17.06.2007
Morne comme un jour de deuxième tour.
A voir ce ciel bas et lourd, à voir ces rues dominicales calmes et vides, à voir ces bureaux de vote taciturnes, y a pas photo c'est mort. La passion a fui la politique au lendemain de l'élection de pochtron premier. Même les journaleux, dans leurs commentaires, semblent dépressifs. Le spleen s'est emparé de la France. Plus de droite, plus de gauche, les Français sont enfin égaux devant la déprime. Même le camp d'en face ne jubile pas, conscient qu'il est, désormais, d'avoir pris des vessies pour des lanternes et un petit homme pour un être charismatique et capable. Des lendemains qui déchantent. La douleur d'avoir été floués. Dans ces cas-là, de honte, on reste chez soi. Aboulie totale. Plus envie de rien et surtout pas de retourner à l'endroit où a eu lieu le viol: l'isoloir. Plus qu'une phobie, un trauma. Au moins cinq ans pour se remettre.
Pas étonnant que l'abstention soit si forte. Surtout si l'on pense, pour noircir le tableau, que des personnes comme ça se présentent devant les suffrages des électeurs français. Brrr! Ouais, je sais et ça a même franchi le premier tour. Si c'est élu, ça fera une autre raison de quitter la France et de haïr une bonne moitié des Français.
Sans parler de la perspective d'être encore déçu. Pire de la perspective de voir, dès ce soir, la curée lancé au sein d'un certain parti que n'arrêtait déjà pas la perspective d'une probable déculottée aux législatives. Un verrou de plus qui saute. On va y avoir droit c'est sûr. Reste à savoir qui va être sur TF1 et qui sur France2 mais le règlement de comptes aura bien lieu. Une fatalité qu'il faut attendre avec une résignation toute stoïcienne.
Morne jour.
15:50 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Parti Socialiste, Strauss Kahn, Nicolas Sarkozy, législatives, France
07.06.2007
Et maintenant que va-t-il faire?
Comment interpréter la déclaration de M. Le Pen? Il a déclaré que son parti était prêt pour des désistements mutuels avec l'UMP. Une telle sortie n'est pas anodine. Elle confirme cette espèce de parade amoureuse qui se joue entre les deux courants depuis la fin du chiraquisme. Un "je t'aime moi non plus" pathétique et pour tout dire dangereux qui met fin au front républicain mis en place contre le mouvement d'extrême droite. Il met fin à la politique de containment qui a prévalu jusque là. On se souvient encore du bruit retentissant qu'avait provoqué, pour des raisons à peu près similaires, l'affaire Millon. On en est loin et le débat pourrait sembler incongru à la droite. N'oublions pas que la droite se veut décomplexée.
On pourrait se dire que puisque la pandémie est complète il n'y a plus aucune raison de maintenir un cordon sanitaire autour de Le Pen et de ses idées. Les idées ont contaminé l'ensemble (ou presque de la société) et sont au centre du débat public. Le mouvement lui-même semble inoffensif électoralement puisque son score a été faible lors de l'élection présidentielle. Le Pen a été dédiabolisé. Il ne fait plus peur. C'est peut-être justement là le danger. C'est peut-être là que réside la ruse diabolique.
De toutes manières, l'UMP aurait tort de remettre le mouvement frontiste en selle, alors qu'il paraît moribond, en acceptant un tel marché, surtout quand l'UMP est assurée d'avoir une si large victoire. Sauf à penser qu'ils pourraient les étouffer et les faire disparaître complètement. Une telle stratégie serait, pour le moins, hasardeuse.
Et Le Pen que cherche-t-il dans une telle alliance? Aurait-il tant que ça à gagner? Pas si sûr. Coup de poker menteur sûrement. Chant du signe peut-être. Même si ça semble aller dans la logique de recentrage amorcée sous la houlette de Marine Le Pen, le FN n'a pas grand chose à espérer d'une promesse de désistement mutuel. Le mouvement perdrait ipso facto son statut de parti de la contestation pour s'institutionnaliser et perdrait sa seule légitimité aux yeux de ses électeurs. Il s'agit plus probablement d'une manoeuvre pour pousser Sarkozy à prendre position. Double gain pour Le Pen. Faire parler de lui et se poser en victime du système en cas de refus de Sarkozy et de l'UMP. Il pourrait ainsi crier à la manipulation, au génocide électoral et dénoncer le double discours sarkozyste vis à vis du FN et de ses électeurs.
