29.07.2008
On ne choisit pas sa famille?
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27.04.2007
C'est un trou plein d'ordures où coule plein de fiel...
M. Val, penseur, philosophe, écrivain, chanteur, humaniste et, accessoirement, journaliste-éditorialiste-actionnaire principal à Charlie Hebdo avait prophétisé, car c'est son métier d'anticiper les évolutions sociales et de dénoncer les dérives dangereuses que constituent certains phénomènes, que les "jeunes" de "banlieue" allaient voter massivement pour... Le Pen! Avec force arguments à l'appui, arguments dictés par son profond humanisme et par sa connaissance très précise de ce qui se passe en "banlieue". Les "jeunes" banlieusards étaient, déjà, sous sa plume, les nouveaux barbares, incultes, islamistes et antisémites et voilà qu'ils ajoutaient à la longue liste de leurs défauts, de leurs péchés, de leurs tares, le frontisme. Diable il y avait de quoi avoir peur, d'autant plus que leur mouvement était organisé et avait comme idéologue un certain Dieudonné... De quoi effrayer tout le monde, surtout qu'on apprenait, par tous les médias, que les "jeunes" étaient allés s'inscrire en masse sur les listes électorales. Des hordes de jeunes frontistes basanés allaient déferler sur nos bureaux de vote. Des "jeunes" qui n'avaient aucune culture démocratique, des "jeunes" qui ne reconnaissaient même pas la validité de la démocratie (ô formidable horreur!)... Des jeunes, en somme, qui n'avaient jamais donné de gage de citoyenneté, des gens peu qualifiés pour cet acte sacramental que représente le vote, des "jeunes" qui n'avaient jamais passé leur baptême républicain, ni leur confirmation démocratique... Val disqualifiait, par avance, leur vote qui ne pouvait être, sommes toutes, qu'un mauvais vote, un vote délétère, symptôme d'un monde délétère... Nous avons eu peur.
Ce n'est pas un vulgaire Finkielkraut qui mettait en garde. On est habitués aux philippiques bouffonnes de l'ami Finkie! Mais dans le cas précis, c'était une caution de gauche, le rédac-chef de l'un des journaux les plus emblématiques d'une gauche libertaire, c'était un homme qui se réclamait de tous les humanismes, un défenseur acharné de la démocratie, un ennemi convaincu de tous les communautarismes et de tous les fondamentalismes! En trois lettres: VAL! Quelqu'un d'éveillé, pas un dormeur, Val!
Sauf que voilà, les faits sont têtus. Sauf que voilà, le premier tour est passé et le FN disqualifié. Sauf que voilà les "jeunes" des "quartiers" n'ont pas voté comme il l'a prédit. Et maintenant Val, nous attendons ta palinodie, tes excuses, un rectificatif, des addenda, un prière d'insérer, quelques mots quoi pour dire que tu t'es trompé, que les habitants des "quartiers" n'ont pas voté comme tu l'as dit, qu'ils ont plutôt voté à gauche, pour faire barrage à l'extrême droite qui s'étend, pour eux, de Le Pen à Sarko en passant par Villiers... Il faut que tu dises qu'ils ne méritaient pas que tu les salisses avec tes élucubrations humanistes... On fait passer beaucoup de saloperies sous le compte de l'humanisme. Val, ton édito m'avait choqué. Val, le fait de citer Platon à toutes les phrases et que tu recraches les rares bribes qu'il te reste de ta dernière psychothérapie ne t'autorisent pas à laisser cours à tes fantasmes et délires...
Pour ceux qui auraient raté les parties les plus croustillantes de ce succulent et prophétique éditorial de l'ineffable Val, une session de rattrapage est proposée ICI.
Pour ceux qui se demande comment ont finalement voté les quartiers, vous en avez un exemple dans le Monde.
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