29.07.2008

On ne choisit pas sa famille?

Alors Philppe, qu'est-ce que ça te fait d'être défendu par Bernard, Laurent, Alexandre, Ivan? C'est ça ta famille de pensée? C'est avec eux que tu as envie de défendre la liberté d'expression? Il faut le dire tout net, ça la fout mal vis-à-vis de tes autres copains. Tu sais ,ceux de gauche qui t'ont fait confiance et qui ont cru que tu étais l'un des leurs. Je sais ce que tu vas me répondre. Je ne le sais que trop. Oui, j'élève des murs entre les gens, je suis un horrible sectaire. En même temps t'avoueras quand même qu'il y a des gens dont se sent plus proche intellectuellement et politiquement et c'est avec eux qu'on mène les combats pour défendre les idées auxquelles on tient.
Maintenant tu as de nouveaux amis. C'est officiel, tu ne pourras pas les cacher. Tu me diras que tu n'as pas à rougir de tes amitiés. Sauf peut-être devant tes anciens amis et devant aussi tes clients lecteurs. Je sais pas comment tu vas faire pour assumer sans rougir. Et comment surtout tu vas te sortir de cette mauvaise pub qu'ils t'ont faite auprès de ton vieux lectorat... Je sais pas si tes nouveaux amis et leurs zélateurs sont vraiment prêts à lire Charlie... Il faudrait voir. Nouveau lectorat pour Charlie? Peut-être mais il va falloir encore accentuer le tournant pris par la ligne éditoriale. Tu continuais encore, de temps en temps, à jouer à l'homme-de-gauche... Là va falloir cesser et assumer, sans complexes, ton nouvel éthos...
Ouais mon grand c'est la droite qui est venue à ton secours. D'ailleurs, ça ne fera que te conforter dans ton choix politique: la gauche est indigne! Elle n'a pas levé le petit doigt pour Dreyfus, elle ne lèvera pas le petit doigt pour Val. Finalement tu as eu raison. Ils sont plus fiables à droite quant au renvoi d'ascenseur. En plus ils n'ont peur de rien. Ils sont décomplexés. Alors qu'à gauche on a encore des scrupules. Ce sont ces scrupules qui ont fait qu'on a hésité à crier à l'antisémitisme là où il n'y en avait pas et c'est pour ça qu'on a hésité à défendre le droit à la censure au nom du droit à la liberté de parole. Il faut dire qu'on est pas très bon aussi dans la mauvaise foi et dans la manipulation. C'est pour ça qu'on est aussi dans la merde, peut-être. Tes nouveaux amis eux, de vrais durs. Prêts à casser la gueule à tous ceux qui pourraient toucher un seul de tes cheveux, même virtuel. Ils ont interrompu leurs vacances pour voler à ton secours, n'épargnant rien. Je trouve même ça un peu touchant. C'est beau cette amitié. Va, je ne m'inquiète pas pour toi. Tu es entre de bonnes mains. Mais quand tu croiseras tes vieux amis, ne baisse pas la tête et ne les fuis pas du regard... Tes nouveaux amis t'en voudraient pour ça.
 
 
 
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04.05.2007

Insurrection électorale

medium_CAOH4PG3.jpgJe suis peut-être le dernier des fous mais j'y crois encore. La machine à déprimer la gauche n'atteindra pas mon moral. Ce n'est pas un acte de foi aveugle, c'est une foi raisonnable. Elle repose sur le constat que les Français n'aiment pas ce qu'on leur présente comme des évidences. Ils n'aiment pas ce qui est joué d'avance. Ce ne sera pas la première insurrection électorale de l'Histoire de France. Contre les médias, contre les sondeurs, les Français de gauche se sont vraiment mobilisés et ont fait corps autour de la candidate. Les débats sont passionnés, tout me fait penser au débat sur le TCE, une lame de fond qui monte, une mobilisation qui prend corps, un désir de ne pas se laisser faire, de ne pas se laisser imposer des vues... 

Ce qui en revanche peut nous tuer c'est une démobilisation de dernière minute, une sidération aboulique, un bon gros à quoi bon qui nous précipiterait au fond du trou. Pas le choix, mobilisation jusqu'au bout. Voter, faire voter. La démobilisation c'est dans l'autre camp qu'elle sera. Une démobilisation pleine de morgue, de suffisance, pleine de cette croyance que le combat est déjà gagné. A l'image de Royal, la gauche est courageuse, combattive, femme debout. Elle a du panache Royal. Elle vient de loin. C'est elle et non Sarkozy celle qui a dû le plus lutter pour être sur l'estrade, parce que c'est une femme, parce que sa légitimité a été un temps contestée dans son propre parti, parce qu'elle a subi des attaques indignes... A tout cela elle a su répondre. Face à toute cette adversité elle a su montrer quelle femme de caractère elle était. Tout le monde pronostiquait, goguenard, qu'elle allait s'effondrer, qu'elle était incompétente, qu'elle ne tiendrait pas face à la pression. Sur la foi de quoi? Sur la foi de vaines polémiques montées avec la complicité coupable de quelques journalistes. Résultat? Elle est là, faisant face, digne et droite. 

