04.03.2007

Que se passe-t-il en Lepénie?

medium_thumbnail_28_.jpgJe sais pas pourquoi mais à l'écoute du discours lepéniste d'hier à Marseille, je me suis dit que le coeur n'y était plus. Une salle clairsemée et atone. Un tribun vieilli et qui trébuchait sur les mots sans pouvoir emballer la salle. Un discours éculé, mille fois répété, et dit, de surcroît, avec un manque de conviction patent. On est loin de la ferveur quasi mystique qui semblait émaner des meeting de Le Pen, de la fusion qui s'opérait entre le tribun et son public. Une ambiance proche de celle qui existe dans les sectes ou dans les mouvements religieux charismatiques où chaque individu ressent, l'espace d'un instant, son appartenance au groupe, où chaque personne s'abandonne et se laisse porter par la vague délirante qui envahit la foule. Là c'était plutôt morose. Même la manifestation organisée pour protester contre la venue de Le Pen n'a pu réunir que 200 personnes. Là encore on est très loin des grandes manifestations anti FN des grands jours qui rassemblaient plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et si l'arme la plus efficace contre Le Pen était l'indifférence.

Pour ce qui est du discours, Le Pen revient à son fond de commerce traditionnel. Plus de discours centristes. Le B-A ba lepéniste était de mise. Immigration. J'ai pas pu compter le nombre de fois où ce terme a été prononcé. J'ai pas pu dénombrer les sujets auxquels l'immigration était liée. L'impression générale c'est que l'immigration était le mal suprême et unique de la France. Le logement, le pouvoir d'achat, la santé, l'insécurité, l'école... Bien sûr, c'est de la dernière vague d'immigration dont il s'agit. Il nous l'assure, plus question de racisme.

On est à Marseille, il faut faire un clin d'oeil aux harkis et aux pieds-noirs. Il le fait en introduction de son discours. La salle répond à peine. Les vieilles ficelles ne semblent plus faire recette. En fin de discours il tente de sortir de derrière son pupitre et de déambuler, façon stand-up, en improvisant devant son public. C'était sa marque de fabrique. C'était ce qui faisait sa force, sa relation privilégiée avec  son public mais encore une fois ça réagit à peine. Peut-être son public sent-il confusément que la star tarde à quitter la scène. Peut-être que cette campagne est celle de trop. Qu'il aurait dû se retirer après avoir frappé les esprits en 2002. Peut-être qu'il aurait dû partir en pleine gloire...