02.04.2007

Delenda est Carthago

medium_200px-Stgeorge-dragon_1_.jpgIl en a la hauteur... morale, il en a la grandeur... rhétorique, il en a la taille... historique mais il lui manquait l'occasion, il lui manquait le combat, il lui manquait sa Carthage à lui, pour pouvoir donner toute la dimension de son talent! Enfin la voilà, la menace mortelle, l'hydre sans cesse décapitée et toujours ressuscitée, l'épée de Damoclès; je la nomme, puisqu'il le faut: INSECURITE! Grâce à elle, petit Sarkozy deviendra grand. Il enfourche son cheval, sans crainte et sans reproche (le cheval!), et s'en va pourfendre cette calamité de notre temps, ce fléau punissant nos turpitudes, cette plaie causée par "notre faillite morale"! Diantre! Comme il y va! Quelle hauteur, quelle superbe, quelle rectitude! Il a belle allure, c'est sûr, sur son nouveau cheval de bataille. Ses ennemis tremblent. Comment vont-ils résister à tout cet éclat? Les Français savent que face à INSECURITE, la bête immonde, seul Sarkozy peut triompher. Il le leur a montré, lui qui pendant des années, a fait face aux plus grands dangers pour la combattre... "Il n'a pas pu la terrasser", me direz-vous. Certes. C'est que le mal n'était pas seulement physique mais aussi et surtout moral, éthique, métaphysique. Il faut allier à la force chevaleresque, les pouvoirs saints donnés par Dieu. Saint Sarkozy terrassant le dragon.  

 

C'est un peu ça, non? La faillite morale! "C'est toi la faillite morale", aurions nous envie de lui répondre. L'insécurité, il l'a créée, plus qu'il ne l'a résolue. Faillite morale, je veux bien mais il y a faillite morale quand on va attendre les parents sans papiers à la sortie de l'école, il y a faillite morale quand on transforme les forces de l'ordre en force de répression et de désordre, il y a faillite morale quand on veut créer un climat d'insécurité permanent qui permette d'assoir son pouvoir... Je continue? Les Français sont définitivement des veaux, eux qui croient que ce que Sarkozy n'a pas su faire, alors qu'il était à l'Intérieur, il saura le faire en tant que président. De qui se moque-t-on? dans le même temps, ces mêmes Français disent que l'insécurité a augmenté ces cinq dernières années. Contradictoire? Qu'importe tant que le fantasme sécuritaire est satisfait. Ne cherchez pas le rationnel. C'est très compliqué de combattre des représentations. 

 

Quoi qu'il en soit, l'insécurité se réinvite dans la présidentielle. La peur aussi, sans doute. la peur n'a jamais été bonne conseillère. Une raison supplémentaire de désespérer de ce pays. La seule peut-être. Parce que finalement, c'est une fort beau pays... quand il n'a pas peur. 

31.03.2007

Des questions que je me pose

 
podcast

 

Qui va être la nouvelle nouvelle coqueluche des médias? Ils y sont tous passé. Ségolène, Léchée, Lâchée, Lynchée. LLL Sarkozy (un peu moins). LLL Bayrou. Il est passé son zénith. Il décline. Bientôt le ponent. Après le zénith, le nadir. Qui? Mais qui va bien pouvoir faire vendre plus de journaux? Moi, je vois bien Besancenot ou Bové... plutôt Besancenot. Un ou deux sondages flatteurs et la machine est lancée. Léché, à peu de jours du scrutin, ce sera tout bénéf'. Et puis il a tous les atouts pour plaire aux médias. Certes il est de gauche mais bon, il est jeune, il parle très bien, il est drôle (si, je vous assure), il a l'air ouvert et sympathique, on s'en ferait volontiers un ami... Les paris sont ouverts mais Besancenot fera parler de lui dans la dernière ligne droite.

 

Quel nouveau thème de campagne? Quelle nouvelle polémique? Pour susciter un nouveau regain d'intérêt, pour susciter un nouveau sujet d'exaspération pour les électeurs... L'insécurité, s'invite. Qui a intérêt à l'utiliser? Sarkozy le pourrait, sauf que bon, il a déjà communiqué sur la fin de l'insécurité, sous son patronage, bien sûr. On pourrait facilement le contrer et lui montrer que finalement.. Mais il n'en est pas à une contradiction prêt. Le principe de non contradiction, socle de toute logique, fondement de tout échange d'arguments, il ne le connaît pas. Affaire à suivre. La gauche? Pas sûr qu'elle y gagne. Ségolène a certes surfé sur le thème de l'autorité, une autorité bienveillante et ferme, une autorité maternelle, une autorité de matrone. L'extrême droite? Bien sûr, c'est du pain béni. Elle n'en demandait pas tant.

 

 L'immigration? Plus que jamais et liée à l'insécurité en plus... De quoi préparer de belles mixtures idéologiques, bien nauséabondes. Les amalgames n'ont pas fini de e faire. Préparez-vous braves gens, préparez-vous à avoir peur. La peur, seul ressort assez puissant pour accepter tout et n'importe quoi. La menace, l'intimidation. 

 

Autre inconnue, autre question. La peur du 21 avril, la menace de la dispersion, va-t-elle fonctionner. La pluralité va-t-elle être possible? La bipolarisation va-t-elle s'accentuer? Corolaire: le PS va-t-il développer un argument plus fort que celui du "vote utile" pour séduire les électeurs et appeler à voter "Ségolène"?