Et si Sarkozy ne répondait pas et laissait les députés libres de leur choix dans les circonscriptions que se passerait-il? C'est d'une part ce qui risque de se produire et ensuite rien de bon ne sortirait de cette liberté laissée à la collusion entre la droite extrême et l'extrême droite. D'aucuns diront que ça aurait au moins le mérite d'éclaircir une situation bien hypocrite mais bien malin celui qui pourrait prédire ce qui résulterait d'une telle situation. Ce qui est sûr c'est qu'un nouveau verrou pourrait bien sauter et nous plonger encore plus avant dans le remaniement en profondeur de l'échiquier politique.
18:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, FN, Sarkozy, Le Pen, législatives, désistements, Millon
03.06.2007
Allez voter, qu'ils disaient.
13:25 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : France, législatives, élections, Parti socialiste, UMP
01.06.2007
Dictature des sondages, encore et toujours
Non, non, je ne vais pas revenir sur les côtes de popularité du Fillon de Sarko et de Sarko lui-même. Pas besoin d'y revenir et puis à quoi servirait-il de les commenter.
Ce qui me préoccupe c'est que Royal est encore là et bien là pour longtemps et qu'elle tire une nouvelle fois sa légitimité de sa côte de popularité sondagière. Une question simple: être populaire ou prétendument tel suffit-il à faire un bon homme politique? Zidane président!
Putain quand on a que ça comme programme, on la boucle.Elle avait déjà été imposée par les sondages et on a vu le résultat. Elle nous a tous mis dedans à cause des sondages. Et là, rebelote. Madame se voit en chef de l'opposition, confortée par les sondages. Et elle donne des missions à la droite. "Etre vigilant, surveiller, proposer, protéger." Sa précision légendaire fait encore une fois mouche. On dirait la devise de la police. Encore un putain de slogan à la con! Et bien sûr il faut "continuer à venir sur Désirs d'avenir". Wow! ça c'est du programme!
Et elle y croit dur comme fer que quelque chose est née pendant ces élections. En tout cas elle le martèle en se disant que ça va bien finir par rentrer. J'ai envie de lui dire que si quelque chose est né pendant cette campagne c'est un rejet de Sarkozy, malgré elle. On aurait pu mettre un canasson (génial Caligula) à la place ç'aurait été pareil. Le canasson eût même pu mieux s'en sortir.
Qu'on arrête de nous bassiner avec ce quelque chose s'est levé. Si quelque chose s'est levé c'est un immense dégoût pour son populisme réac' et sa personne suant l'autoritarisme guindé et le moralisme rance. Si quelque chose a vu le jour c'est sa face de dame patronnesse condescendante et défiante envers le peuple. Qu'on n'essaie pas de nous vendre une nouvelle fois cette image trompeuse qui nous consuira à la faillite. Il faut sortir de l'image et du slogan. Il faut se sortir les doigts du cul et se mettre vraiment au travail.
C'est elle qui a propagé l'idée qu'on ne pouvait pas créer une dynamique de victoire avec les acteurs des défaites passées. Elle a perdu, qu'elle se mette en retrait. Et de rejeter aussi la faute sur Bayrou qui n'a pas su avoir l'audace de la faire gagner. "A un moment, l'histoire passe, il faut la capter. Il a manqué d'audace." Ouais! L'Histoire qui passe... à cheval sûrement. Le PS, Bayrou, les Français, le sens du vent, l'influence de la pleine lune (qu'on sousestime trop...) mais pas elle!
Face à la vague bleue madame Royal veut une vague blanche! Une vague royaliste. Exit le rouge. Bye bye le rose. Vive le blanc. Vive le royalisme! Ou une belle vague d'écume, sans force ni consistance. Ou une vague blanche, sans idée, comme une vaste page blanche et vertigineuse, vide.
17:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Royal, PS, Bayrou, législatives
29.05.2007
Au secours Royal revient!
Moins glam que le yacht la Tunisie mais bon elle est que présidente de région aussi. Elle a perdu. Bien fait pour elle. Mais elle revient avec plus de niaque (si quelqu'un sait comment s'écrit ce mot... je suis preneur) que jamais. De la niaque (bis repetita) et de la rancune. Elle l'a mauvaise et puis c'est plus facile pour elle comme ça. Elle l'a mauvaise à cause des socialistes, à cause de tout cet appareil qui était contre elle. Diantre en voilà une bonne explication.
Alors que Jospin a fait porter toute la responsabilité collective sur sa frêle personne, par masochisme et par orgueil, madame Royal est dans le déni et la mauvaise foi. D'abord elle n'a pas perdu, non non. Ensuite, si elle a éventuellement perdu, ce n'est pas elle qui a perdu c'est le parti; vous y croyez à celle-là. Enfin si elle a perdu ce n'est absolument pas de sa faute à elle mais celle des autres qui ne l'ont pas laissé gagner; c'est dur la politique. Voilà, voilà. C'est à cause d'un parti qui n'est pas en ordre de marche derrière sa candidate et à cause des petites phrases.
