débat politique qu'on mérite. Moi aussi j'aime bien les petites phrases, comme on les appelle. "Petites" parce qu'on aime ce qui est petit. Ce qui est petit est mignon. C'est un hypocoristique, en quelque sorte, c'est à dire un signe de notre affection, de notre amour pour ces phrases qui nous surprennent, nous amusent et créent un certain intérêt pour ce qui paraîtrait rebutant sans ça. On est dans une société hédoniste. Pas le temps de s'emmerder. Il faut que ça bouge.
Les politiques et tous les autres se prêtent au jeu. Ce qu'ils veulent c'est plaire aux gens. Les journalistes se prêtent au jeu. Ce qu'ils veulent c'est être lus, regardés. Les électeurs se prêtent au jeu mais ils veulent aussi de la dignité, des débats de fond, de la tenue quoi. C'est difficile de faire fun quand on veut de la dignité. Ce qui est drôle est souvent bas, gauloiserie oblige. Ce qui est drôle est souvent méchant, ironie oblige. Ce qui est drôle est souvent à côté de la plaque, caricature oblige.
Faut savoir ce que l'on veut. Faut savoir ce que l'on demande aux journalistes, aux politiques, en étant exigeants avec nous-mêmes. Faut pas bouffer n'importe quoi, par facilité. Faut pas lire n'importe quoi, par commodité. Faut pas rire à n'importe quoi, par complaisance. Faut pas écrire n'importe quoi, par négligence...
18:30 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, journalisme, débat, humour





