28.05.2007
Et dans ce grand bonheur, je crains un grand revers
Des côtes d'amour indécentes. Historiques. Seul le général de Gaulle... Un état de grâce qui profite même au très sympathique et souriant Fillon. Les sondeurs sont unanimes, les journalistes jubilent.
L'amour, c'est de ça dont il s'agit. La séduction, c'est sur ce mode que la présidence Sarkozy fonctionne. Et vas-y que je te montre ma sympathique famille. Et voilà des photos de moi, de ma femme et de ma Skoda dans VSD. Regarde comme je porte bien le T-shirt NYPD ou FBI... Est-ce que tu m'aimes aussi dans l'effort, les muscles bandés. Mais toujours disponible pour signer un autographe. Chirac baisait, serrait; Sarkozy signe.
Et l'action? Des déplacements. Bouger c'est exister, courir c'est surexister. L'action mimée. Et ça fonctionne. Mais l'autre action la vraie, la besogneuse, l'invisible? Pas rentable. A court terme oui mais à long terme? On aura le temps de voir. On a des conseillers pour ça et des journalistes aussi. Ils connaissent leur boulot.
Oui mais on sait nous. Des millénaires de littérature nous l'ont appris. Pas de démesure! Elle est punie. Systématiquement punie. Homme ne t'élève pas au dessus de ta condition. L'hubris des Grecs. Plus dure est la chute. Plus cruelle. Au sommet de notre gloire. Imprévisible. Fillon, c'est le même qui avait atteint le record inverse. Côte de désamour record. Fortune, avec quelle légéreté tu te joues des destinées humaines! Le cycle est complet. A quand la grande descente aux Enfers?
10:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Fillon, popularité
27.01.2007
Et si Bayrou avait raison?
Question France Profonde, Bayrou pourrait avoir des leçons à donner. Le gentleman farmer, né en Béarn, a choisi d'y déclarer sa candidature, humblement, entouré de sa famille et de ses amis (et accessoirement de quelques partisans et journalistes), dans son petit village si loin de Paris, près de la maison familiale. "Heureux qui comme Ulysse...". La douceur béarnaise contre les fastes des palais parisiens. Au second plan se détachait la ligne bleu des pyrénées. Le décor était planté, le ton était donné. On a beau dire, on a beau faire, one peut enlever de la tête des Français que Bayrou est un être simple et sincère. Cela ne peut que contraster avec le show ultra médiatique, clinquant et dispendieux. Surtout que Sarkozy avait d'entrée de jeu raté son rendez-vous avec la province à cause de la fuite de Libération. La PQR n'a pas eu la primeur de l'annonce inattendue de sa candidature. Bayrou, lui n'a pas besoin de tout ça pour faire peuple. Si je voulais être injuste, méchant et idiot je dirais qu'il le porte sur lui et que personne ne pourra le lui enlever...
La campagne bat son plein et Bayrou bat la campagne. Il joue la proximité à sa façon, sans conceprt. Il fait une campagne de proximité à l'ancienne. Pas besoin de démocratie participatpour aller à la rencontre des gens. Personne ne serait surpris de le voir un jour débarquer à Marly-Gaumont. Il est comme ça François (en tout cas c'est comme ça qu'on se le figure). Au lieu d'aller chercher une légitimité de présidentiable hypothétique à l'étranger, il préfère parcourir la France sans bus au colza. Et s'il avait raison finalement? Et si c'était justement ça qui faisait son succès dans les sondages?
Je vous ai déjà dit que j'avais été interpellé par la femme qui avait pris la parole à Lille, lors d'un des débats participatifs de la candidate P.S, quiavait reproché à Ségolène d'aller s'occuper des affaires étrangères et de ne plus s'occuper des affaires des Françaises et des Français... Elle a raison cette brave dame, elle a beaucoup plus raison que tous les conseillers en communication grassement rémunérés de la candidate. Ségolène a oublié ce qui a fait jusqu'ici sa popularité. Elle a oublié que c'était justement la proximité qui lui avait valu l'attachement des Français. Elle a oublié que c'était le fait de mettre en avant des problèmes concrets et parfois terre à terre (aux dires des journalistes) qui l'avait propulsée contre toute attente en haut des hits parade de la popularité.
Dans la course à la proximité, à la popularité tous ne jouent pas avec les mêmes cartes, tous n'ont pas le même potentiel ou capital sympathie. S'afficher avec des ouvriers ne pourra jamais faire de Nicolas Sarkozy un homme proche du peuple. Il sera à jamais le maire de Neuilly malgré son enfance étalée avec complaisance pour tenter de déconstruire son image de bourgeois premier de la classe gendre idéal. Ségolène avait réussi à entrer dans le coeur des Français incontestablement en s'intéressant à ce qui les touchait de près et même ça elle arrive à le gâcher par des déplacements beaucoup trop fréquents et qui la déservent beaucoup plus qu'ils ne la servent. Bayrou, lui, creuse son petit trou, avec une campagne qui tranche par son contenu et par sa forme avec celle de ses petits camarades de la présidentielle.
15:25 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, France profonde, popularité