 A son image, la gauche ne doit pas vaciller. Elle nous a demandé de la porter et c'est elle qui nous porte. Sa conviction est inébranlable alors que la volonté de certains vacille. C'est elle qui nous porte en faisant une fin de campagne exceptionnelle. A tel point que même la droite la salue à demis mots... Et ce serait à la gauche de douter d'elle et de sa victoire? 

En vérité, nous pouvons faire ravaler leurs certitudes aux sondeurs et aux sondocrates. L'opinion publique c'est nous. Les citoyens c'est encore nous. L'opinion c'est nous qui la faisons tous les jours dans le cadre privé et dans le cadre public. Continuons à débattre et à porter nos convictions pour qu'elles puissent faire adhérer le plus gr and nombre.

 

03.04.2007

Bayrou, de gauche?

medium_thumbnail_69_.jpgUne déclaration de Bayrou qui mérite qu'on s'y attarde:"Je prétends que sur bien des sujets, je suis plus à gauche qu'eux. Il y a des jours où j'ai l'impression de défendre davantage de valeurs que cette gauche-là. Il y a des choses que le Parti socialiste a oubliées". Voilà le décor posé. Il ne s'agit pas de jouer à qui est le plus à gauche. Il s'agit de voir comment le parti socialiste a fait pour en arriver là! Si Bayrou peut affirmer, avec autant d'aplomb et de certitude, qu'il est plus à gauche que le PS c'est qu'il y a maldonne, c'est qu'il y a problème, c'est qu'il y a péril. Le terrain de gauche a été laissé à l'abandon et il est à prendre. On aura beau défendre l'idée que Bayrou est un démagogue, un crypto-libéral, que sa famille a toujours été la droite, on n'arrivera pas à dissimuler si facilement le malaise.

Etre attaqué sur son aile gauche, le parti socialiste en avait l'habitude, mais être attaqué sur le flanc gauche mais au centre (je sais pas si vous suivez) voilà  qui est nouveau et qui risque d'occasionner quelques dégâts. Même si le coup ne porte pas, il met en évidence les errements idéologiques du parti socialiste et sa propension à déserter le terrain de la gauche pour aller à la conquête de terres qu'il pense plus fécondes électoralement. Cette stratégie est encore plus marquée avec Mme Royal qui triangule à tout va et qui part chasser loin de ses terres, laissant pour le coup celles-ci sans surveillance. Un premier coup de semonce avait pourtant été tiré par monsieur Bayrou qui est venu braconner allègrement sur les terres socialistes, en début de campagne. La leçon, apparemment, n'a pas été comprise par le pool de Mme Royal. Là, le coup est un peu plus précis. Bayrou lance une OPA hostile sur les voix socialistes. Jusque là il s'agissait seulement d'une participation minoritaire.

La gauche ne pourra même pas dire que la critique n'est pas fondée. Il s'agit d'une critique qu'une certaine gauche porte depuis longtemps  et qui n'est malheureusement jamais entendue. Voilà comment Bayrou l'exprime: c'est le parti qui a fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics et a fait le mandat de gestion à Lagardère chez Airbus"... A part le coup de la dette, on connaît les griefs. Mais il ne s'arrête pas là et affirme avec une grande clarté sa différence avec ses principaux candidats: il ne va pas se laisser enfermer dans le débat sur l'immigration ou l'identité nationale et il réaffirme avec précision et concision la position républicaine sur ces questions:  "La France, ce ne sont pas les signes extérieurs de la nation. Dans notre pays, c'est la République  qui a fait la nation et pas la nation qui a fait la République".

Il faudrait une réponse de la gauche à ces bonnes questions que leur pose Bayrou. Ce n'est pas normal que la gauche se laisse donner des leçons de gauche par un mec qu'ils disent de droite. Bayrou, sur ce coup-là, est loin d'avoir tort. "Il y a des choses que le Parti socialiste a oubliées"! On arrête  de courir après Sarko, on se pose et on se pose la question: En quoi sommes-nous de gauche? Faute de se poser la question: En quoi sommes-nous LA gauche?

