03.08.2008
Appels à la haine et leurs petites contrariétés
Voilà le triste résultat d'une triste affaire et la conséquence directe des tribunes haineuses, de plus en plus violentes, qui s'appelaient les unes les autres, comme dans un affolement général de la machine médiatique: réaction en chaîne jusqu'à fusion du réacteur. Voilà comment, de tribune en tribune, ils ont réussi à créer, de toutes pièces, un épouvantail, un homme haïssable. Depuis des semaines, c'était la chasse à l'homme. Depuis des semaines, pas un jour sans tomber sur une diatribe enflammée pour salir, pour abaisser, pour déshumaniser. Une construction lente, systématique et consciencieuse. Résultat: des menaces de mort, un appel au meurtre. Logique après tout. Qu'on ne vienne pas minimiser leur responsabilité! Qu'on ne vienne pas dire qu'ils n'ont pas créé ce monstre qu'il faut détruire. Oui il y a des appels à la haine. Oui mais pas là où ils nous demandent de regarder. Ils ont appelé à haïr Siné. Ils ont condamné toute sa vie, tout ce qu'il est et a été en tant qu'homme, sans appel. Ils en ont fait l'ennemi du moment car ils ont toujours besoin d'un ennemi. Les belles âmes, eux, vêtus de probité candide et de lin blanc, drapés dans les guenilles de la liberté, coiffés du panache de toutes les valeurs de la démocratie, auto-proclamés chantres de la vertu, ils ont fait naître la haine contre un homme. Ligués, parlant d'une seule voix, ils l'ont désigné à la vindicte des fanatiques, de ceux qui ne reculent même pas devant l'appel au meurtre. Siné porte plainte. Je veux les entendre maintenant lancer des appels au calme. Je veux les entendre parler en démocrates et non pas en sycophantes avides de pouvoir et de reconnaissance.
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