C'est pas la première à dire ça. J'ai entendu chez Moati une journaliste expliquer que le problème était le parti socialiste. Qu'avant la désignation elle était plébiscitée et que c'est après que tout a dégringolé. Merci pour l'analyse! Sauf qu'il faut préciser qu'après l'investiture ce n'était déjà plus la même élection et que les médias qui la plébiscitaient l'ont précisément lâchée à ce moment là et que c'est aussi à ce moment là qu'elle a décidé de nous faire une belle série de boulettes et de propos incohérents... Les petites phrases n'étaient plus de mise à ce moment là. Le PS peinait à se faire entendre à ce moment là tout simplement parce qu'elle avait décidée que, puisqu'elle avait été adoubée et qu'elle était faite chevalier, elle n'avait plus à combattre pour son suzerain et sa maison mais qu'elle allait prendre ses distances... Enfin bref passons.
Le procédé est étrange. S'exonérer à ce point relève de la mauvaise foi politicienne la plus évidente. Elle revient donc mais c'est pour taper sur le parti de plus belle. Elle revient pour prendre la tête du parti mais avant, par ses petites phrases, elle veut l'enfoncer davantage dans la crise.
Et si le problème avait été sa candidature? Que ce serait-il passé si un autre avait été désigné? Je n'ai aucune sympathie pour la ligne politique de DSK mais que ce serait-il passé s'il avait été désigné? On ne peut pas faire de politique fiction mais je pense qu'il aurait gagné. Cette élection était loin d'être difficile pour la gauche mais il fallait une autre candidate. Elle dit que quelque chose s'est levé mais c'est un gros doigt d'honneur pour te dire de te tirer. Alors qu'on l'a supportée, malgré nous, malgré elle; madame vient nous jouer le rôle qu'elle affectionne, celui de la pauvre pauvre victime (victime du machisme de surcroît). Va falloir arrêter de nous pr endre pour des cons ma bonne dame. Putain de boulet! Le PS coulera avec elle s'il ne lui fait pas la peau vite fait bien fait. C'est peut-être pas le moment de se chamailler parce qu'il y a les législatives et tout ça mais si on ne la dézingue pas maintenant la fenêtre de tir risque de se refermer et on devra composer avec cette dame pendant encore de nombreuses années, avec son ordre juste, ses drapeaux à la con et son ton irritant au possible qu'elle a piqué dans les psalmodies des bonnes soeurs.
Ahhhhhh! Plusieurs mois que je me contiens. Putain que ça fait du bien.
18:53 Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Royal, PS, crise, défaite, présidentielles, législatives
24.05.2007
R.I.P
"La famille social démocrate et ses proches ont la douleur de vous faire part de la mort de leur enfant Parti Socialiste. Il a succombé à une tumeur maligne causée par une maladie auto-immune. L'inhumation se fera dans la plus stricte intimité."
On a vraiment la gauche la plus bête du monde. Entre les traîtres qui quittent le navire et les traîtres qui se mutinent, le navire socialiste ne risque pas de tenir le cap très longtemps. Ennemis de l'extérieur et ennemis de l'intérieur. Le capitaine a du souci à se faire. Changer de capitaine en pleine tempête serait un peu difficile. François Hollande fait face. Seul. Il replie les voiles, tient le gouvernail, écope... Seul. Désespérément seul. Les autres sont trop occupés à échaffauder des plans de prise de pouvoir mais à l'échelle du parti seulement. D'ailleurs un succès du PS ne ferait que retarder sa refondation, sa modernisation, son ouverture (la liste des poncifs creux est longue)... Il faut se saborder. Ensuite chacun sera capitaine de son propre esquif, de son propre canot de sauvetage ou de sa propre planche, reliquat de la belle goélette.
Parti au bord de la crise de nerf. On ne veut même pas attendre que les législatives soient passées. trop risqué. Il risquerait de se remettre d'aplomb le culbuto. Ils pourraient limiter les dégâts mais trop risqué parce que la seule condition de la refondation c'est la destruction. TOTALE. C'est que des éléphants c'est difficile à faire bouger et ça a la peau super coriace. Ils ont quand même résisté à 2002, au non au référandum, à l'aventure ségoléniste... Là il faut quelque chose de plus costaud. Et ils préparent ça consciencieusement nos amis socialistes.
Qu'est-ce qui va sortir de la décomposition d'un corps aussi immense? Terreau fertile ou zone pestilentielle vouée aux dieux infernaux?
18:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, Hollande, législatives