18.03.2007

Ségolène et moi

Comme beaucoup de gens gauche, le rejet immédiat et viscéral. On a reniflé l'arnaque. Dans la campagne interne, je me serais contenté de n'importe lequel des autres candidats. Avec le recul même DSK m'aurait plus convenu. Les militants ont choisi, malgré les prises de position incompatibles avec l'idée même de gauche. Des militants emportés par une vague irrationnelle, une foi sans bornes en sa capacité à l'emporter face à Sarkozy, les médias aidant. Stupeur, c'est un raz-de-marée Ségolène. Forte de ce score incontestable, elle n'avait plus besoin de personne. C'est l'heure des vexations. Les éléphants sont écartés, brimés. La campagne autrement. Complexe de supériorité. La victoire n'est pas remise en cause mais à gauche on est atterré. Puis viennent les jours de vaches maigres. On avait oublié un paramètre, d'autres candidats devaient entrer en lice. Panique à bord, la campagne autrement c'est pas de campagne du tout. Les déclarations foireuses se succèdent, les médias ne sont plus aussi unanimes, ils se plaisent à monter en épingle tous les bons mots de Madame Royal. Qui a vécu par les médias est voué à périr par les médias. La maison Ségo brûle. Mots hasardeux. Bons mots, vilains mots, réactions en chaîne. On a envie d'oublier nos doutes. En face il y a Sarkozy. On est prêt à tout pardonner à celui qui pourrait nous éviter Sarkozy. C'est sa chance à Ségolène, en face c'est Sarko. Pour le premier tour, la question ne se pose même pas mais pour le second, y a plus à réfléchir. Ce sera Ségo. Donc faut pas trop l'éreinter. Faut la ménager.

Il faut rebondir. Villepinte. Appel du pied aux socialistes. Rassemblement de la famille. On veut y croire. On se dit le PS c'est mieux que rien. Ségolène, elle pourra pas aller trop loin, les cadres du PS veillent. C'est mieux que rien. Disputes de famille. Portes qui claquent. Vexations. Complexe de supériorité. Pendant ce temps Bayrou monte et drague sec. La qualifiaction pour le second tour devient aussi problématique. Le spectre du 21 avril. Cacophonie. A nouveau la campagne autrement. Ségo veut la jouer perso. Ah! Merde, nous y revoilà. Le parti n'est pas assez fort pour imposer ses vues, trop divisé, trop faible. Demain que va être le PS? Un allié de Bayrou? Un parti encore plus au centre, un parti sans les partis de gauche. Quelle attitude adopter? La victoire de Ségolène est-elle seulement souhaitable? Ne va-t-elle pas être le fossoyeur du parti socialiste et le fossoyeur de l'idée même de social? C'est embêtant quand même quand on est de gauche.

22.01.2007

Si j'osais Bové...

medium_2226155392.08.LZZZZZZZ_1_.jpgJosé Bové est lancé, fort de sa légitimité populaire, du soutien d'un grand nombre des délégués des comités anti-libéraux, des nombreuses signatures obtenues par la pétition nationale lancée par ceux qui croyaient encore à une candidature unitaire en dehors des cannevas et des partis traditionnels... Il est porté par un espoir qui le pousse, volens nolens, à se lancer dans la bataille électorale pour porter les propositions élaborées par les anti-libéraux pendant des mois et des mois de travail. La base de son programme: les 125 propositions communes. L'appel à l'unité qu'il a lancé, autour de sa candidature, n'a été entendu ni de Besancenot, ni de Buffet. Quant à Autain, Salesse et Braouzec, on attend toujours leur réponse et leur positionnement. José Bové leur a proposé d'être ses porte-parole pour que cette candidature soit vraiment fédératrice de toutes les sensibilités qui constituaient les comités et qui en faisait leur force.

Sauf que voilà, José irrite les copains de gauche et du centre gauche. On l'accuse de venir porter la division à l'intérieur du mouvement alors même que le mouvement est déjà, de fait, bien affaibli et par la faute d'autres qui ont préféré se réfugier dans des réflexes conditionnés et partisans; ces mêmes réflexes qui ont tenu la gauche si longtemps dans un quasi anonymat politique ou dans une dépendance coupable. Le mouvement est déjà moribond à cause de la logique clientéliste des partis et à cause des scories d'une lutte fratricide imbécile. L'occasion était historique pour la gauche et elle est en partie gâchée... C'est aussi le sens de la candidature Bové, pour que l'espoir d'une gauche forte et capable de rassembler et de gagner sur ses propres thèmes ne soit pas à nouveau bradé.

