25.04.2007
Ralliez-vous à mon panache rose ou bleu
Tout le monde regarde vers Bayrou mais on oublie Le Pen. On a tué Le Pen un peu vite. La cause? Son petit score (tout relatif), sa vieillesse, le fait qu'il ne donne jamais de consigne de vote au second tour... Surtout la dernière raison, d'ailleurs. Sauf que voilà, tout pourrait changer. La cause? Sa vieillesse, son petit score (relatif) et l'envie de faire un pied de nez à Sarkozy. Un coup de tête final et rageur en guise de pot de départ. Ce n'est un secret pour personne, il ne se représentera pas. Ce n'est un secret pour personne, il risque d'avoir quelque mal à imposer sa fille à la tête du mouvement après la campagne calamiteuse (ou supposée telle) qu'elle vient de faire mener à papa. Le mouvement après les Le Pen ou sans les Le Pen, Le Pen s'en fout un peu. L'avenir du mouvement sans les Le Pen, Jean-Marie risque de le sacrifier, pour faire couler le bateau avec lui et, si possible, pour entraîner Sarkozy dans sa noyade... OK, je pars avec un présupposé c'est qu'il a envie de faire perdre Sarko mais ça me paraît tellement évident que je ne vais même pas développer. On va dire que c'est une conviction intime et forte. Reste à savoir comment on fait.
Appeler à voter Royal. Je crois que tout le monde sera d'accord pour dire que c'est impossible. Impossible parce que tout le monde se foutrait de sa gueule. Impossible parce que ça ferait pas forcément beaucoup de bien à Royal. Impossible parce que l'électorat ne suivrait pas dans un tel projet. Donc éliminons cette solution.
Appeler à voter Sarkozy. Possible. Des convergences de programme. Une proximité idéologique. Mais vous me direz en quoi cela affaiblit-il Sarko. Je vous réponds que d'une part les reports de voix FN sur Sarko sont déjà très favorables (70% si je ne m'abuse) et que donc déjà en appelant à voter pour lui il ne saurait lui apporter énormément plus de voix... De plus, et surtout, en appelant à voter pour lui, il fait fuir les Républicains convaincus qu'ils soient centristes ou même sarkozystes sans être sarkolâtres...
Je vous accorde que cette stratégie ne fonctionne que si l'on accepte deux conditions. D'abord que Le Pen fasse peu de cas de l'avenir de son parti. Ensuite, et surtout, qu'à droite la frontière entre extrême droite et droite républicaine veuille encore dire quelque chose et que les gens de droite veuillent la maintenir. C'est pas toujours évident. On peut tout de même parier sur l'intelligence des gens et surtout sur leur sens de l'honneur, fussent-ils de droite.
Appeler à voter blanc. Probable. Cette stratégie est la plus probable car la plus à même de ne pas heurter l'électorat lepéniste, la plus à même de ne pas hypothéquer l'avenir du parti, la plus à même de réussir... L'appel à voter blanc, s'il est bien suivi, risque de porter un grand préjudice à sarkozy en lui enlevant une grande partie des réserves de voix qu'il avait à l'extrême droite, autant sur les voix FN que sur les voix Villiers, voire Nihous. Cet appel s'il est bien relayé et s'il prend des accents anti-système, qui ont un écho très favorable en France, pourrait très bien dépasser les frontières des électeurs FN. Bien plus, Le Pen profitant du fort taux de participation au premier tour pourrait faire un pari facile en misant sur une participation plus faible au second. Il pourrait donc s'attribuer, de manière opportune, ce différentiel d'électeurs et donner l'impression de peser de manière excessive sur le second tour... Il serait présent, fût-ce virtuellement, dans la bataille de deuxième tour et pourrait prendre une revanche ultime sur ses deux concurrents et surtout sur Sarkozy, sans se renier. Si sa consigne est bien suivie, ce sera le chant du signe du vieux frontiste et un coup d'éclat magistral.
Une condition. Que l'électorat frontiste soit assez obéissant.
16:05 Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Pen, Marine Le Pen, Sarkozy, Royal, stratégie, second tour, reports des voix