On l'accuse de tout José. On l'accuse d'avoir des ambitions personnelles. Ambitions personnelles. Quand on en a, honnêtement, on ne s'inscrit pas dans un cobat comme le sien, syndical, altermondialiste, contestataire. On se place tranquillement dans un parti majoritaire et on attend que son heure vienne. Quand on a une ambition vissée au corps on ne propose pas son retrait si c'est en faveur d'une candidature unique. Quand c'est pas l'ambition, c'est l'ego... Quand c'est pas l'ego, c'est le fait qu'il soit médiatique. Médiatique, il l'est, certes, mais il court moins après les caméras que d'autres et quand il est devant les caméras ce n'est pas pour montrer sa gueule mais pour faire avancer des dossiers, pour défendre des causes...

Le vrai problème c'est qu'il bouscule les petites habitudes politiques. Il bouscule les politiques en place et qui rament depuis longtemps pour avoir une miette du pouvoir. Il bouscule les électeurs qui n'aiment pas les inclassables, les sans parti fixe, ceux qui ne rentrent pas dans les petites boîtes... Il bouscule les journalistes car il vient troubler une partition qui semblait écrite d'avance.

Moi, je me pose réellement la question: et si j'osais Bové? Et si vous enlevez le jeu de mots indigne de quelque plume que ce soit, il reste une vraie question. Vous pourrez signer la pétition ici. Plus de 26000 sigantures déjà. Je pense que je vais signer.

 

16.01.2007

Liberté, Egalité, Fiscalité

medium_images.jpg"Mon programme n'est pas socialiste."

On se souvient de cette formule de Lionel Jospin. Certains y voyaient une preuve de son courage politique, une volonté de rompre avec les faux-semblants et les noms fallacieux qui masquent la réalité de ce qu'est le P.S: un authentique parti social démocrate. D'autres ont vu dans cette même formule une trahison des idéaux de la gauche et surtout un suicide politque.  Ils ont été nombreux à gloser sur cette phrase et à lui attribuer l'échec du candidat Jospin. Les politologues ont des schémas tout simples du type: au premier tour on rassemble son camp et au second on essaie d'aller draguer au dlà de son propre camp. Jospin aurait pêché par précipitation. il se voyait déjà au second tour alors que le premier tour n'avait pas encore été gagné.

Qu'est-ce qui a vraiment changé entre 2002 et aujourd'hui? Quand on entend Dray, DSK et consors s'élever contre la proposition de François Hollande sur la fiscalité n'est-ce pas une autre manière de dire "notre programme ne sera pas socialiste?" La fiscalité est un des rares sujets qui sépare vraiment le P.S de la droite. Quand on entend un tel reniement et surtout les mots pour le dire on ne peut qu'être sceptique. Que devient la redistribution, "l'ordre juste" si on ne s'appuie pas sur une fiscalité  appropriée qui permette de mener des actions. 

"Politiquement, nous n'échapperons pas au débat fiscal, a-t-il assuré. Je suis convaincu que le débat se fera sur cette question. Regardez le discours d'investiture de Nicolas Sarkozy. Si vous enlevez les formules, qu'est-ce qui reste ? Les mesures fiscales !" Hollande a raison! Même si ça ne semble pas payant politiquement parce que l'on considère l'électorat comme immature ou que ce positionnment donne des arguments trop faciles à la droite, il faut combattre la droite avec nos propres armes et pas avec celle de la droite. Je comprends que d'un point de vue 'triangulationnel" (y a pas de raison que Ségo soit la seule à faire des néologismes...) il vaut mieux récupérer les arguments de l'adversaire pour le désarmer et s'en servir à son propre avantage mais trop c'est trop... Si on recule sur la fiscalité, on contribue à nouveau à la confusion des genres. Il faut garder une démarcation claire entre la droite et la gauche pour ne pas ouvrir une voie royale à celui dont on ne doit pas prononcer le nom... Là beaucoup de clivages ont sauté (beaucoup trop?) et les Français (et n'importe quelle personne de bon sens...) ne comprendront vraiment plus quelle est la différence entre voter pour un Sarko qui a fait un lifting social de son programme et une Ségolène qui refuse de revenir aux fondements de son parti et qui utilise le botox rigidifiant de la droite. Qui sera gagnant à ce petit jeu? Sûrement Sarkozy puisque son nouveau positionnement plait à l'électorat populaire qui le met en tête des candidats qui défendent le mieux leurs intérêts.

Ne jouons pas les oiseaux de mauvaise augure mais le P.S risque d'y laisser des plumes. L'aile gauche qui s'était rassemblée autour des idées de Fabius a été mise de côté ainsi que leurs idées... Un tournant semble avoir été pris. Espérons tout simplement qu'il ne nous mène pas directement dans le mur Sarkozy.

Espérons. 

Un espoir?